RECETTE POUR LA GOUTTE
Un quarteron d'indifférence,
Autant de résolution,
Dont vous ferez infusion
Avec le jus de patience.
Point de procès ni de donzelle,
D'ambition ni de querelle ;
Grande portion de gaieté;
Deux onces de société
Avec deux dragmes d'exercice ;
Point de souci, ni d'avarice.
Trois bons grains de dévotion.
Point de nouvelle opinion.
Vous meslerez le tout ensemble
Pour en prendre, si bon vous semble,
Autant le soir que le matin,
Avec un doigt de fort bon vin.
Vous verrez que cette pratique
Aux médecins fera la nique.
Le titre seul de ce petit livre suffit pour donner une idée de la façon dont sont présentés les paradoxes plus ou moins ingénieux qu'il renferme :
Le fébricitani philosophe, ou Vêlage de la fièvre quarte, où il est doctcralement prouvé le bonheur de l'avoir, les avantages qui en résultent, et que ceux qui ne l'ont point encore eue ne peuvent la souhaiter avec trop d'ardeur, traduit du latin de Guillaume Menappe, savant docteur en médecine lorsqu'il vivait, par M. de Gueudeville, ouvrage très sérieux comique.
Au-dessous de ce long titre se voit un charmant fleuron de Bernard Picart, représentant un singe habillé en charlatan, monté sur des tréteaux et pérorant au miUeu de la foule.
Le frontispice ne manque pas de valeur artistique : il représente aussi un charlatan sur une estrade magnifiquement ornée. Le principal personnage, en costume et perruque du temps de Louis XIV, tient un parchemin revêtu d'un sceau, probablement
Contre les verrues.
le diplôme de médecin de quelque roi de Perse. A côté de lui. un personnage comique, Tabarin peut-être, et dans ce cas le charlatan serait Mondor, tient une calotte dans laquelle un jeune homme a puisé des médicaments, que dans un angle du théâtre en plein vent il distribue aux spectateurs, tandis qu'à l'angle opposé deux jeunes garçons, dont l'un marche sur les mains, exécutent des tours d'adresse. Au fond, une femme est assise auprès d'une table et paraît préposée à la recette. N'oublions pas un singe sur un perchoir. Parmi la foule amassée devant le théâtre se voit, sur le premier plan, un médecin en costume du temps, monté sur sa mule ou peut-être sur son âne, vers lequel quelques spectateurs se retournent d'un air moqueur.
Ce dessin est fort curieux, tant à cause du sentiment satirique dont il est animé que de la peinture exacte des habitudes des vendeurs d'orviétan de cette époque.
Un médecin anglais avait pour client un lord archimillionnaire qui menait une existence très large.
— Je souffre de la goutte, lui disait son riche client; que faire docteur ? '
- Vivez, répondit le médecin, avec un demi-schelling par jour, et gagnez-le.
Page 236. — Contre les verrues.
Il y a des gens qui se montrent très contrariés de ces excroissances qu'on nomme verrues ou plus vulgairement poireaux à ce pomt qu une jeune fille a failli périr d'un suicide inspiré par un motif aussi futile. r r
Il n'est pourtant pas difficile de s'en débarrasser, et voici un procédé fort simple, employé avec le plus complet succès par
Commentaires de VÉcole de Salerne.
le docteur Lisfranc, à l'hospice de la Pitié et dans sa pratique journalière.
On fait plonger dans une forte dissolution de savon noir la partie sur laquelle se développe une verrue.
Cette opération produit sur la verrue une cautérisation légère à sa superficie. On enlève tous les jours l'eschare qui couvre la surface de l'excroissance, et on obtient une entière guérison.
Il faut bien se garder de faire usage de l'acide sulfurique (huile de vitriol) ; c'est un agent très irritant et qui enflamme les verrues au lieu de les guérir.
Voici un autre procédé facile, mais un peu égoïste, — et dont nous ne voudrions pas garantir la valeur.
Il faut seulement envelopper dans un linge autant de pois que vous avez de verrues, et jeter le tout dans un chemin : aussitôt qu'un imprudent a ramassé le paquet, vos verrues lui poussent comme par enchantement et vous n'en entendez plus parler.
Page 237. — Contre la variole.
