‹ L'Ecole de SalerneChapitre 8 sur 14 · V.S condimenti prœponi debet edenti · texte numérisé non relu

V.S condimenti prœponi debet edenti

Sal virus refugat rectè , insipidumque saporat ; Nam sapit esca male , quæ datur absque sale. Urunt res salsce visum , lemenque minorant , Et generant scabiem , pruritum sive rigorem.

Sur la table , outre la saucière ^

Ayez devant vous la salière;

Toute viande sans sel n’a ni goût ni saveur;’

Il chasse le venin , corrige la fadeur..

Mais l’excès est à craindre , il affaiblit la vue , Et qui plus est , il diminue Ce trésor onctueux , ce baume souverain ,

Qui répare le genre humain.

Autre effet de l’abus : tout homme qui trop sale ^ A le cuir sujet à la gale.

DB S-ÀtERKE.

Du Souper.

Ex magna cœnâ stomacho fit maxima pœna.

Ut sis nocte levis , sit tibi cœna brevis : Cæna brevis vel cœna levis , fit raro molesta ; Magna nocet, medicina docet, res est manifesta.

Si tous voulez le lendemain V ous lever léger , frais et sain ,

Vous devez fuir comme la peste Ces soupers d’apparat , où l’exemple séduit.

On boit avec excès les deux tiers de la nuit. On force l’estomac. Une douleur ftmeste En est presque toujours le déplorable fi’uit.

, A souper point de gourmandise ;

En mangeant peu le soir, vous vous porterez mieux : Le Médecin l’assure ; et sans qu’il vous le dise, Celte vérité saute aux yeux.

Commencer le repas par boire,’

t vites pœnam , de potibus incipe cœnarn^

Bdvez en commençant; vous suivrez un usage Qui ne peut être que fort sage.

Par un verre d’abord l’œsophage arrosé ,

A ce qu’on mange ensuite ouvre un passage ais^

BE SALERNE

Ne point changer le régime auquel le corps est accoutumé.

Omnibus assuetam jubeo servare diœtam , Quod sic esse probe , nisi sit mutage necesse. Hippocrates testis , quoniam sequitur mala pestis. Fortior hœc meta medicinœ certa diœta,

A-vez-vous constamment suivi quelque régime ? L’habitude est formée , il faut la respecter.

Sans une cause légitime On ne doit point s’en écarter.

Quand la borne est posée , y toucher c’est un crime ,

Qui souvent coûte cher à qui l’ose attenter. De tout déréglement le corps est la victime.

Le divin Hippocrate a déduit prudemment T.e tort qu’à la santé fait un dérangement.

Que si vous méprisez son avis salutaire ,

Tant pis pour vous , c’est votre affaire ; Mais ce lie sera pas sans doute impunémen'

l’écoli

Du Régime à prendre.

Qiiale , quid, et quando, quantum , quoties, ubi , dando

Ista notare cibo debet Medicus bene doctus ; Ne male conveniens ingrediaris iter.

Dès le commencement c’est au Médecin sage De prescrire la quantité ,

Le choix , le temps , la qualité Des alimens dont vous ferez usage ,

De peur qu’en vous d’abord un triste égarement gâte sans retour un bon tempérament.

DE SILERKE.

Des OEufs.

mentiri qui viilt pro lege Qiiod bona sunt ova candida , longa ,

teneri

nova.

Hcec tria sunt norma , vemaha sunt meliora.

O» tient pour règle invariable Que tous les œufs, pour être bons , Doivent être frais , blancs et longs j Mais 1 ceuf de poule est préférable.

' t’tCOLE

Du Lait.

jac etîiicîs samim caprinum , post camelinum^ Ac Jurnentinurn plus omnibus est asininum.

Plus nutritivum vaccinum , sic et ovinum.

Si febriat , caput aut cloleat, non est benè sanum.

.A.UX gens qiie pas à pas conduit vers le. tombeau I,a phtisie ou la fièvre lente ,

On ordonne le lait de chèvre ou de chameau , <Ou celui de jument comme chose excellente ; Mais si d’une migraine on ressent les douleurs ; •Si sur le corps la fièvre exerce ses rigueurs., Du lait appi’cnez f|i:e l’usage .Fait moins de bien que de donlmagç.

Ï>E SALÏRNÏ.

Du Beurre, et du petit Lak,

J—ienit , et humectât, solvit , sinè fehre hutyrum. Inciditque, lavat, penetiat , mundat quoque serum.

Le beurre , aux fiévreux interdît ,

Par son baume onctueux, lâche , humecte, adoucit.' Le petit lait pénètre , incise , ouvre la voie , Lave et fond les humeurs des vaisseaux qu’iï nettoie.

l^’ÉCOtE

Du Fromage.

C asexis est gelidus , slipnns , crassus , quoque durus.

Caseus et panis sunt optima fercula sanis.

Si non sunt sani tunc illum haud jungito pani.

Le fromage est froid , dur , astringent et grossier- Avec d’excellent pain il faut 1 associer.

Quand on le mange avec régime ,

C’est un fort bon manger pour qui se porte bien. Pour un estomac cacocblme ,

Tout bon qu’il est , il ne vaut rien-

Des Noix , des Poires , et des Pommes.

dde pyro potum. Nux est medicina veneno. Fert pyra nostra pynis, sinè vino sunt pyra virus :

Si pyra sunt virus , sit maledicta pyrus. Dum coquis, antidotum pyra sunt; sed cruda venenum.

Cruda gravant stomachum , relevant sed cocta gravatum.

Post pyra da potum , post pomum vade cacatum.

La noix, dont j’avertis qu’il faut ne manger guère ,

Est bonne à l’estomac , conforte ce viscère ;

Elle corrige le venin.

