LA LITTÉRATURE ET LES MŒURS
La Vie est la grande génératrice de toutes les littératures. C'est elle qui détermine les mouvements de la Pensée : Voyez les autres évolutions littéraires, toutes sont la conséquence d'un changement de mœurs ou d'une transformation sociale.
Comme rien ne stagne perpétuellement et que le progrès imprime à la vie une direction continue d'en- avant, à chaque étape de la société correspond une nouvelle forme littéraire. Les hommes seraient impuissants à éterniser une littérature quelconque ; quand même ils parviendraient à comprimer l'idée nouvelle, le dégoût du
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passé, Tanxieuse attente de rinconnu suffiraient à provoquer ces changements de forme.
C'est que la littérature est bien Tâme de la société. Elle en reflète toutes les idées, elle en est plus que la chair, plus que le sang : elle est le souffle qui lui donne l'expression de la vie*
Les monuments ne portent pas toujours une empreinte si fîdè'e et si forte de la caractéristique des temps. La pensée écrite embrasse toute une époque, en résume toutes les tendances et est la source unique de cette vie Técu3, vivante, pantelante que nous aimons, et qui nous secoue jusqu'au fond de Têtre par d'électriques et vibrantes commotions.
Le Naturalisme a été l'image exacte de cette société bâtarde faussement appelée républicaine ; il la représente telle qu'elle est. Ceux qui le trouvent outré ne doivent s'en prendre qu'à notre époque dont il ne fait que réfléchir les vices sans exagération . Il est bien la vraie littérature de ces temps de curée, où, sans frein, sans gouvernement, les hommes de toutes les classes, torturés par le ventre, s'abandonnent à leurs instincts de brutes, pêle-mêle, comme les empereurs romains avec leurs esclaves sur la fin de quelque monstrueuse et abominable orgie.
Mais aujourd'hui on se reconnait; onsait quelesappétits de quelques-uns seraient domptés plus facilement par la faim que par les victuailles : chacun reprend son rang et le monde son antique équilbre. Une épaisse somnolence d'impuissance et de dégoût se répand sur la
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terre; l'honnête homme exaspéré par le triomphe du Mal I et vaincuparromnipolenced*unedestmëe hostile s'affaîe } de lassitude, de torpeur et d'ennui.
I Une littérature nouvelle, correspondant avec Tëlat I mental de la société, devait être la conséquence de cette . situation d'esprit et de la séparation des classes.