Quand cet aphorisme a été composé, on ne connaissait point encore le bienfait de la vaccine; il n'est pas douteux qu'il ne fallût recourir de nouveau, avec la plus grande confiance, à l'inoculation de la petite vérole, si par malheur l'effet préservatif de la vaccination venait à s'éteindre de plus en plus.
En effet, on ne peut point se dissimuler que dans le nombre immense d'observations que Ton a aujourd'hui des petites véroles, sur des sujets bien vaccinés, il y en a beaucoup qui militent forcément en faveur de l'opinion émise en Angleterre, que l'effet préservatif de la vaccine semble s'affaiblir d'autant plus qu'il s'est écoulé un plus grand nombre d'années depuis que le sujet a été vacciné.
Contre la fistule.
Page 239. — Contre les puces.
Singuliers, ces statisticiens! Voilà une statistique qui donne 1^ des démangeaisons dans le dos.
Un homme — devrais-je l'appeler homme? — s'est imposé l^a tâche de calculer le nombre de... puces qui vivent sur la peau de l'humanité dans les cinq parties du monde.
Figurez-vous qu'après plusieurs années de travail assidu notre statisticien est arrivé aux résultats suivants : on trouve sur la terre 843 quinquedécillions, 217 quatuordécillions, 808 tridécillions, 543 duodécillions, 289 undécillions,864 décillions, 328 nonilHons, 976 octillions, 822 septillions, 45 1 sextillions, 209 quintillions, 789 quadrillions, 794 trillions, 734 billions, 388 millions, 123 mille et 299 puces.
S'il prenait fantaisie à un homme de compter ces insectes, à raison de dix heures par jour, — spectacle qui aurait du piquant, — il faudrait 60 tridécilIions,453 duodécillions, 872 undécillions, 723 décillions, 707 nonillions , 539 octillions, 734 quintillions, 199 quadrillions, 734 trillions, 507 billions, 309 millions, 45 1 mille et 991 ans.
Brou ! ça vous donne envie de vous gratter.
Autrefois, pour éviter la piqûre des puces, il suffisait de répéter deux fois de suite le mot och.
Page 239. — Contre la fistule.
. Voilà un de ces aphorismes dont la doctrine se ressent du temps où l'ignorance et la crédulité faisaient rechercher et admettre, sans le moindre fondement, des recettes et des remèdes spécifiques pour toute sorte de maladies. Il n'existe pas et il ne peut point exister de véritables spécifi-
Commentaires de l'École de Salerne.
ques dans les maladies, parce qu'elles ne sont jamais les mêmes et que leur traitement doit être aussi différent et variable que les nombreuses causes qui les produisent, les changent et les modifient à l'infini.
Le traitement de la fistule doit varier selon l'espèce de fistule qu'on a sous les yeux, selon la cause qui l'a produite ou l'entretient, relativement à l'âge, au tempérament du sujet, à son état et à mille autres circonstances. Pour guérir une fistule, il faut toujours en découvrir le fond, soit par dilatation, soit par incision, soit par ustion. On y place des médicaments suppuratifs et cicatrisants, selon les occasions, et on en vient ordinairement à bout.
Mais assurer que l'orpiment, le soufre, le savon et la chaux mélangés ensemble, ou même combinés, donneront un remède spécifique dont il ne s'agira que de remplir quatre fois la cavité d'un ulcère fistuleux pour le guérir, c'est ce qu'il se faut bien se garder d'espérer ou même de croire possible.
Page 242. — Des maladies de la tête.
Rien n'éteint mieux le feu que l'eau jetée dessus en abondance: L'abus du vin met dans le corps une chaleur excessive, un véritable feu qui occasionne souvent une fièvre aiguë et des inflammations internes.
L'eau bue en grande quantité est seule capable d'éteindre ce véritable incendie du sang et de notre corps, et faire cesser lâ migraine, qui suit l'excès dans les boissons spixitueuses. Les conseils renfermés dans le présent aphorisme doivent donc être suivis.
