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I. Voyez J. Chatin, Les organes des sens. Paris

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Les hommes atteignent leur plus grand poids vers 35 ans, mais les femmes augmentent en poids jusqu'à 50 ans, et à cet îge la moyenne de leur poids est de 58 Idlogrammes. Les deux sexes, à l'âge mûr, pèsent à peu près quinze fois plus qu'ils ne pesaient le jour de leur naissance. Les hommes varient de 50 kilos à 104 kilos, et les femmes de 35 kilos à 94 kilos. Le poids moyen de la nature humaine de tous les âges et de toutes les conditions est d'environ 4 S kilos.

La peau se compose de trois couches et varie d'un quart à un huitième de pouce en épaisseur. Sa superficie en aire moyenne, chez les adultes, est de 2,000 pouces carrés. La pression atmosphérique étant d'environ 14 livres pour chaque pouce carré, une personne d'une taille ordinaire est sujette à une pression de 40,000 livres. Chaque pouce carré de la peau contient 3,500 tubes à transpiration ou pores, pouvant être comparés, chacun, à un petit tuyau de drainage, long de moins d'un centimètre, formant une longueur totale, pour toute la surface du corps, de 20:, 166 pieds, représentant un fossé de tuiles, pour le drainage du corps, de près de 50 kilomètres de long.

On divise le corps humain en tronc et en extrémités ou membres. Le tronc comprend la tête, le cou, la poitrine et le bas-ventre ou abdomen.

La tête est une boîte osseuse, recouverte de muscles, d'aponévroses, et des tégumetits, qui sont l'épiderme, la peau et le panicule graisseux. Elle renferme la dure-mère, la pie-mère, leurs duplicatures, les lobes du cerveau, le cervelet, la moelle allongée, l'origine des onze paires de nerfs cérébrales, des vaisseaux de toute espèce, plusieurs glandes, parmi lesquelles deux sont

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célèbres, la pituitaire et la pinéale, dont Descartes a fait le siège de l'âme.

On appelle en général forte tête un homme intelligent; or il se trouve que cette expression est d'accord avec la science, qui, sauf le cas d'hydrocéphalie, bien entendu, reconnaît aux hommes une intelligence proportionnée au volume de leur tête.

Il résulte d'un travail du docteur G. Delaunay que les races supérieures, au point de vue intellectuel, ont la tête plus volumineuse que les races inférieures.

On a même pu observer que le volume de la tête augmente de siècle en siècle, à mesure que l'instruction se répand.

Les hommes de génie tels que J.-J. Rousseau, Napoléon 1er, Cuvier, Byron, etc., avaient la tête grosse.

Il ne s'agit pas, comme bien on pense, de grandes différences dans le volume de la tête et de la matière cérébrale.

Ainsi, une « forte tête » mesure de 58 à 60 centimètres au plus, tandis que les têtes dites petites mesurent de 55 357 centimètres.

Seulement, cette légère différence suffit à expliquer des différences énormes dans la perception intellectuelle.

Que les femmes, les jolies femmes surtout, qui ont contracté l'habitude de se mordre les lèvres dans des moments d'impatience, de bouderie ou de contrariété se rappellent que Mme de Pompadour perdit la beauté de sa bouche et la faveur de son royal amant par suite de cette funeste manie.

Le cou, qui sépare la tête d'avec la poitrine, est formé par sept os nommés vertèbres cervicales. Il soutient les organes du goût, de la déglutition et de la voix, plusieurs gros vaisseaux sanguins, plusieurs nerfs, plusieurs glandes dont le plus grand nombre est

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destiné à la sécrétion de la salive. Le tout est enveloppé de muscles et de téguments communs.

La poitrine, qui porte, à l'extérieur, les mamelles surmontées de leur aréole, est faite de vingt-quatre côtes, de douze vertèbres nommées dorsales, et, par devant, d'un os appelé sternum. Elle renferme les poumons, la trachée-artère et les bronches, le péricarde, les gros vaisseaux sanguins, l'aorte et la veine-cave, le canal thoracique, ou chylifère, plusieurs nerfs qui intéressent la vie. Cette grande cavité est recouverte par beaucoup de muscles et par les téguments communs.

On trouve dans le las-ventre les viscères destinés à travailler les aliments, en commençant à la digestion et finissant à l'excrétion des résidus de cette opération de la nature. Cette troisième grande cavité du tronc est séparée de la précédente par un muscle essentiel, qui a des propriétés singulières ; on l'appelle diaphragrne. C'est là que l'on trouve le foie, l'estomac, la rate, les mtestins grêles sous les noms de duodénum, jéjunum, iléon, et les gros , sous ceux de cœcum , côlon et rectum , le pancréas, l'épiploon, les reins succenturiaux et les reins, les uretères, la vessie; et chez la femme les organes de la conception, qui sont la matrice, les ovaires, les trompes de Fallope, le vagin. On y trouve le mésentère, plusieurs gros vaisseaux sanguins, les vaisseaux laiteux, les deux réservoirs du chyle, et plusieurs larges plexus nerveux. Le tout est contenu par le péritoine, par les muscles abdominaux, par les fausses côtes, qui forment les hypochondres, par les cinq vertèbres lombaires et par les os du bassin.

La longueur du canal alimentaire est d'environ 32 pieds.

