‹ L'Ecole de SalerneChapitre 11 sur 14 · L ECOLE · texte numérisé non relu

L ECOLE

Du tintement de l’oreille.

]\^otus, longa famés , vomitus , percussio, casus-^ Ebrietas , frigus , tinnitum causât in aure.

Le travail , de la faim la trop l^gue détresse , La chute , un coup , un froid , un grand vomisse^ ment ,

Et surtout la fréquente ivresse ,

Font que l’oreille entend sans cesse Un incommode tintement.

IiE SALERNE.'

io5.

De ce qui gâte les yeux,-

^Salnea , vina , ventus , piper, allia , fumus , - Ponuincurncœpis yfaba, lens ,fetusque , sinapi. Sol, coïtusque, ignis , labor , ictus, acumina , pulvis, Ista nocent oculis , sed viÿilare magis.

ijE bain , le vin , l’amour , le vent , l’ail , la lentille , Le poivre , les oignons , les fèves , les poireaux , La moutarde , les pleurs , le soleil quand il brille , La poussière , le feu , le heurt , les grands travaux , Atix yeux causent bien du dommage 5 \eiller nuit encor davantage.

iO*

t’ÉCOL?

De ce qui récrée les yeux.

ons , spéculum , gramen , hœc dant oculis re~ levarnen,

Manè igitur montes , sub serum inquirito fontes.

Vous recréez vos yeux quand vous leur faites voir La verdure des champs , l’eau coulante , un miroir.

Tel aspect leur est salutaire.

Variez ces objets ; offrez-Ieur , pour bien faire , Des côleaux le matin et des ruisseaux le soir.

roi

Eaux bonnes pour les yeux.

JT eniculus, verhena , rosœ , chelidonia, ruta, E JC istis aquajît , quæ lumina reddit acuta.

Prenez fén oui] , verveine , écîah'e , rose et rue ; On en distille une eau très-saine pour la vue.

Du mal de dents.

Sic dentes serva : porrorum collige grana ,

Ne careas thure, hœc cum jusquiamo simul ure. Sicque per inbotum fumum cape dente remoturm

A FIN de conserv^er vos dents ,

Mettez sur la braise allumée

ta ^aine de poireau , la jusquiame et l’encens , par un entonnoir prenez-en la fumée.

> l’École

De l’enrouement.

, olcum , capitis frigusque , anguillaque , potus ,

" Et pomum crudum faciunt hominem fore raucum.

Anguilles et fruits cruds , rhume , huile xt vieilles noix ,

. Rendent rauque une belle voix.

JJ'E SALERNI.

JO 'i

ri O.

Reinecl<;s contre le rliume.

Noms des différentes sortes de rhumes.

J t'juna , vigila , caleas dàpe , tuque labora , Inspira calidum, modicum bibe, comprime Jlatvjn : Hcec behè tu serva , si vis- depellere rheuma.

Si Jluat ad pectus dicatur rheuma catarrhus , Uranchus at ad fauces , ad nares esto coryza,

P oüR chasser un rhume bien vite , Veiller, tenez-vous chaudement.

Travaillez , mangez peu , buvez bien sobrement , Et vous en serez bientôt quitte.

Le rhume a plusieurs noms pour le spécifier. Rhume tombé sur la poitrine ,

Est catarrhe en langue latine ;

Branchus est un rhume grossier Qui serre , enflamme le gosier.

Ces noms sont de grecque origine.

Conze parmi nous serait un mot nouveau ,

Pour dire un rhume de cerveau ,

Bien qu’il soit le vrai mot , selon la médccitie.

l’ÈCOLE

io4

Remède pour la fistule.

. uriptgmento sulfur miscere memento ,

His decet apponi calcem , conjunge saponi. Quatuor hœc misce : commixtis quatuor istis , Fistula curatur , quater ex his si repleatur.

]VI ÉLF.Z le soufre à l’orpimeiH:

Cliaux et savon pareillement.

Dans la fistule qu’on en mette , £n quatre fois la cure est faite.

io5

Des Tempéramens simples.

^^uatuor humores in humano corpore constant ^ Sanguis , cum cholerd , phlegma , melancholia.

(Quatre tempéramens distinguent les humains, Le bilieux', le flegmatique,

Le sanguin , le mélancolique :

On peut les reconnaître à des signes certains.

Rapport clf'S quatre Terapérarnens avec les quatre Élémens.

'T c/ya rneldnckolicis , aqua confeiiur pituitce ^ Âcr sanguineis , ignea vis cholèrœ.

D UNE comparaison on se sert d’ordinaire Pour trouver aux tempéramens Des rapports aux quatre élémens.

On prétend que l’atrabilaire A la terre ressemble un peu ,

Iæ flegme à l’eau , le sang à l'air , et la colèi'e Tient de la nature du feu.

DE SALER K E

Des Tempéramens bilieux ou colériques.

^jst humor cholerœ qui competit inrpetuosis ; Hoc genus est hominum cupiens prœcellere cunctis, Hi leviter discunt , multiim comedunt , cito crescunt. Inde et magnanimi sunt , largi, summa petentes. Hirsutus , fallax , irascens , prodigus , audax , Astutus , gracilis , siccus , croceique coloris.