Le marc de morelle ou celui de ciguë, de même que les eaux distillées de ces plantes, et simplement l'eau chaude, appliqués' en cataplasme ou en embrocation sur le front et sur les tempes, ne sauraient être nuisibles. Les parties aqueuses et calmantes, s'insinuant par les pores absorbants de la peau, gagnent le tissu cellulaire, et, pénétrant dans la masse du sang, le rendent plus
Contre le mal de dents. 539
doux et plus coulant. D'ailleurs, en calmant l'irritabilité des nerfs, il est nécessaire que la douleur cesse ou diminue. On peut encore, dans le cas dont il s'agit, employer l'oxyjj^ crat. Ce remède est fort bon dans le mal de tête qui vient de pareille cause.
Page 246. — Contre le mal de dents.
Les dents se carient et se perdent, si l'on n'a pas soin de les nettoyer et de les entretenir propres .
Pour prévenir la carie des dents et les douleurs qu'elles causent, il faut avoir soin de tenir la bouche propre et de bien nettoyer les dents, le matin et immédiatement après chaque repas.
Les moyens de conserver les dents et de les préserver de la carie sont : de se rincer la bouche tous les matins, à jeun et après les repas, avec un verre d'eau, tiède en hiver, et froide en été, dans laquelle on ajoute une cuillerée à café d'eau-de-vie ou d'eau de Cologne; de se nettoyer les dents avec une brosse douce, ou de racine de guimauve, ou de régnsse;de nettoyer aussi la langue avec un grattoir 1.
Les cure-dents doivent être faits de plume, de bois, d'or ou d'argent
On peut se servir de la poudre dentrifrice suivante, et non de celles qu'on trouve chez les marchands, qui sont dangereuses et corrosives :
3f Corail rouge 64 gr.
Sang-dragon i6 gr!
Carmen fin i gr.
Ecorce de citron. . . 4 gr.
Parisyr/g.""""'' '''' ^' édition.
540 Commentaires de l'École de Salerne.
Mêlez ensemble ces substances réduites en poudre très fine. Cette poudre donne aux lèvres et aux gencives une belle couleur rose qui dure toute la journée.
La fumée aromatique de l'encens et de la graine de poireaux peut avoir pour effet de raffermir les gencives, de fortifier les nerfs, d'arrêter les progrès de la carie.
La jusquiame n'a qu'une vertu sédative, calmante : on l'employait autrefois, on s'en sert encore aujourd'hui pour calmer la douleur violente des dents, mais ce n'est pas toujours sans le danger de produire des vertiges.
Du temps de l'École de Salerne, on croyait à la présence des vers dans les dents, et l'on faisait prendre la fumée de graines de jusquiame pour les faire sortir. On sait aujourd'hui que ces prétendus vers ne sont que ces graines entières qui s'échappent de leur enveloppe, par l'effet de la chaleur, sous l'apparence de petits vers.
Aucun remède ne saurait suffire, si les digestions ne se font pas bien chez le sujet. Car c'est l'action de l'estomac qui décide du sort des dents.
Page 251. — De LA phthisie.
On ne doit pas confondre la phthisie pulmonaire avec l'étisie, la fièvre lente, consomption, le tàbes. La fièvre lente ou fièvre de consomption, que tant d'auteurs ont nommée hectique, en diffère surtout par sa cause prochaine. La fièvre lente ou l'étisie consume le corps, épuise les forces sans qu'il y ait ulcération ; il y a m-ême souvent destruction lente de toute l'habitude du corps, sans fièvre, au moins dans les premiers temps, avec peu ou point de toux, sans crachement de pus.
Le lait, de même que la diète lactée ou féculente, convient dans toutes les espèces de consomptions, parce que ces maladies tiennent à des causes d'épuisement ou s'accompagnent d'épuisement ».
I. Fonssagrives, Thérapeutique de la phthisie pulmonaire, 2e édition. Paris, 1880.
Contre V indigestion.
Page 253. — Contre l'indigestion.
L'antiquité la plus respectable recommandait le vomissement comme un moyen sûr et prompt de débarrasser l'estomac.
Autant, au xvn^ siècle, on aimait les purgatifs et les clystères^ autant on répugnait à se faire vomir.
Guy Patin, doyen de la Faculté de Médecine de Paris 1, appelait le tartre stibié, tartre stygié, voulant dire par là qu'il envoyait ceux qui le prenaient aux rives du Styx. C'est Guy Patin qui dans son testament léguait à un de ses amis sa bibliothèque et sa haine contre l'antimoine. Des flots d'encre se consommaient alors pour et contre l'antimoine, au sein de la Faculté. S'il se publiait un livre intitulé : Le char triomphal de l'antimoine, à quelques jours de là paraissait Le Rahat-joie de l'antimoine.
