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I. Martial, Liv. XIII, ép

Prune.

parfum, la fraise des Alpes ; elle a en outre une précieuse faculté : celle de pouvoir se reproduire toute l'année, en pleine terre, ce qui lui a fait donner le surnom de fraise des quatre saisons.

La fraise ananas, quoique plus grosse, est moins estimée des gourmets.

Les petites fraises des vignes ou des bois doivent leur être préférées sans aucun doute ; elles sont bien meilleures et plus salutaires; elles sont tendres, nourrissantes et faciles à digérer.

L'importance des fraises, au point de vue commercial, n'est pas aussi considérable pour Paris qu'on se le figure généralement. Les énormes quantités qui se débitent soit aux marchés, soit dans les rues, arrivent aux Halles des environs de la capitale. Bagnolet possède la plus grande quantité de fraisiers : on y compte près de 300 cultivateurs.

Dans les bonnes terres, et lorsque la saison est favorable, on récolte 6 paniers de fraises par 100 mètres carrés de superficie. On fait généralement huit cueillettes par an pour chaque plant de fraises. Un are produit donc 48 paniers, et 1,000 mètres 480 paniers; en les estimant en moyenne à i fr. 50, — on les vend de I fr. 25 à 2 fr. le panier, — on trouve qu'un hectare rapporte 720 francs. Sur cette somme, on peut compter moitié bénéfice .

La fraise contient un suc légèrement acide, qui fait qu'elle désaltère et rafraîchit. C'est un fruit qui convient surtout aux personnes bilieuses et sanguines Cependant celles qui ont un estomac délicat ne doivent pas en faire un usage trop fréquent, parce que la fraise est froide à l'estomac. On remédie à cet inconvénient en les assaisonnant avec du vin et du sucre.

L'usage des fraises produit de singuliers effets sur l'économie. On cite des guérisons inespérées qui lui sont dues.

44^ Commentaires de l'École de Salerne.

Linné, le célèbre naturaliste suédois, souffrait de la goutte. La souflFrance était telle qu'il fut obligé d'interrompre ses travaux. Sur le conseil d'un médecin, il se mit à manger une grande quantité de fraises. Au bout de quelque temps, il se trouva soulagé; les années suivantes, la goutte reparut, mais moins intense, et, au bout de quatre ans du même régime, Linné se trouva débarrassé de son infirmité.

D'après Boerhaave, les graines de fraises infusées dans le vin iblanc apportent un soulagement aux personnes atteintes de gravelle et d'affection calculeuse.

Van Swieten assure que des maniaques ont été rendus à la raison par l'usage quotidien des fraises.

Les fraises écrasées avec du miel ont la propriété, d'après Apulée, de calmer les douleurs qui ont leur'siège à la rate.

Enfin, les fraises sont employées avec avantage dans les maladies inflammatoires.

Les FRAMBOISES sont le fruit du Rubus idatis, ou ronce du mont Ida. Elles ont à peu près les bonnes qualités des fraises, mais elles ne sont pas aussi agréables. Il faut les mêler aux fraises et prendre garde qu'elles ne contiennent des vers, auxquels elles sont fort sujettes.

Les GROSEILLES ROUGES et blanches sont le fruit du groseillier commun, Ribcs ribrum; elles sont rafraîchissantes, antibilieuses, et salutaires aux personnes sanguines, et dans les chaleurs de l'été.

La GELÉE DE GROSEILLES foumit Une nourriture légère qui contient peu de principe nutritif, et fort convenable aux convalescents et aux individus dont l'estomac affaibli a de la peine à digérer des aliments plus nourrissants.

Mûres.

La GROSEILLE NOIRE OU CASSIS a Ics mêmes qualités que les autres groseilles, excepté que le principe que cette baie contient la rend légèrement excitante et diaphorétique.

Page II 8. — Mure.

Il y a deux espèces de mûres : les blanches, qui sont fades ; et les noires, qui sont d'une saveur agréable, douce et légèrement acidulé ; elles sont tempérantes et rafraîchissantes, et n'ont rien de malfaisant.

En les écrasant et les mêlant à une certaine quantité d'eau, on peut en faire une boisson qui , comme l'eau de groseille , est bonne contre les fièvres inflammatoires, bilieuses et putrides. Le sirop et le rob de mûres ont les mêmes propriétés, mais ne jouissent d'aucune vertu spécifique contre les maux de gorge, malgré la grande réputation qu'a ce sirop dans le monde non médical.

Les Anciens faisaient grand cas des mûres; regardant ce fruit comme salutaire, ils recommandaient de le manger à la fin du repas :

ille salubres, ^States peraget, qui nigris prandia moris, Finiet, ante gravem quce legerit arbore solem

Celui qui sur la fin du repas se restaure Par le fruit teint du sang de Pirame et Thysbé, Et que l'on a cueilli au lever de l'aurore, Passera ses étés en fort bonne santé.

Page 119. — Pêche, raisin sec et raisin frais.

Les PÈCHES sont le fruit d'un arbre originaire de l'Asie et de l'Amérique. Ces fruits, dont il existe beaucoup de variétés, sont aussi salutaires qu'agréables.

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