‹ L'Ecole de SalerneChapitre 10 sur 14 · I.aisscz la buglosse infuser · texte numérisé non relu

I.aisscz la buglosse infuser

Son grand effet est d’appaiscr ' Le cbagrin qu’au cerveau porte la bile noire. Aux gens que vous traitez failes-en prendre un peu ;

.Ils se mettront entrain , et vous verrez beau jeu.

DÉ SALETINE.

De la Bourrache.

ardiacos auffeH , horrago gaudia confert.

Dicit borrago : Gaudia setnper ago.

Le jus de la bourrache excite aussi la joie. Pour les maux d’estomac , les palpitations y Diaux de cœur , altérations ,

Fort utilement on l’emploie.

Des Choux.

J us caulis solvit , cujus substantia stringit ; Utraque quando datur ventrem laxare paratur.

Les choux sont astringens , leur jus est laxatif. Un bon potage aux choux est un doux purgatif.

t’icoiK

Des Bettes.

icla ( I ) parum nutrit, ventrem constipat et urget.

La bette est fort légère ; et selon qu’on l’apprête , Excite le ventre , ou l’arrête.

Des EjDinards.

D e choiera lœso spinachia convenit ori ^

Jit stomachis calidis ejus valet esus amari.

P ouR prévenir les tristes eas Que peut causer en vous l’épanchement de bile, Les épinards sont bous , ne les négligez pas j Aux estomacs fort chauds l’usage en est utile.

(i) Sida est pour Sicula, l’un des 'noms de la Bette ,, selon MathioJe.

DI SÀlïRWï-

Des Oignons.

D e ceepis Medici non consentire videniur : Fellitis non esse bonus ait esse Galenus , Phlegmaticis vero multum putat esse salubres , Nen modicum sanas Asclcjnus asserit illas , Prcesertim stomacho , pulchrumque creare colorem, Contiitis ccepis loca denudata capillis Scepè fncans , capitis poteris reparare decorem.

oVIais parlons uji peu de l’oignon.

Est-il sain d’en user ? L’un dit oui j 1 autre non. Galien en défend l’usage aux colériques ,

Et le permet aux phlegmatiques.

Asclepius le vante , et soutient qu’il est bon , Surtout pour l’estomac; et même il le conseille Pour dotiner au visage une couleur vermeille.

De clieveux un clief dépouillé ,

Pourvu que la jeunesse aide encor la nature^ En le frottant souvent de jus d’oignon pdé;

Recouvrera sa chevelure.

l’ÉCOLt

Des Porreaux.

ï^eddit fœcundas manstttn persœpe puellas-^ Manantemque potest naris retinere cruorem , Ungas si nares intus medicamine tali.

P OKRKAUx mangés en quantité ^ Rendent une femrae fertile ;

Sans eux telle eût été stérile.

Qui leur doit sa fécondité.

D’un saignement de nez le remède est facile , Par le jus des porreaux il peut être arrêté.

DE SAEERNE.

Du Siseli de montagne.

^ lier montanum non sit tihi sumerc 'oanum. Dat lumen clarum , quamvis gustu sit amarum. Lumbricosque. necat , digestivamque repoi’tat.

Le siseli qu’envoie une terre étrangère ,

A des sucs austères , amers.

Il éclaircit la vue , exteimine les vers ,

Et fait que bien mieux on digère.

Du Cerfeuil.

^ppontum cancris^trltum cum melle medetitr, Cum vmo potum lateris sedare dolorem Sœpè solet. Tritam si nectis desuper herbam , Serpe solet vomitum, ventremque tenere solutum.

Le cerfeuil mondificatlf ,

Pour guéi-ir un cancer esf un bon détersif. Broyez-Je avec du miel , il faut que le mal cèd.

A la vertu de ce remède.

Infusé dans du vm , le cerfeuil est vante Contre les douleurs de côté.

Autre usage : Le cerfeuil aide Et souvent rétablit l’estomac dévoyé.

Quand sur l’endroit malade on l'applique broyé.

t>E SALERNE.

De la Mauve.

D Lrerunt veteres malvam quod molliat alvum. Hujus radices rasce solvunt tibi fœces :

/ ulvam moverunt , et Jluxum scepè dederunt.

La mauve , émollient fourni par la nature , Des intestins aide la fonction.

