X’ ÉCOLE
Remède pour ceux qui ont bu trop de vin au soujier.
Si nocturna tibi noceat potatio vini , Æatutinâ horâ rebibas , et erit medicina.
Si , pour avoir trop bu la veille , Votre estomac est déi’angé ,
Jiycz dès le matin recours à la boulcille , Vous serez bientôt soulagé ;
Par ce remède bien purgé ,
Aux maux de cœur, aux maux de tête, Vous donnerez un prompt congé , ün prenant du poil de la bête.
DE SÀLEKNE.
De ce qui corrige la boisson.
Salvia cum Ruta faciunt tibi pocula tuta : Adde rosee florem , minuuntque potenter amorem.
La Sauge et Ia Rue ont le don De rendre saine une boisson.
Si l’on y joint la fleur de rose ,
Rien ne tempère mieux l’ardeur que l’amour cause.
Du choix de la Bière.
No
on acidum sapiat cerevisia , sit benè clara , Ex granis benè cocta bonis , satis ac veterata , De qua potetur, stomachus non indè gravetur.
P ouR avoir dans la Bière un breuvage bien sain, Qu’elle n’ait point d’aigreur , qu’elle soit claire et belle ,
Bien cuite et faite d’un bon grain , lii trop vieille , ni trop nouvelle.
Effets de la Bière et du Vinaigre.
rassos humores nutrit cerevisia , vires Trœstat, et augmentai camem,generatque cruorcm, Provocat urinam, ventrem quoque mollit et inflat, Infrigidat modicum. Sed plus dessiccat acetum , Infrigidat, macerat , mclanch: dat , sperma minorat ,
Siccos infestat nervos , et pinguia siccat.
Ce que la Bière a de mauvais ,
C’est que par un suc trop épais Elle nourrit l’inimeur grossière;
Car on sait d’ailleurs que la Bière Piend charnu , fortifie , et même elle fournit
Beaucoup plus de sang qu’on ne pense, Fait uriner en abondance ,
Enfle le ventre , et l’amollit ,
Et modérément rafraîchit.
Du Vinaigre le trop d’usage Befroidit , dessèche , amaigrit , .
Et fait qu’un pauvre époux , dont le suc dépérit ,
Bfi SALERIÎE.
Néglige la paix du ménage.
Le Vinaigre corrompt , change un tempérament , Le rend atrabilaire , et produit un ravage Qui des nerfe desséchés trouble le mouvement.
Des alimens qui sont de bonne et
nourriture.
OvÆ recentia , vina rubentia , pinguia jura ; Cum simila pura , natures sunt valitura.
Choisissez une nourriture Simjde , et conforme à la nature.
Mangez de bons œufs frais , n’en perdez point le lait , Prenez de fort bouillons , buvez du vin clairet. Fine fleur de froment , et mets de cette espèce^ Vous feront arriver à l’extréine vieillesse.
l’kC OLE
Des Viandes qui nourrissent et engraissent.
utrit et impinguat triticum , lac, caseus infans. Testiculi , porcina caro, cerebella, medulla, Dulcia vina , cibus gustu jucundior , ova Sorbilia , et ficus inaturœ , uvœque recentes.
V ous manque-t-il de l’embonpoint ?
En ce eas ne négligez point L’usage du froment, le porc frais, la moelle, Le fromage nouveau , les roignons , la cervelle ; Les vins doux , l’œuf mollet , les chairs d’un jus exquis ,
Figues mûres , raisins nouvellement cueillis , Vous feront une graisse et saine et naturelle.
DE SALEENE.
Des Viandes mélancoliques.
ersica , poma , pyra , lac , caseus , et caro salsa ,
Et cervina caro , et leporina , caprina , hovina , Atra hœc bile nocent , suntque injinnis nocitura.
A BSTENEz-vocs du fruit , et laissez l’abricot , La pèche, la pomme et la poire,
Le fromage , le lait , le salé qui fait boire ,
Lièvre , cerf, bœuf, chèvre ; en un mot, Tout ce qui peut en vous nourrir la bile noire.
l’icolk
Il ne faut point charger l’estomac.
' T U nunquam comedas , stomachum nisi noveris aptè
• Purgatum , 'vacuumque ciho quem sumpseris ante. Ex desiderio id poteris cognoscere ceito.
Hœc sint signa tibi subtilis in ore dietœ.
