PENSÉE
Et la VIOLETTE A GRANDES FLEURS, Vioh grandiflova, plus brillante qu'utile.
Les fleurs de la violette odorante ou de mars, dont tout le monde connaît l'odeur suave, sont adoucissantes et expectorantes. On les emploie dans les catarrhes, dans les rhumes, dans les inflammations des poumons et même des autres organes. Ses feuilles sont émollientes presque autant que celles de mauve. Sa racine est légèrement émétique et purgative.
Les anciens regardaient cette fleur comme un symbole de virginité; ils croyaient, de plus, qu'une couronne de violettes dans les festins avait la vertu d'empêcher l'ivresse.
La violette tricolore ou pensée passe pour diurétique, dépurative et sudorifique. Quelques médecins l'ont prônée pour la guérison de la croûte laiteuse des nourrissons et contre les dartres. Cette plante n'a aucune vertu anti-épileptique.
Pricien assure qu'on se garantit pendant un an de toutes les maladies en mangeant trois violettes. Quelle garantie !
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Page i6r. — Gingembre.
Le GINGEMBRE est k racine d'une plante qui croît spontanément dans plusieurs contrées de l'Inde et qui est d'une odeur très agréable et d'une saveur piquante. Cet assaisonnement stomachique, comme les autres aromates, est moins irritant que le poivre et a ses qualités digestives.
Quant aux vertus que lui attribue l'Ecole de Salerne, il en jouit bien faiblement sans doute.
Les CLOUS DE GIROFLE, CaHophylli, viennent des îles Moluques, découvertes par les Portugais au xvie siècle. Ces clous ne sont autre chose que le calice des fleurs du giroflier non entièrement développées. Ils ont une odeur suave, aromatique, pénétrante, une saveur chaude et piquante : ils possèdent une propriété tonique assez forte, et conviennent dans les faiblesses d'estomac, dans les paralysies et dans toutes les affections atoniques.
La CANNELLE, Cinnamomutu, a une odeur agréable et aromatique, et une saveur amère un peu astringente ; elle vient de l'île de Ceylan : c'est l'écorce d'un arbre qui ressemble au laurier. Elle tient le premier rang parmi les assaisonnements assez agréables.
La cannelle est un tonique fort stimulant; on l'emploie dans les cas d'atonie des organes digestifs. On mêle un peu de sa poudre aux aliments, pour corriger leur fadeur et leur effet trop relâchant; elle aide à la digestion.
La MUSCADE, Nitx moschata, est un fruit qui vient des îles Moluques et de quelques autres îles des Indes orientales. Cette
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semence est un aromate fort agréable, dont l'usage convient dans la langueur des forces digestives. On la mêle aux aliments pour en corriger la saveur fade ; elle excite l'appétit et aide à la digestion. La muscade communique aux aliments un goût qui plaît à beaucoup de personnes.
Aimez-vous la muscade? On en a mis partout.
Le MACis est une des enveloppes de la muscade ; il a une saveur plus pénétrante et un peu âcre.
Page 163. — Nombre des os, des veines et des organes.
L'étude du corps humain est la base de toutes les connaissances et de tous les succès en médecine. En vain saurait-on parfaitement distinguer les signes des maladies et les remèdes propres à les combattre, si l'on ne sait pas découvrir quel est leur siège , ni comment les moyens de guérison agissent pour les détruire : on marche en aveugle , on travaille à tâtons, on réussit par hasard. L'anatomie donne l'intelligence de la physiologie , des phénomènes de la santé et des maladies , éclaire l'action des médicaments; elle est la clef de la thérapeutique et de l'hygiène.
Ce n'est donc pas sans raison que l'Ecole de Salernc l'indique par cette sorte d'esquisse et de nomenclature.
Les anatomistes modernes qui ont pris la peine de compter les os du squelette humain marquent qu'il y en a deux cent soixante, sans y comprendre quelques os sésamoïdes '. Or il est
I. Voyez Beaunis et Bouchard, Nouveaux éléments d'anatomie descriptive, 3° édition. Paris, 1880. — Cuyer et Kuff. Le corps humain. Paris, 1879, avec 27 pl. coloriées découpées et superposées.
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inutile de rappeler que, en l'année 11 00 de notre ère, les hommes n'avaient ni plus ni moins d'os qu'aujourd'hui. Il n'y a que les dents dont le nombre soit exactement celui que cite l'Ecole.