Moyennant sa décoction ,

D’un pauvre constipé la délivrance est sure.

De ses racines la raclure Au ventre rend la liberté.

Sert au beau sexe , et lui procure Le retour de ses fleurs d'où dépend sa santé.

l’ÉCOlE

De la Menthe.

]\^cntitiir menta, si sit depellere lenta V mtris lumbricos , stomachi vermesque nocivos.^

La menllie est pour les vers un remède efficace. Au ventre , en l’estomac , elle agit et les chasse.

De la* Sauge.

C,:r moriatur homo cui salvia crescit in horto? Contra vim mortis non est medicamen in hortis. Salvia confortat nervos , manuumqiie tremorem Tollit , et ejus ope febris acuta fugit.

Salvia, castoreumque , lavendula , primula veris , Nastm t: Athanas: hcecsanant paralytica membra. Salvia salvatrix , nalurce conciliatrix.

L’uomme aux traits de la mort doit-il être accessible ,

.Tant qu'il peut appeler la sauge à son secours ?

DE SÀIERNE.

Ouï, nos jours sont bornés; aux regrets insensible, La mort doit , tôt ou tard , en terminer le cours. Youloir l’éterniser, c’est vouloir l'impossible :

N’y songez point. A cela près ,

L’usage de la sauge a d’excellens effets.

Pour raffermir la main tremblante , Pour conforter les nerfs , la sauge est excellente ; Et d’une fièvre aiguë elle arrête l’accès.

La lavande, la tanaisie ,

La primevère , le cresson ,

Lâ sauge , le castor , donnent la guérison Aux membres attaqués par la paralysie.

L’usage de la sauge est si grand , qu’il est bon D’en avoir en toute saison.

Aussi dans la langue latine Son nom du mot sauver tire son origine.

Tl’écolk

De la Rue.

.^Si^ obilis est ruta , quia lumina reddit acula. Auxilio rutœ, vir lippe , videbis acutè.

Cruda comesta recens oculos caligine purgat. Ruta viris minuit venerem , mulieribus addit. Ruta facit castum , dat lumen , et ingerit astmm Cocta facit ruta de pulicibus loca tuta.

X-i A rue est bonne aux yeux ;eHe les rend meilleurs) Traite ‘diversement les hommes et les femmes : Dans riioiume, de l’amour elle éteint les chaleurs ; De la femme , au contraire , elle excite les flammes. En boisson de Nonnains son jus ne vaudrait rien : J’en voudrais, tout au plus, donner aux jeunes Moines ;

Et dans plus d’un Chapitre on ne ferait qiie bien D’en rafraichir un peu la boisson des Chanoines. D’un prurit amoureux elle les affranchit j De plus, elle aqpiise l’esprit.

Autre usage : Prenez la peine D’en faire cuire en eau de pluie ou de fontaine; Gardez cette eau : tout lieu que l’on en frottera., De long-temps des puces u’aura.

De l’Ortie.

ZfP ^ ■* '*

.lîLgns dat somnum , vomitum tollit^ et

esum

Hlius semen cholicis cum meile medetur ;

Et tussim veterem curat , si sæpè bibatur.

P ellit pulmonis frigus ventrisque tumorem , Omnibus et morbis ea subvenit articulorum.

L’ortie , aux yeux du peuple, herbe si méprisable, Tient dans la Médecine une place honorable. Qu’un malade inquiet dorme mal-aisément ,

Elle lui rend bientôt un sommeil secourable. Contre un fâcheux vomissement C’est un spécilique admirable.

Sa graine avec le miel abrège le tourment D’une colique insujiporlablc.

Le breuvage d’ortie étant réitéré ,

Adoucit de la toux le mal invétéré ,

Réchauffe les poumons , du ventre ôte l’enflure , Et de la goutte même appaise la torture.

l’ÉCOIaE

De riïysojie.

Jijssopns pitrgnm' lierha est è pectore phlegrn a. Jd pulmonis opus , cum meile coquenda jugata , Vultibus cximiiun jertur prccstare colorem.

L’hysope avec succès purge les flegmatique,s : Bouillie avec du miel , aide les pulmoniques j Et par une vive couleur D'un Icint corrige la pâleur.

DE SILERWE.

De l’Aunée.