P ouR manger , attendez- que l’estomac soit -vnide. S’il n*a point digéré -^'otre dernier repas ,
D’un surcroît de travail ne le fatiguez pas. 'Boruez-Tous au besoinj n’ayezpoint d’autre guide.
Bons et mauvais effets de la faim et de la soif.
Non bibe non sitiens, et non comedas saturatus. Est sitis atque fames moderata bonum medicamen. Si super excedunt , impoHant sœpe gravamen,
N E buvez point sans soif. Quand l’estomac est plein ,
Attendez , pour manger , le retour de la faim. Et -la soif et la faim , dans un degçé modique, Sont , contre bien des maux , le meilleur spécifique. Mais de ces deux besoins l’excès est dangereux ; H en peut provenir mille accidens fâcheux.
l’école
Avantages de la sobriété.
P one gulæ inetas , ut sit tihi longior celas f L't Medicus fatur , parcus de morte levatui'.
Sur le manger et sur le boire Tvcprlmez l’appétit , usez-en prudemment, L’honune sobre plus tard arrive .au monument. Un docte Médecin l’a dit , on peut l’en croire.
Des OEufs.
kS'/ sumes ovum , molle sit atque novum. Singula post ova , pocula sume nova.
Si vous mangez un œuf, qu’il soit frais et mollet , Et sur chaque ceul’ buvez lui trait.
Du Fromage et des Noix.
P ost pisces nux sit , post carnes caseus adsit. Unica nux prodest , nocet altera , tertia mors est.
Ç* u’aüx viandes pour dessert succède le fromage.
Qu’au poisson succède la noix.
Une seule suffit ; deux sont trop : l’homme sage Se garde bien d’en manger trois.
Régime des repas , suivant la saison de l’année.
JL emporibus veris modicum prandere juberis. Sed calor œstatis dapibus nocet immoderatis. Autumni fnxctus caveas , ne sint tibi luctus. ' De mensa sume quantum vis tempore brumce.
Au retour des Zc*])hirs , sobre en vos alimens , N cmpifrcz point de trop de nourriture j
îî . l’école
Et songez qu’alors la nature Des plantes et du corps excite les fermenSi Quiconque mange outre mesure Durant les chaleurs de l’été ,
Est d’ennemi de sa santé.
Ménagez-vous pendant l’automne ,
Et ne vous fiez point aux pièges de Pomone.
L’hiver vous met en sûreté :
Suivez voire appétit en toute liberté.
Boire en mangeant, et ne pas boire entre les repas.
Inter prandendum sit sœpè parîimque bibendum. Ut minus œgrotes , non inter fercula potes.
"V ouLEz-vous qu’un dîner soit sain et profitable ? Ke mangez point à sec , humectez en buvant , Mais à petits coups et souvent.
Autant qu’il faut , buvez à table ;
Mais pour vous bien porter, entre les deux repas, Sans grand besoin , ne buvez pas.
DE Si.LE»KE,
■Qualités du bon Pain.
P anis non calidus , nec sit nimis inveteratus ^ Non bis decoctus , non. in sartagine Jirix-us.
Sed fermentatusque , oculatusque, ac bene coctus ^ Et salsus modice , ex granis validis electus.
Non comedas crustam , choleram quia gignit adustam.
Purus sit , sanus ; non talis sit tibi vanus.
De votre table il faut exclure Le pain sortant du four , et le pain qui moisit , Le biscuit sec , les pâtes en fritui’e.
En fait de pain, le sage le choisit D’un bon grain , peu salé , bien paîtri ; la levure Y doit toujours par la cuisson Produire des yeux à foison.
Une croûte trop sèche engendre trop de bile. Préférez-lui la mie , à broyer plus facile.
Que le pain soit bien cuit , léger , d’un bon levain, 5’ü n’est point tel ^ ü n’est pas sain.
Des diverses manières d’apprêter les Viandes.
Ê jirn. fovent, sed frixa nocent, assatæ coercent, Aena purgant, cruda sed infant, salsaque siccant.
(^UAWT aux -viandes , surtout retenez pour principe ,
Que le bouilli tout simple aisément digéré ,
A tout ragoût doit être préféré.
La friture est mal-saine , et le rôti constipe. L'âcre purge , le cru fait enfler et grossit :
Le salé dessèche et maigrit.
DE SltERNE.