Le tartre stibié sortit enfin triomphant de la lutte, ayant eu la bonne chance d'être prescrit à propos à Louis XIV encore enfant et de provoquer une crise salutaire.
On demandait à Mormon s'il fallait prendre médecine ou non ?
- Oui, pour ce que c'est avaler. Non, pour ce qu'elle xde 1 estomac.
La médecme moderne a très bien observé que ce genre d'éva cuation est familier à la nature et qu'il est extrêmement avantageux dans bien des cas. Le vomissement est peut-être en effet le meilleur prophylactique des maladies de toute espèce. Combien
PaVisf 1^!'"' ^^'^''^^-^ Réveillé Parise.
ÉCOLE
Commentaires de l'École de Salerne.
d'affections font de rapides progrès et traînent en longueur, qui ne seraient ou n'auraient été rien, si on les eût prévenues ou combattues avec les vomitifs.
C'est donc avec raison que l'École de Salerne fait l'éloge du vomissement fréquent, et pose en principe qu'il est utile dans tous les mois de l'année. Après son précepte sur la sobriété et la tempérance, celui qu'elle donne en cette occasion me paraît le plus sage et le plus utile .
La matière médicale fournit diverses substances, différents moyens, propres à provoquer cette excrétion. L'irritation mécanique du gosier, l'huile, l'eau chaude, l'ipécacuanha, le tartre stibié sont les meilleurs.
Les vomitifs que l'on emploie de nos jours sont bien plus aisés à doser, à administrer que les anciens, et c'est assurément une raison de les préférer. Le tartre stibié et l'ipécacuanha sont le plus généralement adoptés pour cela, et leur efficacité est toujours sûre quand on sait les administrer comme il faut.
L'émétique surtout nettoie efficacement les premières voies, anime puissamment les ressorts de la machine, prévient les maladies, en guérit beaucoup; mais il faut l'employer avec connaissance'de cause, et non pas empiriquement. Il faut mettre beaucoup de soin à découvrir l'indication qui le requiert, beaucoup de vigilance à l'administrer, beaucoup d'attention à en faciUter et à en modérer l'action. Les médecins seuls peuvent le manier de cette façon-là et l'administrer à propos.
Page 255. — Pour prévenir la dysurie.
Cet aphorisme n'appartient pas évidemment à l'Ecole de Salerne : la découverte de l'Amérique ne remonte qu'à l'année i493> et l'apparition de la syphilis, à l'année suivante ; mais les conseUs qu'il renferme sont bons; l'honneur en appartient à Nicolas Massa, et l'auteur des vers ne peut avoir que le mérite de la
Pour prévenir la dysurie.
versification, puisqu'il les a calqués sur un passage des œuvres de Massa, qui vivait vers l'an 1532.
Sans doute il est dans l'ordre de la santé, comme dans celui de la nature et des lois, que les deux sexes s'unissent. Les individus disparaissent, l'espèce dure; et ce violent désir qui porte un sexe vers l'autre est, chez les animaux, le vrai moyen dont 1 auteur des choses se sert pour les éterniser. Mais, afin de parer aux guerres, aux plus aff^reux tumultes qu'un instinct aussi terrible que l'amour ne manquerait jamais de jeter parmi les hommes, les lois ont obligé le désir à se renfermer dans de justes limites, et le mariage a remédié puissamment à ses plus désastreux eff^ets. L'amour, ainsi devenu légitime, peut se satistaire. et, rempli, il contribue beaucoup à l'entretien de la santé C est de cet amour que le commencement du présent aphorisme conseille de faire usage <.
Le reste enseigne à de malheureux époux à se préserver des maux qui suivent ordinairement l'amour vulgivague du libertin Le moyen est simple et facile 2.