^jnula cainpana reddit prœcordia sanû. • Cwn succo rutœ succus si sumitur iste , Jfjirmant ruptis quod prosit potio talis. •

,À.trx entrailles l’année est saine et bienfaisante : A bien des maux elle a remédié.

Au jus de rue associé ,

On prétend que son jus a la vertu puissante De guérir un mortel qu’af/lige une descente.

't’ÉCOiE

Du Pouliot.

um ,vino cholera?7i nigram potata repellit^ Appositam veterem dicunt sedare podagi-am.

Le jus du pouliot est sain.

Quand on le boit avec du vin ,

Il bannit loin de vous l’imineur mélancolique. Quiconque de la goutte éprouve le tourment , Sur le membre affligé , du moment qu’il l’applique, Reçoit un prompt soulagement.

De l’Aurone, et de la'Scabieuse.

.^± brotono cfudo stomachi purgabitur Tiumor. Urbanus per se nescit pretium scahiosæ.

Confortat pectus quod deprimit ægra senectus y Lenit pulmonem , tollit laterumque dolorem. Vino potatur , virus sic evacuatur.

P OTTR purger Testomac l’aurône est précieuse ÛTais à quoi ne sert point l’utile scabieuse !

Elle est bonne aux vieillards , adoucit leurs pou^ mons.

Corrige l’estomac , conforte la poitrine ^

Appaise du côté la douleur intestine :

Son jus pris dans du vin dissipe les poisons.-

l’école

; Du Cresson.

\1llius SUCCUS crines retinere fluentes Illitas asseritur , dentisque levare dolores.

. Liclxenas succus purgat ciun meile perunctus.

P KF.NEZ jus de cresson , frottez-en vos cheveux ; Cc remède les rend plus forts et plus nombreux ;

■ Appaisc la douleur des dents et des gencives.

Dartres farineuses ou vives , . S’en vont quand , par son suc , avec miel apprêté j On corrige leur àcreté.

DE SAIERNE.

De l’Éclaire.

^ œcatis pullis hac lumina mater hirundo ,

V Unius ut sci'ipsit , quamvis sint eruta , reddit,

L ECLAIRE pour les yeux , est , dit-on , admirable;

Pline la loue eu ses écrits.

Peut-être prendra-t-on ceci pour une fable : L’hirondelle , dit-il , s’en sert pour ses ])etits ; Ont-ils les yeux crevés, elle leur l’end la vue. Telle cure aisément ne saurait être cr,ue ,

C’est d’après lui que je la dis.

Du Saule.

.Z± uribus infusus vermes succus necat ejus^ Cùrtex verrucas in aceto cocta resolvit.

Hujus flos sumptus in aqua frigescere cogit Tnstinatus V 'ineris cunctos acres stimulantes ;

Et sic desiccat , ut nulla creatio fiât.

Le saule est ami des ruisseaux.

La force de son suc en l’oreille introduite , y fait mourir les vers , auteurs de mille maux. Le fort vinaigre où son écorce est cuite ,

D’une peau qu’on en frotte extirpe les porreaux. Prise dans l’eau , sa fleur éteint la flamme impure Qu’allume la lubricité ;

Et dans l’homme à tel point réprime la luxure , Qu’il en vient l’impuissance et la stérilité.

DE SAIERNE.

De l’Absinthe.

J. ▼ ausea non potent quemquam vexare manna. Antea commixtam vino qui sumpserit istam. Confortat nervos et causas pectoris omnes. Serpentes nidore fugat hibitumcjue venenum. Auris depellit sonitum cum felle bovino.

1 R£T à vous embarquer, buvez du vin d’absintbe ; Contre les maux de cœur c’est un préservatif.

Du nitre de la mer , de son air purgatif

"S ous n aurez , tout au plus , qu’une légère atteinte.

De cbasser les serpens l’absinthe a la vertu ;

Elle émousse les traits du poison qu’on a bu , Conforte l’estomac et les nerfs. Aux oreilles Welée au fiel de bœuf, elle fait des merveilles^. Et corrige parfaitement Leur incommode tintement,

Du Poivre.

^^uod piper est nigrum , non est dissolvere pigrum. VhLegmata purgabit, concoctricemque juvabit ; Lcucopiper stomacho prodest , tussique , dolorique Utde , prœveniet motum , jebrisque rigorem.

A.U poIvTfi noir , soit entier , soit en poudre , Donnez les fle{»ines à dissoudre.

Il aide à la digestion.

