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I. A, G. Constitutionnel

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toutes les écoles, afin d'enflammer l'ambition de la jeunesse, et dans le cabinet de chaque médecin, pour lui mettre sous les yeux ses devoirs.

En général, le palmarès de ces lauréats de la longévité est fort mal fait. Outre qu'il n'est pas .complet, il débute d'ordinaire par une injustice criante. La place d'honneur est uniformément réservée à Thomas Parr, qui mourut à l'âge de cent cinquantedeux ans, par suite d'un transportée gloutonnerie ; en dépit de cet écart, c'était manifestement un sujet de mérite et qui donnait des espérances, à la fois bien doué et bien zélé. Je ne songe pas le moins du monde à diminuer les droits qu'il peut avoir à notre considération, mais il est loin de tenir la tête des macrobites.

Thomas Parr est notablement dépassé par l'inimitable William Mewon, qui mourut à cent soixante-dix-neuf ans, et, dans un degré moindre, par Henri Jenkins, qui mourut à cent soixanteneuf ans. Je ne prendrai pas le soin de vous entretenir du fretin, des inappliqués qui, négligeant leur aptitude naturelle à durer, ne surent vivre que 150, 146, 143, 137 ans, etc. Ils méritent à peine une mention générale

Un hasard bibliographique m'a mis dans les mains une liste qui comprend vingt-neuf noms, à l'aide desquels, en les alignant, en les échelonnant en amont dans la suite des temps, je parviens jusqu'à la naissance d'Abraham, autant dire à l'origine de l'histoire. Ils représentent la somme de trois mille huit cent cinquante et une années. Comme cela vous fait paraître le monde jeune I

Hâtons-nous d'ajouter que, sur cette question macrobitique, la tricherie est facile et d'un usage peut-être commun. Il s'est vu des macrobites biseautés.

Barnum n'exhibait-il point, vers 1840, une négresse qu'il pré-

I. Voyez Hufeland, l'Art de prolonger la vie ou la Macrobiotique, nouvelle édition française. Paris, 1871.

Règles générales pour tous les repas. 325

sentait avec assurance comme la nourrice de Washington, lequel naquit en 1732 ?

Je me rappelle que dans ma jeunesse un des premiers soins du provincial, débarquant à Paris, était d'aller faire visite à un sergent de vétérans qui résidait au Luxembourg. Ce brave sousofficier, qui avait une mine avenante et un port d'une rigidité réglementaire , passait pour être venu en France avec le roi de Pologne, Stanislas Leczinski, le propre beau-père du roi Louis XV. Il avait connu Charles XII, Fleury, le maréchal de Saxe, Frédéric II. Il restait vert et presque frais, sous le poids de deux douzaines de lustres. On raconte qu'à sa mort — car il finit par mourir — on fit la découverte qu'il s'était appliqué l'extrait de baptême de son père ou de son grand-père, je ne sais plus.

En France, il y a en moyenne un centenaire par irais cent sd^e mille âmes. Mais cela dépend des latitudes ; il en est de plus ou moins favorisées. Les alentours de la Garonne sont excellemment macrobiotiques. Le département du Gers est arrivé à produire un centenaire sur 29,000 âmes ; le département de la Gironde un sur 85,000 âmes. Ce sont là des chiflres extrêmement honorables. La Bourgogne vient après. En ce concours, les pays de vin tiennent la corde.

Il y a dans l'Etat de New- York 109 personnes âgées de 100 ans et au-dessus. De ces centenaires, 36 sont nés aux États-Unis, 2 dans les Indes orientales, i en Ecosse, i en Espagne, i en mer, i en Angleterre, 6 au Canada et 40 en Irlande ; les 22 autres ont oublié le lieu de leur naissance.

Le plus âgé de tous a 114 ans; c'est une femme. Le nombre de 40 pour les Irlandais est à remarquer. Dans la ville dé New-York, des 29 centenaires qui y demeurent, 22 sont Irlandais.

Ce fait semblerait démontrer qu'un climat humide et froid, avec de rares périodes de froid intense et de grande chaleur, est le meilleur pour enfanter une race robuste.

ÉCOLE

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Page 82. — Des repas aux diverses saisons.

Quoique dans aucune saison on ne doive s'écarter des règles de la sobriété, le régime doit varier selon les différents temps ou saisons de l'année, comme selon les divers pays.

Le corps étant disposé à la pléthore et aux maladies inflammatoires pendant le printemps, il est bon de diminuer la nourriture et de faire un plus grand usage des végétaux que des substances animales. Sous ce dernier rapport, l'institution du Carême est fort utile, car elle prévient et diminue la pléthore, et dispose le corps à recevoir un sang nouveau. Cette époque étant d'ailleurs celle des amours, les animaux sont beaucoup plus maigres et leurs chairs moins bonnes et moins salubres .

Pendant l'été, il y a, chez tous les individus, un épuisement ou plutôt relâchement des forces, affaiblissement, langueur de la faculté dio;estive. On doit donc user dans cette saison des aliments légers et d'une digestion facile : des viandes blanches, des végétaux tendres et aigrelets, des fruits fondants et humectants , parce que les chaleurs de la canicule activent le système de la veine-porte, favorisent la formation de la bile et son exubérance. Il faut s'abstenir de l'usage des légumes et du vin pur, qu'il ne faut prendre que mêlé à l'eau fraîche ou rafraîchie à la glace. C'est un préjugé dangereux que de croire l'usage du vin pur et des liqueurs fortes salutaire pendant les chaleurs de l'été.

La saison de l'automne est marquée par le changement brusque de température et par l'apparition des affections bilieuses et putrides. Aussi la nature bienfaisante nous fournit-elle de véritables correctifs dans les fruits, parmi lesquels il faut placer en première ligne les raisins. On pourra toutefois user dans cette saison d'une plus grande quantité de viandes et de vin pur. Leur abus est seul à craindre.

En hiver, il y a plus d'énergie vitale, de chaleur interne et

De la boisson.

d'activité digestive : l'air étant plus dense, la respiration est plus forte, et les poumons, décomposant une plus grande masse d'air et absorbant beaucoup d'oxygène, donnent par là plus de chaleur, d'activité et d'appétit. Aussi l'on doit prendre bien plus d'aliments en hiver et dormir plus longtemps que dans les autres saisons. On doit faire usage des aliments forts, des viandes salées et nourrissantes, du gibier; on peut boire aussi une plus grande quantité de vins généreux. C'est la saison des banquets joyeux et de la bonne chère.

Page 82. — De la boisson.

Lorsqu'on use d'aliments qui ne sont pas suffisamment humectés, il vaut mieux boire souvent de petits coups que de grandes verrées.

La quantité de boisson doit être plus ou moins grande suivant les saisons et les constitutions individuelles. Les personnes d'un tempérament sec, bilieux ou chaud, et qui sont habituellement constipées, doivent user d'une plus grande proportion de liquides.

Il est mauvais de boire après ou entre les repas, à moins toutefois que la soif ne se fasse sentir; car il n'est pas de circonstance dans la vie, soit en santé, soit en maladie, qui doive empêcher de boire quand on a soif.

Boire sans soif est plus commun encore que manger sans faim. L'ivresse est plus fréquente que l'indigestion. Il est vrai que la première amène souvent la seconde, par suite de l'étroite sympathie qui unit le cerveau à l'estomac.

« Ceux qui s'indigèrent ou qui s'enivrent ne savent ni boire ni manger, » disait Brillât-Savarin Grimod de La Reynière avait

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