La poire ne vaut rien sans vin.

Si vous la mangez en compote ,

C’est un excellent antidote.

Mais poire crue est un poison.

Vous pouvez là-dessus régler votre conduite. Crue , elle charge trop l’estomac j étant cuite,

t’ÉCOLE

Elle y porte la guérison.

Quand on a mangé de la poire ,

Que le premier soin soit de boire.

Après la pomme allez en quelque lieu secret , Où vous jiuissiez en paix laisser votre paquet.

Des Mûres.

Mora sitirk pellunt , recreant cum faucihus uvam.

La mûre désaltère, et sa douceur aigrette Récrée également le gosier , 'la luette.

DE SAEERNE.

Des Cerises.

C erasa si comedas , faciunt tibi grandia dona. .Expurgant stomachum, nucleus lapidem tibi tollit. Hinç melior toto corpore sanguis inest.

U cerise a poar la santé Plus d’une bonne qualité.

C'est un des meilleurs fruits que produise la terre j Il purge l’estomac , ü forme un sang nouveau : Et l’amandè qu’on trouve en cassant son noyau, Délivre les reins de la pierre.

Des Prunes.

rigida sunt, laxant, multum prosunt tibi pruna.

F RAÎCHE ou seche la prune offre un dotible profit , Car elle làcfie et rairatciût.

t’ÉC OtE

Des Pèches , et des Raisins.

X ersica cum mmto vobis datur ordine Justo ‘ umere. Sic est mos , nucibus sociando /acernos.

aww/a non spleni, tussi valet, est bona reni. Ltditas mœ sine granis et sine pelle ,

Dat sedare sitim jecoris , cholerœque colorem.

-L ORDRE en est établi , Ia raison nous Je prêche. Il faut du vin avec la pêche,

A la noix joignez les raisins.

Le raisin sec à la rate est contraire ;

Aux poumons il est salutaire.

Contre la toux , contre les maux des reins , C’est un remède très-facile.

Outre qu’on en fait de bons vins ,

On peut encor le rendre utile ,

Pour un foie échauffé , contre une ardeur de bile : Enlevez- en la peau , tirez-en les pépins.

BE SIEERNE.

Des Figues.

ec.tiislenificant ficus , ventremque relaxant, Seu dantur cnidœ , seu cum fuennt hene coctce. Nutrit et impinguat , vanos curatque tumores ; Scropha , tumor , glandes , ejus cataplasmate cedunt.\

Junge papaver ei, confracta foris trahit ossa.

Crue ou cuite la figue est un fruit des meilleurs. Elle nourrit , engraisse , et sert en médecine ; Elle lâche le -ventre , adoucit la poitrine ,

Et guérit beaucoup de tumeurs.

Pour les glandes , l’abcès , même les écrouelles , Son cataplasme a fait les cures les plus belles. Joigno7-y le pavot, elle aura la vertu De retirer des chairs un éclat d’os rompu.

li’ÉCOtE

Mauvais effet de l’exeès des Figues.

Pediculos, veneremque facit, sed cuilibet obstat.

(Quoique Ia figue soit si bonne , Gardez-vous bien d’én faire excès.

Je ne le conseille à personne;

Voici quels en sont les effets:

Son suc engendre d’ordinaire Une Imineur qui dispose au mal pédiculaire , Met un pauvre Iiomine en rut, l’excite à des effort# Qui dans peu ruinent le corps.

DE S'ALEETTE.

Des Nèfles.

]S^ultipUcant miatum , 'ventrem dant escula strictum.

Mespila dura placent ^ sed mollia sunt meliora,

A bien vuider les, eaux la nèfle est diligente.

Pour le ventre elle est restringente.

Encor ferme elle plaît -, mais pour votre santé Elle est toujours meilleure en sa maturité.

Des Pois.

P isum laudandum .nunc sumpsimus ac reprobandum :

Est inflatü'um cum pellibus atque nocivum^ Pellibus ablatis sunt bona pisa satis.

F \uT-iL louer les pois , ou faut-il qu’on les blâme? iCe légume en sa peau n’est pas sain , il enflamme. Otez-la lui : sans nul danger ,

Ce lé,giune se peut nianger.

X’ÉCOIE

Des Fèves,

]S/Landucare fabam caveas , parit illa podagram.

Jamais la fève ne fut bonne Pour ceux que la goutte affaiblit r On tient même qu’elle la donne ;

Plus d’un savant auteur l’a dit.

DE SALEEKE.

Des Panais.

^^jiod pastum tribuat , est paitinaca vocata. Attamen illa parum nutrit , quia non subacuta. Confortat coitum , non est ad menstrua muta.

Le panais , racine champêtre ,

IS’est jjas d’im goût appétissant.

Son nom , dit-on , vient du mot paître , Encor que le panais soit fort peu nourrissant. Mais il a des vertus qui de toutes les belles Méritent de toucher le cœur :

D’un amant , d’un époux , il redouble l’ardeur ; Réchauffe également les Dames , et chez elles Ramène tous les mois une utile pâleur.

Des Navets.

\.apa juvat stomachum , novit producere ventum ,

Provocat urinam , prœstatque in dente ruinam : Si male cocta datur , tibi torsio sic generatur.

Ami de l’estomac, ami de la poitrine,

Le navet a bon goût , mais il donné des vents. Il est diurétique et provoque l’urine ;

Le mal est qu’il gâte les dents.

S'il n’est pas assez cuit , des coliques affreuses Sont de sa crudité les suites douloureuses.

Des Herbes , et des Légumes en général,

J us olerum, circerumquehonum, substantia prava^

Des herbes et des pois (i)Iesuc vous fait du bien; Mais quand il est tiré, le marc n’en vaut plus rien.

Page 1