Pour l’estomac le poivre blanc est bon :

Il adoucit une toux violente ,

'Appaise les douleurs , et d’une fièvre ardente Détourne le cruel frisson.

DE SADERNE.

Du Gingembre.

^jinziber antè datum morbum fugat; inveteratum

Postque datum mollit ; ventris fastidia tollit.

A VANT l’accès prenez de gingembre une dose , Prenez-Ie même après ; s’il est reitéré ,

II chasse, il déracine un mal invétéré,

Et guérit le dégoût que la fièvre vous cause.

t’î COL'E

De la méridienne.

Sit brevis aut nullus tibi somnus meridianus, ^ Febris , pigrities , capitis dolor , atque catarrhus y Hœc tibi proveniunt ex somno meridiano.

P ASSEZ vous , s’il se peut , de la méridienne ; Sinon laites qu'au moins les momeus en soient courts ;

Vous vous en abstiendrez , pour peu qu’il vous souvienne

Des maux qu’elle produit toujours.

Les suites de celte habitude Sont fièvres , fluxions , migraine et lassitud*.

Du dormir.

Septem horis dormire sat est , juvenique senique:

Réservez à la nuit un sommeil limité.

Pour un vieillard , pour un jeune homme, Dormir sept heures d’un bon somme , C’est bien assez pour la santé.

DE SALERSTE.

Mauvaises suites d’un vent retenu.

^^uatuor ex vento veniunt in ventre retento : Spasmus, hydrops, colica et vertigo; hœc res probat ipsa.

Db lâcher certains vents ori se fait presque un crime ;

Et toutefois qui les supprime Risque l'hydropisie et la convulsion.

Les vertiges cruels , les coliques affreuses ,

TSe sont que trop souvent les suites malheureuses D’une triste discrétion.

Remèdes contre les venins.

. Ilia ; ruta ,pyra, raphanus, cum theriaeâ. nux , Prœstant antidotum contra mortale venenum.

P oiRE , rue, ail, raifort, noix, avec thériaque, Repoussent du venin la dangereuse attaque.

r’ÉCOLE

lOO.

Usages qui entrelicniient la santé.

umuia inanc

manus gelida surgens lavet

unda.

Hdcillâc, modicum pergat ; modicum sua membra E.rtcndat , crines pectat , dentes fricet ; ista- Confortant cerebrum, cq/jjortant cœtera membra.

D ’abord lavez vos mains dans une eau fraîche et claire ,

Bassinez- en vos yeux pour les bien ra'i’aichir. I;n peu de ]>romenade est alors salutaire; Etendez jambes , bras , pour les mieux dégourdir. Peignez-vous les cheveux, décrassez-vous la tête, INelloyez et fzoilez vos dents.

Ces six points sont très-impcrians ; Suivez-les chaque jour, sans fuie rit n vous arrête. Le cerveau s’en ressent ; meme de icul le corps Us fortiiieroul les ressorts.

DE SAtERNE.

gS

lOI.

Suite.

Ote cale ; sta pranse, vel i ; frigesce minute.

I^u bain entrez au lit. Quand vous sortez de table, Restez debout , ou marchez quelques pas.

Un peu de froid rendra reslomac plus capable De digérer votre repas.

i’ÉCOLE

Du mal de tête.

S i capitis dolor est ex potu , lympha bibatur , Ex potu nimio nam febris acuta creatur.

Si vertex capitis vel frons œstu tribulentur. Tempora, fronsque simul moderatè sæpè fricentur, Morelld cocta , necnon calidaque , laventur. Illud enim credunt capitis prodesse dolori.

OÜS sentez-vous un mal de tête j ‘S’il vient d’avoir trop bu , la médecine est prête : Buvez de l’eau , c’est votre guérison.

Souvent d’un excès de boisson Une fièvre aiguë est la peine.

Si le mal vient d’une migraine ,

D’eau de morelle alors ft’ottez-vous bien le front j Le soulagement sera prompt.

BE SALERNI.

io3.

De ce qui peut causer la surdite'.

Et moæpost escam donnire , nimisque moveri, Ista gravare solent auditus, ebrietasque.

O ENDORMIR en sortant de table,

Ou par une autre extrémité ,

Faire un rude travail avec activité,

Et I ivresse , autre excès non moins déraisonnable , Feront venir la surdité.

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