Yy Georges C, Ga^ des hôp., 9 févr
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Page 260. — De L'ACCOUCHEiMENX CLUAND LE BASSIN EST MAL CONFORMÉ
A l'état de nature, les femmes accouchent avec la plus grande facilité et se rétablissent aussi très vite. Elles se retirent dans les bois ou s'enferment dans une cabane et y font leurs couches.
C'est ainsi que les Indiennes, aussitôt après avoir mis au monde un. enfant, vont elles-mêmes le plonger dans les eaux du fleuve le plus voisin. Long, ayant demandé un soir à un Indien où était sa femme, apprit qu'elle était allée dans les bois tendre un piège à une perdrix, et une heure après elle revint, portant dans ses bras l'enfant qu'elle portait, un instant avant, dans son sein.
En Perse, ainsi que dans les autres pays de l'Orient, il n'y a pas. de sage-femme. Les parentes âgées et les femmes les plus graves font cet office. Chardin nous apprend que, comme il n'y a pas de vieilles matrones dans le harem, on en fait venir du dehors, dans le besoin.
Chez certaines peuplades de l'Afrique, dit Winter-Bottora, l'accouchement est très facile; il est abandonné entièrement à la nature, et personne ne sait qu'une femme a accouché que lorsqu'elle se montre avec son enfant sur la porte de sa cabane.^
Plus les femmes s'éloignent de l'état de nature pour se jeter dans le luxe et le raffinement des plaisirs, plus leurs forces s'a{ïaiblissent et plus le travail de l'accouchement devient douloureux. Cela est si vrai que les femmes de la campagne, vivant au milieu de conditions hygiéniques moins bonnes en apparence que celles dans lesquelles se trouvent les femmes des villes adonnées à tous les plaisirs mondains, accouchent généralement avec plus de facilité et avec moins de souffrance ; de même les animaux domestiques mettent bas leurs petits moins facilement que les mômes animaux vivant à l'état sauvage.
Quoi qu'il en soit de l'influence de la civilisation et de la vie
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des villes sur la terminaison plus ou moins rapide et plus ou moins heureuse de l'accouchement, il n'en est pas moins vrai que la présence du médecin auprès d'une femme en travail est toujours utile , nous dirions même nécessaire.
On dit qu'une femme est mal conformée pour accoucher, quand les os qui composent le bassin sont, chez elle, ou mal faits, ou mal articulés entre eux, de façon qu'ils ne laissent, dans la cavité qu'ils forment, qu'un espace rétréci et trop étroit pour qu'un enfant de neuf mois puisse y passer et parvenir à la lumière. Cet espace, nécessaire à la sortie d'un enfant hors du sein maternel, est circonscrit par un rebord osseux, que l'on connaît en médecine sous le nom de détroit. La partie supérieure s'appelle détroit supérieur, et la partie inférieure détroit inférieur. Pour être bien conformé, il doit avoir environ onze centimètres de diamètre. Quand il en a moins, l'accouchement devient de plus en plus difficile par les voies ordinaires, proportionnellement aux degrés d'étroitesse, et il est aisé de voir que la difformité peut enfin aller jusqu'à le rendre totalement impossible ».
Quand la conformation n'est pas assez vicieuse pour rendre l'accouchement impossible à neuf mois de grossesse, on l'aide par des potions fortifiantes, des médecines adoucissantes et émollientes, propres à favoriser la dilatation des voies naturelles. La main d'un accoucheur intelligent et adroit peut le terminer avec avantage.
Mais, si la mauvaise conformation est telle que le fœtus ne puisse absolument franchir les détroits par les forces naturelles, ni par aucun des secours précédents, il faut pour lui procurer le
I. Voyez Chailly Honoré, Traité pratique de l'art des accouchements, 6e édition. Paris, 1878. — Naegelé et Grenser Traite pratique de l'art des accouchements, 20 édition Paris l'sSo — P&nzvd, Guide de l'accoucheur et de la sage-femme'A^ éàhlon Pans, 1878.
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jour, aussi bien que pour sauver la mère, de trois choses l'une : ou agrandir le détroit, ou diminuer le volume de l'enfant, ou enfin lui frayer des routes artificielles.
Des trois moyens, celui qui parut le plus prompt et le plus aisé fut celui qu'on adopta. On crut voir qu'il était tout simple de faire au ventre d'une femme grosse une ouverture assez grande, assez profonde, pour permettre à la main d'un accoucheur d'aller au fond de la matrice, étonnée de se voir attaquée par le fer et divisée dans sa substance, tirer un enfant qui n'était pas fait pour en sortir ainsi. On fit l'opération césarienne, sans se douter que le moyen le plus simple en apparence pourrait être en effet le plus difficile et le plus dangereux, comme il est le plus cruel. On dit pourtant que la première fois elle fut heureuse, et il est certain que depuis oii l'a faite encore avec succès. Mais on ne saurait envisager de sang froid l'opération césarienne sur le vif, et plus on en considère de près les dangers, plus on en est effrayé. Néanmoins elle est utile, et la seule qui convienne, dans les conceptions ventrales, dans les ruptures de la matrice, après la mort de la mère, quand on peut encore sauver l'enfant.
Revenant donc aux premières considérations à faire pour les cas de mauvaise conformation, on a pensé à l'agrandissement du bassin. Ayant observé la marche de la nature durant la grossesse, depuis l'instant de la conception jusqu'au terme de l'accouchement, on a vu que les symphyses des os du bassin s'infihraient toutes peu à peu, s'étendaient, se dilataient, que, par les douleurs de l'enfantement, elles se rompaient quelquefois, s'écartaient, et l'on en a conclu, justement sans doute, que la nature elle-même indiquait d'agrandir les détroits pour favoriser la sortie de l'enfant hors du sein de sa mère.
C'est cette opération que l'aphorisme conseille de substituer à l'opération césarienne dans tous les cas où l'accouchement est rendu impossible par la mauvaise conformation du bassin, hors ceux où j'ai dit que l'opération césarienne était seule possible. Elle est en effet beaucoup plus simple en elle-même, d'un appareil
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bien moins effrayant, d'un succès bien plus assuré. Cependant, il reste encore des doutes à lever, avant d'établir sa prééminence sur tout autre moyen.
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