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Exode, chapitre

Du régime suivant les saisons.

vision est fondée sur les divers points que la terre présente AU soleil en parcourant l'édiptique.

Chacune de ces saisons a un caractère qui lui est propre, tiré de la modification de la température. Ainsi, l'hiver est froid et humide; le printemps, clmid et humide; l'été, chaud et sec et l'automne, froid et sec. Les maladies qui se manifestent sont en rapport avec l'état de l'atmosphère ou avec les saisons diverses ^

L'influence de la constitution de l'air et de chaque saison sur la production des diathèses, et sur le traitement des maladies, est une vérité reconnue par tous les praticiens, et qui doit former la base et le principe de leur art. Hippocrate revient sans cesse sur la nécessité de l'étude des constitutions .

Le temps doux relâche les fibres, amollit le corps ; la chaleur dilate les pores, gonfle les humeurs, fait languir les fonctions. La transpiration, qui seule augmente alors, n'est pas un bien sans danger.

Les saisons humides nous altèrent d'une autre façon : tantôt ce sont des fluxions, des rhumes, des douleurs, et tantôt les maladies les plus graves.

Le froid resserre, engourdit, favorise les afî'ections aiguës.

En un mot, les variations du milieu qui nous envirorme exposent notre vie et notre santé au moins tous les trois mois.

L'ancienne médecine considérait le renouvellement des saisons comme une époque critique pour le corps humain.

Hippocrate observe que , comme dans la succession des périodes des temps de l'année on voit régner tantôt l'hiver, tantôt le printemps , tantôt l'été ou l'automne : de même dans le corps humain on voit prédominer successivement la pituite, le sang, la bile , l'atrabile.

Les quatre saisons sont les véritables images des quatre âges

I. Voy. Donné, Hygiène des gens du monde, édition. Paris, 1879. Hygiène des saisons, p. 23.

ÉCOLE

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de la vie, et il y a un grand rapport entre l'influence des saisons et celle des âges sur la production des maladies. En effet, la mucosité prédomine dans l'enfance ; le sang, à l'âge de la puberté; la bile, à l'âge viril, qui est l'été de la vie; et l'atrabile et la mucosité, dans la vieillesse, ou l'automne et l'hiver.

Il existe encore des relations intimes entre les saisons, les constitutions, les âges, les maladies diverses, les révolutions diurnes, les organes et les tempéraments .

Page 58. — Printemps.

l.^ printemps, cette riante saison chantée par les poètes, est, aux yeux du médecin, la plus triste, la plus sombre et la plus cruelle des saisons, du moins sous le climat tempéré de l'Europe centrale. C'est le printemps qui fournit le chiffre le plus élevé de malades, c'est le printemps qui paye à la mort le plus large tribut.

Le printemps était considéré dans l'ancienne médecine comme une période de rénovation complète, et de cette opinion analogique, basée sur l'observation des phénomènes de la nature, si éclatants à cette époque de l'année, on concluait à une révolution semblable dans l'organisme humain. Cette tradition s'est transmise d'âge en âge jusqu'à nous; mais l'observation moderne l'a réduite à un fait météorologique.

C'est aux transitions brusques de température, si communes au printemps, qu'il faut rapporter la fréquence des maladies et surtout des phlegmasies de l'appareil respiratoire qui forment le plus fort contingent des maladies vernales. C'est à la même cause qu'il faut rapporter la mortalité si considérable des phthisiques au printemps, contrairement â l'opinion ancienne qui plaçait au commencement de l'automne, à la chute des feuilles, la terminaison fatale de cette terrible maladie.

Été et Automne.

Page 59. — Été.

Ce que l'École de Salerne dit de l'été, tout le monde l'éprouve : rien n'est plus incommode que la chaleur excessive et la sécheresse.

Les sueurs auxquelles nous sommes exposés épuisent les forces, épaississent le sang, en le dépouillant de sa partie la plus fluide. On se sent pesant, accablé, sans goût, même poùr le plaisir.

Il est utile alors d'user de nourritures légères et rafraîchissantes, de boissons acides, de repos. On évite ainsi la déperdition excessive de substance ; on pare à l'alcalisation des humeurs, qui deviennent dans cette saison plus susceptibles de corruption. Jeûner, c'est frustrer le corps d'une portion de sa nourriture accoutumée, c'est le souinettre à des pertes sans réparation. Or les pertes peuvent être plus ou moins grandes dans une saison que dans l'autre, et elles sont en effet très considérables en été : si donc on perd plus et on répare moins en été, le jeûne ajoute encore à la diminution du corps, à l'exténuation et à l'épuisement.