L'HOMME en qiti la bile préside ,

Est \if, ardent, impétueux, Entreprenant , présomptueux ,

Et de préférences avide.

Il apprend fort légèrement ,

Mange beaucoup , croit promptement.

Courageux , libéral , enclin à la colère ,

Il est hardi , malin , trompeur 5 De son esprit tel est le caractère.

Son corps est grêle et sec , sujet à la maigreur j Et son teint de la bile emprunte la couleur.

io8

l’école

Le Tempérament flegmatique.

P hlegma dahit vires modicas , latosqne brcvesqae Phlegma facit , pingues , sanguis reddit mediocres. Otia non studio tradunt , sed corpora somno. Sensus hebes , tardus motus , pigritia , somnus : Hic somnolentus , piger , in sputamine multus. Est huic sensus hebes , pinguis facies , color albus.

Le fpmpérament flegmatique Rend l’homme court et gros, d’une force modirfuey Grand ami de l’oisiveté.

Ne croyez pas qu’à l’étude il s’applique ;

Ne rien faire et dormir fait sa félicité.

II a le sens bouché, sa démarche est très-lente, Le travail lui déidait , l’oisiveté l’enchante ;

Il abonde en piiuite et craché fréquemment j Toujours dans l’engourdissement,

Chez lui l’esprit, le cœül* , né sont d’aucun usage. La graisse qlii reluit sui* sein lafge visage . Indiijüe SOü tetüpcfament.

DE SALEBKE.

Le Tempérament sanguin.

atura plngiies îsti sunt, atque jocantes y Rumoresque novos cupiunt audire frequenter. Hoc Venus et Bacchus delectant , fercula , risus y Et facit hos hilares et dulcia verba loquentes. Omnibus hi studiis habiles sunt , et mugis apti : Qualibet ex causa non hos facile excitat ira. Largus, amans , hilaris , ridens , rubeique coloris , Cantans, carnosus , satis audax , atque benignus.

L’homme de nature sanguine ,

\ olonticrs plaisante et badine..

Gros et charnu suffisamment ,

Il est curieux de nouvelles.

Toujours passionné pour le -vin, pour les belles. Il brille en compagnie , et par son enjouement D’une table il fait l’agrément.

A quelque étude qu’il s’api)!ique,

On est surpris de ses progrès.

11 ne SC fâche point pour de petits sujets,

Et mal- aisément on le pique.

iio r'ÉcôL?;

Il est bon , liberal , hardi , point querelleur , Amant vif, ami franc, voluptueux convive, Prêt à rire , à chanter , toujours de bonne humeur : En lui d un teint vermeil la couleur saine et vive D un naturel sanguin dénote la vigueur.

Le Tempérament mélancolique.

\.estat adhuc choleræ tristis substantia nigræ , Quœ reddit pravos , pertristes , pauca loquentes. Ui vigilant studiis , nec mens est dedita somno. Servant propositum , sibi n il reputant fore tutum. Invidus et tristis, cupidus , dextrœque tenacis, Non expers fraudis , timidus , luteique coloris.

Reste l’humeur atrabilaire ,

La mélancolie aul rement.

Gette humeur ordinairement Fait les hommes pervers , sombres, prompts à mal faire ,

Taciturnes , sournois , fermes dans leurs propos. De tristes passions leur ôtent le repos.

DE SAEERKE.

iir

Cliagrins, jaloux , de tout avides;

Ce qu’ils ont , ils le tiennent bien.

Soupçonneux , il ne faut qu’un rien Pour alarmer leurs cœurs timides Ils ont l’esprit rusé, trompeur:

De ce tempérament le jaune est la couleur.

Addilion auxqttatreprécédens articles.

IVÎais CCS quatre humeurs dans les hommes Se mélangent diversement ;

Et leurs combinaisons , de tous tant que nous sommes ,

Décident le tempérament.

Il est bien aisé de connaître L’humeur qui domine le plus :

L’habitude du corps la fait assez paraître Wais de savoir quels peuvent être D'un mélange infini les rapports absolus , f^uel est, de chaque humeur le flux et le reflux ;;

C’est le pai’tage d’un grand maître.

Esculape ne fait ce don qu’à ses élus.

Les vices des quatre humeurs.

»31 c’est le sang qui pèche, ouïe flegme ou la bile. Voici pour le connaître une règle facile^

t’ÉCOLE

Signes d’un sang trop abondant.

W peccat sanguis , f acies rubet, extat ocellus,

Jnjlantur genœ , corpus nirniumque gravatur. Estque frequens pulsus, plenus, mollis, dolor ingens Imprimis frontis. Fit constipatio ventris. Siccaque lingua siti ; sunt omnia plena rubore. Dulcor adest sputi , sunt acria dulcia quœque.

Si c’est le sang , l’œil sort , le visage est enflé , Le pouls est fréquent , plein , la langue est altérée. A grands coups de marteau le front est ébranlé , D’un rouge vif la peau partout est colorée ,

Le ventre est constipé, ce que l’on crache est doux ; L’âcre , l’amer, u’ont plus leurs véritables goûts.

BE SiLERNE.

Il3

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