De la chair de Porc.
JSst porcina caro sine vino pejor ovinâ Si vinum tribuis , tunc est cibus et medicina^ Cames porcinæ cum cœpis sunt medicinœ.
La chair de porc a’est jamais bonne ^ • Si le bon -vin ne l’assaisonne.
Sans vin , loin que ce porc soit bon ,
Il vaut bien moins que le mouton.
Avec cette liqueur j’opine Pour qu’on en mange librement.- H purgera bénignement :
Ajoutez-y l’oignon , c’est une médecine;-
l’école
De la chair de Veau.
Sitnt nutritives inultum cames vitulince.
Chair de veau , soit dit en passant Est un manger fort nourrissant.
Des intestins du Cochon.
Jlia porcorum hona sunt , mala sed reliquorum^
Des veaux on mange les tripaillesj Le cochon est le seul entre les animaux , Dont on estime les entrailles Assez pour les compter entre les bons morceaux^'
Du cœur, de la rate, et des rognons.
O orda suillarum simt auctio tristitiarum. Splen quoque spleniticis est mansus sœpe salubixs ^ Dissuadentur edi renes , nisi solius hœdi.
Du porc le cœur attriste et cause bien des mau3.
Et la rate , tout au contraire ,
Contre les maux de rate est souvent salutaire, îie mangez de rognons que ceux des seuls chevreaux.
l’ïCOLE
Des Oiseaux bons à manger.
Sunt hona gallina , capo , turtur ^ stuma , ctsluinba ,
Quiscula cum merulct , phasianus ^ et ortygometra, Frigellus , perdix , et otis , tremulusque arnarellus^
' IVÏangez la poule , le chapon ,
La tourterelle , le pigeon ,
La caille , le faisan , la tendre gelinotte ,
Le merle , la perdrix, le pluvier, le pinçon ^ Et la sarcelle (jui barhoite.
Du Canard.
O fluvialis anas , quarita dulcedine manas !
Si mihi cavissem ., si ventri frœna dedissem ^ Febres quartanas non renovasset anas.
T Jw canard de rivière avec soin apprêté Flatte un goût délicat : j’ai fait l’expérience Des maux qu’en le mangeant cause l’intempérance. Il faut de la sobriété :
Je sais que quand on s’en écarte,
Les horreurs de la fièvre quarte Sont les tristes effets de cette volupté.
De rOie.
iica silit coum mensis , campis Acheloum, Auca petit Bacchum mortua , viva lacum.
L’Oie est im animal stupide ,
Qui doit être sans cesse eh un séjour humide:
Il la faut abreuver, l’axiôme est certain:
Vive' elle veut de l’eau , morte elle veut du vin.
k’icoiï
Des entrailles de quelques animautï.
"Eigentiir tardé cor , concoquitur quoque duré ; Sic quoque ventriculus. Tamen exterioraprohantur. Heddit lingua bonum nutrimentum medicinæ. Concoctu est facilis pulmo , cito lahitur ipse, 'Mst melius cerebrum gallince quam reliquorum.
D u cœur il faut que je proscrive La chair indigeste et massive j Le ventricule également Se digère malaisément r La langue , plus tendre et plus fine j De l’aveu de la Médecine ,
Est un assez bon aliment ;
Le potunon se digère et passe promptement. Toute cervelle est nourrissante ;
Celle de poule est excellente.
hi sALER»r£
Dy ^Foie,
Cessat laus hepatis, nisi gallinœ vel anat^,^
u canard , du poulet , le foie est délicat ^ Des autres on fait moins d’état.
Des Poissons en général.
Si pisces molles sunt , magno corpore tolles.
Si piices duri , parvi sunt plus valituri.
A l'égard des poissons , telle est notre doclrinCi Despoissons durs ou mous les choix sont différons.
Des mous , préférez les plus grands :
Des divs les plus petits j la chair en est plus fine»
Des Poissons en particulier. ^
JL^ucius et perca, saxaulis et albica , tinca, Plagitia et gornus , cum caipâ , galbio , trutta , fi rata dabunt pisces hi prœ reliquis alimenta.
XjA truite , le brochet , la carpe , le saumon , La tanche , le rouget , la perche , le goujon , La sole , la merlue , la plie et la limande , Avec une sausse friande ,
Font moins regretter les jours gras ; Oacun dam ia saison fournit 4’assez bons plats.