SCÈNE IX FIFINE, ANDRÉ, MADAME MEILLET
MADAME MEILLET, allant à Fifine.
Bonjour, ma petite chérie... Voyons, ça ne va pas ce ménage?.. Il y a des gros chagrins et des grandes colères. Nous allons les guérir. Toi, Andi'é, va-t'en... va-t'en là-bas... au fond, lire ton joiu-nal. Nous allons causer toutes les deux comme deux amies... Allez-vous en, vilain André!... Allez I allez I (a Fiftne.) Asseyons-nous, il a été méchant le petit mari?
FIFINE
Il est inutile de ine parler comme à une enfant
MADAME MEIlLeT.
Séchez vos yeux.
FIFINE
oe ne pleure pas.
MADAME MEILLET
C'est vrai, vous ne pleurez pas. Alors on boudo?
FIFINE
Je VOUS assure, madame, que je ne suis pas une fillette. :
MADAME. MEILLET
Soitî Causons comme deux dames- âgées. Vous me reconnaissez bien le droit, alors que je vois mon fils malheureux, de m'inquiéter auprès de vous de ce.qui lait sa peine? ^
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l^'ÉGOLE DES BELLBS-MÈRES
FIPINE.
C'est moi qui suis malheureuse et non lui,
MADAME MEILLET
3h ! mon enfant, je connais mon fils, il est la bonté et la droiture mêmes et je sais bien que, si l'un de jvous^'deux a des torts envers l'autre, ce n'est pas lui i vis- à-vis de vous.
FIFINE
C'est moi qui ai tort.
MADAME MEILLET
J'en suis'certaine. Vous conviendrez, n'est-ce pas? qu'il y a plus longtemps que vous que je connais André, et si vous ne savez pas apprécier les rares qualités de son cœur, j'ai été à même de les mettre à l'épreuve,
FIFINE, agacée.
Eh bien, madame, c'est entendu, votre flis est un ; ange et moi, je suis un monstre. C'est un ange, c'est un ange, c'est un ange, je le dis» je le répète, je le proclame, il a toutes les vertus et moi tous les défauts. J'ajouterai même qu'il a des clients, si vous voulez... cela doit vous suffire.
MADAME MEILLET
Oh! quel petit caractère vous avez, madame 1 Je comprends que la vie avec vous ne soit pas tout rose pour mon pauvre André. Le malheureux enfant méritait mieux que cela.
FIFINE
Bk bien, il fallait lui trouver mieux.
MADAME MEILLET
Je regrette de ne pas l'voir fait.
L'ÉCOLE DES BKLLES-MÊRSâ 39
PIPINE.
Regrettez-le et laissez-moi tranquille
Madame meillet.
Vous êtes une mal élevée.
PIPINE.
Et vous...
ANDRÉ
Fifine, je te défends de parler à ma mère sur ce
ton -là.
PIPINE.
Alors dis-lui à ta mère qu'elle me laisse la paix.
Et je t'ordonne de te taire! Je n'ai jamais manqué de respect à ma mère, moi, et je ne veux pas qu'une gamine de ton âge...
PIPINE.
oamine...
ANDRÉ
Oui, gamine I Et si j'avais su prévoir ton manque îde cœur et ton impertinence...
PIPINE.
Qu'est-ce que tu aurais fait?
ANDRÉ
Tais-toi^ tu es ime petite sotte.
MADAME MEILLET, pleurant.
Ne vous disputez pas pour moi... je m'en vais.... mon pauvre André.
ANDRÉ
Reste ici, maman, Fifine te doit deâ excuses et ^elle^te les fera. .
FIFINE^ 'narqu<>ite.
Ahlahl
SniroBt M. «t madam*