Il n'est guère d'affections qui prédisposent à l'hypochondrie comme celles des organes génito-urinaires. Le plus lé^er écoule ment uréthral plonge bien des jeunes gens dans une mélancolie qui cherche le moindre prétexte pour s'exaspérer
Mais c'est surtout peut-être du côté des foncions génésiques que nous trouvons prétexte aux plus folles terreurs, aux craLs les moins fondées. Un homme s'aperçoit-il de quelque faiblesse'
ports conjugaux, 6e édition. Paris, 1874 ' "^^^
Commentaires de l'École de Salerne.
de quelque irrégularité dans l'accomplissement de ces fonctions, aussitôt, au lieu de ne voir là qu'un effet passager et sans cause durable, il cherche dans sa vie passée les raisons de cette décadence, et il les trouve toujours. Le souvenir d'excès qu'il a pu commettre, revient à son esprit et lui semble justifier parfaitement la perte irréparable de sa virilité. Que n'a-t-on pas mis sur le compte de l'onanisme i? et de même, quel rôle d epouvantail n'a-t-on pas fait jouer aux excès vénériens 2? L'une et l'autre habitude certainement sont fort mauvaises et méritent peu d'encouragements, mais il est permis de dire que l'on a beaucoup exagéré leur rôle dans la genèse des maladies de l'âge adulte. ^
Quand un malade va se plaindre à vous de celte hypochondrie en vous en exposant les causes, souvent, du même coup, il vous en propose lui-même le traitement.
Selon quelques livres à l'usage des gens du monde, et selon quelques médecins, hélas 1 il faut entrer dans ses vues, lui dire qu'en effet ses excès vénériens d'autrefois sont la cause de tout le mal, mais que l'usage doit constituer le moyen de réparer les suites de l'abus; réglez, fixez vous-même les conditions de ce singulier mode de traitement, et le malade vous en saura gré. Ne craignez pas qu'il oublie la moindre partie de l'ordonnance; ne craignez pas non plus qu'il soit vite désabusé.
Eh bien! non, les prescriptions de ce genre nous paraissent peu conformes au rôle que doit remplir le médecin. Prescrire un pareil remède dans ces conditions, c'est d'une honorabihté douteuse; puis, en le recommandant, garantissez-vous le malade
T Voyez H. Fournier, De l'onanisme, causes, dangers et inconvénients pour les individus, la famille et la société, remèdes. Paris, 1875, I vol. in-i8 jésus.
l VoyeVLouis Jullien, Traité pratique des maladies vénériennes Paris, 1870. - Diday, Exposition critique et pratique Jes nLenes docJ?ines sur là syphilis, suivie d'un Essai sur de nouveaux moyens préservatifs des maladies vénérienne . Paris, i858, i vol. in-i8. - Ricord, Lettres sur la syphilis, 3e édition. Paris, i863.
Contre Vampoule du pied.
contre les dangers que peut en offrir l'application? Que le malade emploie ces moyens, s'il le désire, mais que ce soit à ses risques et périls, et qu'il en garde toute la responsabilité.
Il est bien plus indiqué d'employer alors un traitement moral que le traitement immoral dont nous parlions plus haut. Consolez votre malade, montrez-lui l'inanité de ses craintes, soutenez son courage, ajoutez à ces conseils, lorsqu'il y a lieu, un traitement matériel variable selon les cas, et, en même temps que la dignité professionnelle, la santé de votre malade ne pourra qu'y gagner.
Page 260. — Contre l'ampoule du pied.
Nous n'avons rien à ajouter sur V ampoule du pied 1 .
Mais comment ne pas saisir l'occasion pour parler du cor au pied, et surtout pour citer ces charmants vers dus à la plume élégante et à la verve facile d'un de nos contemporains, dont nous nous gardons de trahir l'anonyme :
Je suis le cor aux pieds, et c'est moi qui proteste Contre le cordonnier et son cuir oppresseur. L'élégance m'impose un joug que je déteste; Je veux que tu sois libre, ô phalange, ma sœur.
En vain le pédicure en son dessein funeste. Le scalpel à la main, réduit mon épaisseur. Il se croit triomphant! Erreur! le sol me reste- J'y renais plus puissant contre l'envahisseur. '
Le gommeux voudrait bien, comprimant la nature Faire admirer un pied plus grand que sa chaussure Le bottier, son complice, est aussi son bourreau. '
Qu'un aveugle instrument nous taille et nous nivèle La persécution redouble notre zèle : ' Oignons, durillons, cors, nous narguons GalopeauS.
1. Voyez Galopeau, Manuel du pédicure ou l'art de soisner les pieds. Paris, 1877. ou<s«cr