‹ L'Ecole de SalerneChapitre 5 sur 14 · I :iU-. ;:’I · texte numérisé non relu

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Dédicace. Préceptes généraux.

.^4 nglorum Régi scribit Schola tota \Salemi,

Si vis incolumen , si vis te reddere sanum , Parce mero, cœnato parum , non sit tibi vanurfi Surgere post epulas , suuuium fuge meridianum-^ Ne mictum retine , ne comprime fortiter anum ; Curas tolle graves, irasci crede profanum ;

Hœc benè si serves , tu longo tempore vives.

A„ Rol d’Anglelerre , salut.

Toute rjicole de Saleriie - Eu ce court écrit a pour but

L^ÉCO LE-

'.De lui tracer comment il faut qu'il se gouverne, S’il veut se garantir de toute infirmité Et vivre en parfaite santé.

Buvez peu de vin pur ; le soir ne mangez guère ; Faites de l’exercice après cliaque repas.

Dormir sur le dîner c’est l’usage ordinaire , , Toutefois ne le suivez j)as.

Quand vous sentes que la nature Veut vous débarrasser d’une matière impure , Ecoutez ses conseils , secondez scs efforts ;

Loin de vous retenir, vite de celte ordure.

Le plutôt qu’il se ])eul , délivrez votre corps.- Fuyez les soins fâcheux , par eux le sang s’altère; Comme un ])oison funeste évitez la colère.

En observant ces points , comjjtez que de vos jours ’ Uu régime prudent prolongera le cours.

DE SAIERNE.

Moyens de se passer de Médeein. -

Si tibi deficiant Medici , Medici tibi Jiant Hœc tria : mens hilaris , requies moderata, diœta.

S’il n’est nul Médecin près de votre personne, Qni dans l’occasion puisse être consulté ,

En voici trois que l’on vous donne :

En fond de belle humeur , un repos limité ,

Et surtout la sobriété.

Du choix de l’Air.

jf^er sit j?urus , sit lucidus, et benè clarus ÿ Injectus per se , nec olens fœtore cloacœ , jilteriusque rei corpus nimis injicientis.

D üw air pur et serein connaissez l'avantage : 11 y faut , s’il se peut , choisir votre séjour. D’un égoût , d’un marais craignez le voisinage; Logez loin des vapeurs qui x-ègnent à I cnlour.-

‘ï.’ÉCOtE

Ne pas trop boire d’eau dans le repas.

P otus aquee sumptus comedenti incommoda prœstat ;

■Hinc friget stomachus , crudus et îndè cibus.

Dans vos repas ne buvez point d’eau claire; Il en provient trop d’incomipodités ; L’estomac refroidi mal-alsément digère ,

Et ce qu’on mange alors laisse des crudités.

De l’usage de se laver les mains.

iotio post mensam tibi confeit munéra I4na: Mundijîcat palmas , et lumina reddit aeuta.

Si fore vis sanus , ablue sœpe manus.

En sortant de table l’usage Veut que vuus vous laviez, les mains.

La ne;tteté sied bien : les yeux rendus plus fins. Sont de celte pratique un second avantage. Eavei; souvent les mains est une propreté Qui contribue à la santé.

Du choix et des marques du bon Vin.

Vina prohantur odore , sapore , nitore , colore. Si bona vina cupis , quinque plaudentur in illis : Fortia , formosa , et fragi-antia , frigida , f isca.

(^UANT au vin , sur le choix , voici notre doctrine : Buvez-en peu ; mais qu’il soit bon.

Le bon vin sert de médecine ,

Le mauvais vin est un poison.

Point de vins frelatés , ils gâtent la poitrine ; Un vin frais , naturel , pétillant , gracieux , Doit flatter le palais , l’odorat , et les yeux.

l’écolk

I fl

Des A'^ins doux et blancs.

orpora plus augent tibi dulcia , candida vina.

Le vin bourru chatouille; on le boit avec joie;

II engraisse , il est nourrissant :

Mais craignez qu’il n’opile ou la rate ou le foie , l'ar le trop long séjour qu’il y fait eu passant. D’un vin blanc, clair, fin, le mérite Consiste en ce qu’il passe vite.

Du Vin rouge.

iS' i vinuni rubrum nimium quandoque bibatur , Venter stiipatur, vox limpida turbijicatur.

Beaucoup plus lent en ses progrès , Le vin rouge bu par excès ,

Forte un suc astringent au vcnlre qu’il resserre; Il le rend dur comme une pierre ;

Et c’est de toutes les boissons Celle qui d’une voix gâte plutôt les sons.

DE SAIERITE.

Des effets et des marques des bon^ Vins.

(j ignit et humores melius vinum meliores^

Si fuerit nigrum , corpus reddit tibi pigrum ; Vinum sit clarum , subtile , vetus , maturum,

Ac bene lymphatum, saliens, moderamine sump~ tum,

T ODJOÜRS aux meilleurs vins donnez lajiréférence^' Ils produisent toujours les meilleures humeurs. Méprisez un vin noir , épais , sans transparence ^ Il envoie au cerveau de grossières vapeurs ;

Il charge l’estomac , cause des pesanteurs ,

Et rend sujet à la ])arcsse.

Choisissez, pourbienfaire,un vin mûr, un vinvieuXj. Un clairet pétillant , dont la délicatesse Tienne en effet au goût ce qu’il promet aux yeux =■ Tempérez-en par l’eau l’esprit trop furieux ; Encore , en le buvant , consultez la sagesse*

r-’ÉcotK

IQ.

Du Moût.

P roi>ocat urinam Mistum, cito solvit, et injlat.

Le moût où le nitre domine ,

Gonfle , purge et chasse l’urine.

Mauvais effet du Moût.

J[mpedit urinam Mustum , solvit cito ventrem. Hepatis Emphraxim , ( i) splenis generat , lapidemque.

In est un autre moût , de nitre moins chargé : Il -gonfle l’estomac , fait aller à la selle ;

Ce moût par qui le ventre est assez bien purgé , Engorge foie et rate , et donne la gravçlle.

(i) Mot grec qui sigRÎûe obstruction.

TfE SAtaîlNE.

Bi

De la Soupe au vin.

)is duo vipa {i') facit , mundat dentes, dat acutum

Visum ; quod minus est implens , minuens quod abundat ,

Ingeniumque acuit ; replet , minuit tamen offa.

SooPE au vin , autrement îa soupe au perroquet y A plus d’un merveilleux effet :

Elle embellit les dents , elle éclaircit la vue. Dans les vaisseaux qu’elle refait , Aisément elle s’insinue.

Les humeurs abondaient : elle les diminue ,

Et vous forme un sang plus parfait.-

De la Soupe , ou Potage.

Ne méprisez point le potage ;

Rien ne vous -nourrit davantage ,

Ni ne fournit des sucs meilleurs,

Pour prévenir l’amas des mauvaises humeurs.

(i) Mot formé de la première syllabe de Vinum et de celle de Panis / pour dire du. Pain trempe dans du Vin,

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