Cette grande cavité contient encore, chez les hommes, les cordons spermatiques et les vésicules séminales, organes destinés à

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la génération. Les autres parties qui servent à la même fonction, tant chez l'homme que chez la femme, sont situées à l'extérieur du corps et terminent le tronc.

Les extrémités sont dites supérieures ou inférieures. Les extrémités supérieures comprennent l'épaule, le bras, l'avantbras, le poignet et la main.

Jeté sur la terre nu et sans défense, l'homme, à l'aide de la main, a créé la civilisation en façonnant tous les instruments de travail. Grâce à elle, il a défriché les terres incuhes, bâti des cités, détourné des fleuves, construit des digues, vaincu l'Océan, commandé aux forces naturelles, asservi la matière.

Bêche, charrue, hache, truelle, aiguille, loupe, cornue, crayon, plume, pinceau, burin, tous les instruments et tous les métiers, voilà les armes de l'homme.

La main est donc l'instrument de l'intelligence .

C'est, comme le dit E. Pelietan, une annexe du cerveau, tellement en harmonie avec le cerveau, tellement dans la dépendance du cerveau, qu'elle suit en quelque sorte la fortune de la perfectibilité de la pensée; plus parfaite chez le civilisé que chez le sauvage, elle tombe dans la difformité chez le crétin. Aussi l'humanité reconnaissante a toujours réservé la place d'honneur à la main entre tous les organes. Quand l'homme veut donner un gage de sympathie, c'est la main qu'il charge de cette commission du cœur; c'est la main que le fiancé offre à la fiancée, lorsqu'il la conduit à l'autel; quand l'homme veut rendre un témoignage plus solennel de la parole, c'est la main qu'il lève au ciel : malheur au parjure; que sa main tombe séchée!

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L'habitude de se servir de la main droite de préférence à ]a gauche date des temps les plus reculés : les bas-reliefs des Assyriens en font foi ; de même , la galerie Kouryunjik du British Muséum en fournit des preuves, notamment en ce qui regarde les sculptures qui représentent la bataille livrée entre Assur Bani-Pal et les habitants de Suse. Les anciens Grecs étaient droitiers. Pindare et d'autres auteurs confirment cette opinion. D'un autre côté, l'on trouve dans la plupart des langues, sinon même dans toutes, un mot qui signifie gaucherie, si nous pouvons appeler ainsi l'habitude de se servir de préférence de la main gauche.

Si nous ne pouvons trouver l'origine historique de cette habitude, voyons du moins si, dans notre organisme, quelques raisons anatomiques pourraient l'expliquer. La plupart de nos organes sont doubles, et ceux mêmes qui sont simples présentent souvent des traces de duplicité, par exemple le nez, le cerveau, le cœur, le foie. De même, nous savons que le poumon droit, le rein droit, le côté droit du foie, les membres du côté droit dépassent en volume ceux du côté opposé, c'est-à-dire qu'ils renferment une plus grande masse de tissus, et que par conséquent les vaisseaux et les nerfs qui pourvoient à leur nutrition sont plus abondants. Si quelqu'un s'avance dans l'obscurité, ses pieds décrivent des arcs de cercle ; s'il est droitier, il tend à se diriger vers la gauche, parce que sa jambe droite décrit des arcs plus considérables.

La dextérité semble exister uniquement dans l'espèce humaine ; les singes se servent indistinctement de leurs membres du côté droit ou du côté gauche pour saisir les objets qu'on leur présente. Cependant les différences entre les viscères de l'un et de l'autre côté sont souvent plus grandes chez les animaux que chez l'homme, ce qui prouve bien que cette disposition n'est pas la cause essentielle de la dextérité, quoiqu'elle puisse produire une certaine tendance à se servir de la main droite. Le côté gauche du cerveau est plus volumineux que le côté droit; on a montré

que le centre des mouvements du membre supérieur droit résidait dans une circonvolution du côté gauche, de sorte que, en parlant et en réfléchissant, nous nous servons du côté gauche du cerveau à l'exclusion du côté droit. L'amnésie et l'aphasie chez les droitiers indiquent une altération de l'hémisphère gauche, et Brown-Séquard et Ferrier ont montré que l'on pouvait remédier à cette lésion en exerçant le côté opposé'. La paralysie des forgerons, la crampe des écrivains montrent les résultats d'un travail excessif de l'hémisphère gauche. Dans ce cas, le cerveau est fatigué, brisé, bien moins par l'excès du travail que par sa mauvaise distribution, et la conclusion à laquelle arrive le docteur HoUis 2, c'est que l'on devrait trouver un système d'éducation qui répartît également sur les deux côtés du cerveau tout travail intellectuel. En médecine, quand on se sert du microscope ou du stéthoscope, on emploie alternativement l'œil et l'oreille de l'un et de l'autre côté. Pourquoi ne ferions-nous pas la même éducation de nos mains? Alors la main gauche, au lieu de rester paresseusement au repos pendant que la droite sert à tous nos usages, prendrait sa juste part de travail auquel toutes deux sont destinées.

Les extrémités inférieures comprennent la cuissi, la jambe et le pied.

Lemontey * a fait Vèloge des genoux. Il débute par une description du mécanisme compliqué du genou, description où l'élégance des expressions s'enrichit des difficultés vaincues. L'auteur, passant ensuite à la dignité de cette partie du corps

1. Voyez Beaunis, Nouveaux éléments de physiologie. 2* édition. Paris, i88o.

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