L'abstinence des bains chauds et des plaisirs de l'amour est utile aussi ; les bains chauds et les pertes vénériennes augmentent trop sensiblement la faiblesse que cause la chaleur de l'atmosphère.

Page 60. — Automne.

Je ne peux approuver la proscription des fruits de l'automne. A la condition d'avoir été colorés et mûris par le soleil, je ne connais rien de plus sain que la poire et le raisin, dont il ne faut jamais faire excès, sans doute, mais qui complètent si agréablement les repas de cette saison, à moins de prédisposition maladive particulière. Une belle grappe de chasselas de Thomery n'a jamais indisposé personne. Quoi de plus suave que ces déli-

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cats doyennés, que ces beurrés parfumés : Capiaumont, d'Amanlis, Pickeren, ce dernier surtout, la reine des poires d'automne.

Page 67. — Pour For.TiFiER le cerveal', pour récréer

LA vue et les autres ORGANES.

Nous ne saurions approuver la conduite de ceux qui, tous les matins en se levant, plongent leur tête dans l'eau froide.

Un léger exercice au sortir du lit dégourdit les membres, facilite et augmente la transpiration, ainsi que les autres sécrétions €t excrétions.

Le conseil de nettoyer les dents et de laver la bouche ne saurait qu'être bon pour conserver les dents saines et blanches.

La propreté des mains peut éviter un grand nombre d'incommodités, de maladies même. Dans les classes laborieuses, dans celles surtout qui manient des substances toxiques, le lavage fréquent des mains est une pratique d'une immense utilité. Depuis que les ablutions des mains avant les repas des ouvriers sont devenues obligatoires dans les fabriques de céruse, la colique de plomb est devenue infiniment plus rare.

L'usage de se laver les mains avant et après chaque repas, si général dans l'antiquité et qui s'est conservé parmi nous jusqu'à Ja fin du dernier siècle, n'apparaît plus que comme une tradition effacée dans l'emploi malpropre de ces sortes de gobelets que l'on sert aujourd'hui aux convives après le dessert. Autrefois, c'était dans des aiguières d'or et d'argent que les valets répandaient sur les mains des convives de l'eau tiède parfumée.

Pour fortifier le cerveau.

Le soin de changer souvent de linge et de tenir toutes les parties du corps propres est encore plus indispensable à la santé. Comme il n'y a pas de partie du corps qui ne transpire abondamment, la sueur, en s'accumulant sur la peau, y produit une certaine crasse qui contracte une odeur désagréable et devient rance et âcre, d'où résultent souvent des exanthèmes prurigineux et difficiles à détruire; mais le plus mauvais effet de l'accumulation de cette crasse, c'est de boucher les pores de la peau et de mettre par là obstacle à la sortie de l'humeur de la transpiration et de la refouler dans l'intérieur, d'où naissent mille maux : éruptions de la peau, fluxions catarrhales, etc.

Les anciens ne portaient pas, ainsi que nous, des chemises ou du linge dont ils pussent changer souvent ; et les plus belles dames de la Grèce et de Rome n'avaient que des vêtements de laine ou de lin, car on ne connaissait pas alors le chanvre, ni la soie, ni le coton : aussi était-on beaucoup plus sujet à la vermine que de nos jours. Plusieurs philosophes de la Grèce avaient des poux de corps : Phérecyde mourut de la maladie , pédiculaire, ainsi que le roi d'Espagne Philippe IL Cependant, dans ces siècles reculés, on suppléait au défaut de linge par les lotions et bains fréquents. C'est dans un but de propreté et de conservation de la santé que les législateurs de l'Orient ont commandé, au nom dé la divinité, les ablutions solennelles et réitérées.

II ne faut point toutefois que les soins de la propreté soient portés à l'excès et aillent jusqu'à la mollesse. Personne n'imitera sans doute la belle Poppéa, femme de l'empereur Néron, qui, pour adoucir et blanchir sa peau, se faisait suivre partout, dans ses voyages, de cinq cents ânesses, destinées à fournir le lait de ses bains. Martial ' a dit :

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