On doit ajouter qu'il en est de même des veines. L'Ecole en compte trois cent soixante-cinq; l'injection nous en fait connaître une quantité prodigieuse.
Mais les ligaments, les cartilages, les muscles, les viscères, les glandes, les artères, les nerfs, les organes des sens, les téguments, etc., sont mis en oubli; d'où il suit que cet imparfait aphorisme n'aboutit presque à rien , dans le but que se propose l'Ecole de Salerne. Pour y suppléer en quelque manière, il faut présenter au lecteur le nom des principales parties qui entrent dans la composition du corps humain, et les divisions les plus générales que les anatomistes en font.
Les parties qui entrent dans la composition du corps de l'homme se divisent en solides et en fluides.
Les premières sont les os, les cartilages, les ligaments, les muscles, leurs tendons et aponévroses, les glandes, les viscères, les vaisseaux artériels, veineux, chylifères et lymphatiques, les nerfs, les téguments communs, les membranes ou tissus cellulaires, les ongles et les poils.
Les secondes sont le sang, la lymphe, la sérosité, les larmes, la cire des oreilles, la mucosité du nez et du gosier, la salive, le suc stomacal, le liquide intestinal , le suc pancréatique, la bile jaune de la vésicule du fiel, la bile hépatique, le chyle, le lait, le mucus glanduleux, la semence, l'urine et la sueur.
Mais ce qu'il y a surtout de remarquable ici, c'est que, quelque dissemblables que ces parties soient en apparence, elles ont pourtant, entre elles, la plus parfaite identité.
Les anciens médecins avaient donné le nom de similaires aux parties solides qu'on vient de nombrer, parce qu'elles servent
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concurremment, les unes et les autres, à former quelqu'une des parties qu'ils appelaient organiques^ ou simplement organes. C'est ainsi que les organes de la marche, par exemple la cuisse, la jambe et le pied, sont composés des parties similaires appelées muscles, cartilages, vaisseaux, tendons, etc. ; l'organe de la digestion, l'estomac, de membranes, de nerfs, glandes, etc. ; l'organe de la vision, l'œil, de tuniques, à'humeurs, de vaisseaux de toute espèce, etc.
Mais les parties similaires étaient à leur tour composées d'autres parties plus simples, comme le muscle à& faisceaux ; les glandes, de grains; toutes, de fibres; et celles-ci formaient des humeurs dont la composition est très variable ; toutefois, selon les anciens médecins, les éléments formaient les humeurs; les humeurs, les fibres; les fibres, les parties similaires; les parties similaires, les parties organiques; et l'ensemble des organes formait le corps en totalité.
Les muscles sont ces parties connues sous le nom de chairs, qui se trouvent, en grand nombre, aux extrémités tant supérieures qu'inférieures. Chaussier a compté 374 muscles dans l'homme, tandis que Lyonnet dit en avoir trouvé 4041 dans une seule chenille.
Les muscles ont pour usage de mouvoir les membres. La propriété de ces organes du mouvement translatif consiste en ce que l'on appelle contraction : c'est la faculté qu'a le muscle de se resserrer sur lui-même, de se raccourcir peu à peu, ou tout d'un coup, selon le besoin, pour se remettre ensuite dans son état d'inaction, toutes les fois que la volonté ou la nécessité détermine l'un ou l'autre'. Les extrémités de ces organes sontcommu-
I. Voyez Cours de physiologie, d'après l'enseignement du professeur Kuss, par Mathias Duval. 4e édition. Paris, 1879. — Beaunis, Nouveaux éléments de physiologie humaine. 1^ édition. Paris, 1880.
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nément blanches, satinées, rondes ou aplaties : ce sont les tendons et les aponévroses. On les prend vulgairement pour des nerfs, mais c'est une erreur grossière.
Les nerfs sont tout autre chose. Ce sont des rayons de la substance cérébrale, qui, sous une petite enveloppe, partent du cerveau et vont se rendre à toutes les parties du corps, de quelque nature qu'elles soient, pour les rendre sensibles, c'està-dire capables de sentiment; et il résulte de là que les points nerveux qui entrent dans la composition de la moindre parcelle de la machine animée sont autant de petits cerveaux qui font que chaque atome participe réellement à la propriété du commun sensorium. Le cerveau exerce son action sur toutes les parties du corps, et celles-ci exercent la leur sur le cerveau, par le moyen des nerfs; par le moyen des nerfs, tout est sympathie dans la machine humaine, et le corps, un tout absolument indivisible.
