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Lemontey, Raison, Folie, chacun son mot. Paris, i8oi

Des quatre humeurs du corps humain.

humain, y trouve établis les deux plus anciens cultes du monde : ceux de l'amour et de la piété. Il voit, en effet, dans les genoux, l'autel menacé où supplie l'amour entreprenant c l'autel miséricordieux où la prière en larmes vient fléchir les passions farouches. Si Priam ne les eût embrassés, Hector fût resté sans sépulture.

S'attachant particulièrement aux genoux de la femme, Lemontey en signale les ligaments souples , l'enveloppe polie et les séduisantes fossettes. Il distingue le genou tourné en dehors de celui qui est tourné en dedans, — et, naturellement, il donne la préférence à ce dernier, dans lequel il admire, dit-il, je ne sais quelle expression de modestie, de timidité fine , de mystère.

Considérant ensuite les deux genoux de k femme sous le rapport de leur fraternité, il applique à ces jumeaux cette belle maxime politique que, tant qu'ils resteront unis, ils seront invincibles .

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Les humeurs n'étaient pas toutes de la même nature, ni composées d'une égale portion d'éléments semblables. Il y en avait quatre principales, savoir : le sang {sanguis, de là sanguin), la hile jaune (cholos, d'où cholérique), la bile noire (mêlas cholos, mélancolique) et le phlegme (phlegma, phlegmatique). L'air était surabondant dans la mixtion des éléments propres à faire le sang; le feu, dans celle d'où résultait la bile jaune ; la terre, dans celle de la bile noire, et l'eau, dans la composition du flegme; puis, comme les organes des corps et les corps eux-mêmes résultaient nécessairement de cette combinaison élémentaire, il s'ensuivait que tel ou tel membre, tel ou tel individu était chaud quand le feu avait l'avantage, froid quand c'était l'eau, sec quand c'était la terre, et humide quand c'était l'air.

Enfin, en combinant chacune de ces qualités, ils faisaient les tempéraments et les nuances qu'ils peuvent avoir. Mais leur

physique n'allait pas plus loin ; ils l'appliquaient néanmoins aux végétaux, aux minéraux, à l'action des diverses substances de la nature sur les animaux, soit-à titre de remèdes, ou même de poisons, aux rapports des sexes, aux différentes saisons de l'année et aux différents climats.

L'anatomie, la physique et la chimie, perfectionnées depuis un siècle, ont détruit ces anciennes notions des tempéraments et leurs prétendus rapports avec les quatre éléments.

Nous savons maintenant que ces données sont inexactes ou du moins pèchent en plus d'un point.

Ainsi en avait cependant décidé la médecine ancienne, et d'après ces propriétés, renfermées dans le sang, pures ou mêlées, elle déduisait les divers tempéraments. Elle distinguait quatre tempéraments principaux : le cholérique, le sanguin, le flegmatique et le mélancolique.

L'anatomie, en conservant les premières divisions du corps humain et de ses parties, mais en considérant de plus près la structure des organes, leur position, soit naturelle, soit respective, les vaisseaux, les nerfs et leur action même dans le vivant, a découvert beaucoup de choses dont la connaissance était absolument nécessaire pour établir une physiologie digne du médecin philosophe.

La chimie, portant ses expériences sur les corps les plus inaccessibles à nos sens, a trouvé partout des composés moins composés, des agrégats plus simples, et les éléments eux-mêmes, sous des formes surprenantes et tout à fait nouvelles, Tair tenu en dissolution par l'eau, l'eau dissoute par l'air, le feu rendu parla terre, et fixe et plus dur que l'acier, la terre, à son tour, rendue par le feu brillante et volatile comme lui. Mais les humeurs, trouvées par les analyses les plus exactes presque totalement homogènes dans leur composition, ont été pourtant, à la fin, assez intimement connues pour qu'il fût aisé d'observer avec fruit leurs effets dans les corps animés.

Enfin la physique, débarrassée des plus nuisibles préjugés, a

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mieux envisagé les propriétés des corps naturels^ et, jetant un coup d'œil hardi sur les animaux, a mieux approfondi et mieux fait connaître le mouvement des fluides et la texture des solides, d'où résultent essentiellement la vie et les plus étonnants phénomènes de l'animalité.

On sait, aujourd hui, que chaque partie du corps humain a sa structure particulière, et chaque atome son organisation relative à l'entretien du tout; que nos organes ont une action et une réaction spéciale et mécanique, et une sensitive, les uns sur les autres; que les solides et les fluides, quoique résultant d'un mucus homogène et de la combinaison première des quatre éléments, n'en ont pas moins une fonction différente de celle que nous connaissons aux éléments; qu'il n'existe pas naturellement dans le corps humain quatre humeurs élémentaires, qui soient les sources de toutes celles que l'on nomme secondaires, et que c'est par la circulation du sang que sont produits et charriés tous les principes des fluides et des solides.

Tout homme possède la faculté de recevoir des impressions du dehors ; mais tous ne la possèdent pas au même degré, par suite de la perfection ou de l'exercice plus ou moins grand des sens.

L'âme peut être comparée à un instrument dont les cordes vibrent, chez l'un, au moindre attouchement, au plus faible vent qui passe; chez un autre, demandent pour résonner des efforts plus grands, une impression plus rude, tandis que chez un troisième enfin elle ne se réveille pas au choc le plus brusque. C'est en raison de la délicatesse de l'âme que se traduit l'activité extérieure de l'individu, vive et prompte, ou lente et mesurée, ou lourde et tardive. Les extrêmes sont rares, mais ils se rencontrent.

La prédominance de l'un des grands systèmes nerveux, sanguin, lymphatique, dit le docteur Cheron \ constitue un ensem-

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