Nous avons, sur la distribution et l'usage des nerfs encéphaliques, des vers français faciles à retenir, et qu'on ne sera pas fâché de trouver ici. Il n'y est question toutefois que de dix paires de nerfs, parce qu'alors on n'en admettait pas un plus grand nombre. Mais, depuis, Chaussier et d'autres anatomistes ont porté à douze paires les nerfs du cerveau :
Le plaisir des parfums nous vient de la première,
La seconde nous fait jouir de la lumière,
La troisième à nos yeux donne le mouvement,
La quatrième instruit des secrets de l'amant,
La cinquième parcourt l'une et l'autre mâchoire,
La sixième dépeint le mépris et la gloire,
La septième des sons fait ouïr les accords,
La huitième au dedans fait jouer cent ressorts,
La neuvième au discours tient notre langue prête,
La dixième enfin meut le col et la tête.
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Les artères sont des canaux élastiques qui, en se contractant subitement, poussent, dans le parenchyme de toutes les autres parties du corps, le sang qu'ils reçoivent du cœur. Elles animent, pour leur part, chaque molécule de la machine. Ce sont elles qui forment le pouls, et, comme elles sont en quelque sorte des prolongements du cœur, elles font participer les plus petites particules du corps aux affections de la poitrine, comme les nerfs aux affections de la tête. Ainsi le corps humain est encore, par les artères et par la distribution du sang, un tout absolument indivisible.
Les veines reprennent le sang des dernières extrémités du corps et le reportent au cœur, d'où il suit que le cœur est le centre du mouvement des fluides, comme le cerveau est celui du sentiment des solides.
Le sang, chez un adulte, est d'environ 30 livres ou un cinquième du poids général.
Le cœîir a 6 pouces de long et 4 de diamètre ; il bat 70 fois par minute, 4,200 fois par heure, 100,800 fois par jour, 36,772,200 fois par an, et, à chaque pulsation, il en tombe 2 onces 1/2, c'està-dire 175 onces par minute, 656 livres par heure, 7 tonnes 3/4 par jour. Tout le sang de notre corps passe par notre cœur en 3 minutes.
Nos poumons, à l'état normal, contiennent 5 litres d'air. Nous respirons, en moyenne, 1,200 fois par heure, inspirant 3,000 litres d'air ou 120,000 par jour.
On a donné le nom àe glandes ou gJanduIcs à certains organes, plus ou moins volumineux, qui ont pour usage de séparer de la masse du sang une humeur, ou excrémentitielle, c'est-à-dire destinée à être chassée hors du corps, comme k matière des crachats, l'urine, etc., ou recrémentitielle, c'est-à-dire propre à rentrer dans le corps pour la perfection de quelque fonction
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particulière, comme la lymphe, la bile, la semence et la salive, etc. Les glandes paraissent destinées uniquement à la perfection de la nutrition.
Quant aux organes des sens, tout le monde sait que c'est par leur moyen que l'homme connaît les divers objets propres à remplir ses besoins et à lui procurer ses plaisirs. Leur unique destination est de veiller assidûment à la conservation de l'animal, à la prolongation de son existence ils doivent donc avoir, comme ils ont en efifet, avec tous les autres organes de la machine animée, les rapports les plus étendus; et, comme c'est par le sentiment qu'ils ont de l'action, c'est par le moyen des nerfs qu'ils entretiennent ces relations ^
Voici quelques lignes très fines du poète allemand Rûckert; faisons notre profit de ces observations aussi justes que simples :
« Tu as deux oreilles et une bouche. Pourquoi te plaindre î Tu dois beaucoup écouter et parler peu, ne répéter que la moitié de ce que tu entends. — Tu as deux yeux et tme bouche : tu dois voir beaucoup de choses et en taire un grand nombre. — Tu as deux mains et une bouche : apprends à compter. Tu as deux organes pour travailler, un seul pour manger. »
Le poids du corps humain varie aux diff'érents âges : En moyenne, après leur naissance, les garçons pèsent un peu plus et les filles un peu moins de 2 kilos 750 grammes. Pendant les douze premières années, le poids des deux sexes est presque égal; mais, après cet âge, l'homme acquiert une prépondérance décidée. Ainsi les jeunes gens d'une vingtaine d'années pèsent en moyenne 65 kilogrammes, tandis que les jeunes femmes du même âge ne pèsent que 54 kilogrammes.