SCÈNE X
FIFINE, ANDRÉ, MADAME MEILLET, M. et MADAME GRAINDOR.
MADAME GRAINDOR.
Qu'est-ce qu'il y a?
GRAINDOR.
Qu'est-ce qu'il y a? On vx)us entend d'en bas.
MADAME GRAINDOR. * .•
J'ai cru qu'on se battait ici. Qu'est-ce qu'ils t'ont fait, ma pauvre Fifine?
ANDRÉ
Elle a été insolente avec ma mère, et je veux qu'elle lui demande pardon.
Nota: Ce qui suit doit être dit conformément aux indications. Les personnages parlant ensemble ou sépai'émetit comme le feraient des chanteurs dans um quintette. Lire ce qui suit comme de la musique :
/ FIFINE.'. . y* • Je a'ai pars été insolente! = ' — ; , ■
j ANDRÉ Si tu l'as été. — — - — ^:
M* MEILLET. (pleurant.) j'aurais mieux fait de mourir.-
I M« GRAINDOR, i - ■ ' • ; Ma fille insolente ! — ^
GRAINDOR... Ohl ? : -^— ^
L^ÉGOLE DES BEtLES-MÉRES- 41
/ FIFINE......V • Jamais! — — -^ '-
I ANDRÉ ...... Mère (Mère I ————————— — 1— — —
< M* MEILLET.. '• (tonjonr» pleurtnl.) Elle fera ton malheur.
IGRAÎNDOR.*, Voyons, mes enfants, embrassez-vous.
V M^GRAINDOR. — — -^ — '- — —— c'est lui f;'û—
! FiFINB Non !. '. — rr-Trr.-irw^.É.5-^r— r-r-^rr — \ ^ \
I ANDRÉ. . • • , . -^ . — «— -;^__-— ---
M" MEILLET. (toujours plenrtnjt.) — — — Mon Dieu! mon Dieu!
f QRAINDOR... Fifln^, va embrasser ton mari. \
, M^GRAINDOR.fera le nôtre. Pourquoi donc ça t nV va pas fiflne. —
FIFINE...... II m'a appelée petite sotte, petite sotte, petite sotto.
I ANDRE Ahl si elle suit vos conseils. Tu-l*avais mérité.
M® MEILLET.. (pleuraot jnsqu'à la fin.) Hou! Houî Mon Dieu! —
I GRAINDOR... — • Voyons, André. — Voyons, Marie t
M*GRA1ND0R. — ^— - Elle aura raison. — — Petite sotte.
FIFINE — ' Ç*est la tienne oui l -; G*est la tienne.
ANDRÉ c'est ta mèrequi estcausedetout cela. Oui, c'est ta mère.
M® MEILLET.. — — Moi î Mon Dieu! Mon Diou!
GRAINDOR. .. Voyons, Fifine, va embrasser ton mari. —
M«GRAINDpR. Moi I ^Je te le défends.
FIFINE ; — — On veut me tenir enfermée ici.
I ANDRÉ : Pas vrai !
M» MEILLET. . Votre fille est une mal élevée! On veut...
' GRAINDOR... : Madame Meilletl Mais vivons. Ma te!
M® GRAINDOR. — Et vous qu'est-ce que vous êtes?
FIFINE . . .\ . . — '■ '- ' —
ANDRÉ
M" MEILLET.. que vous fassiez votre devoir qui est do vous pcctf.er de la maison, et non d'ètro toujours dehors.'
GRAINDOR...
M* GRAINDOR. '- Vous ne ferez j.as la loi ici, vous.
Googl^
i*ÉGOLE DES BELLES'MÈRES
FIFINE
ANDRÉ
G* est trop fort!... c'est trop fort I Parfaitement f Parfaitemest t ~ '
1 M° MEILLET.» j'ai autant le droit de faire la loi ici que vous. Je suis \ chez mon flla.
I GRAINDOR. . . Etes-vous entêtés à la ■ ,
1 M* GRAINDOR. Nous verrons^ je suis chez ma fille. '
FIFINE. ..... ■: »— ^ — ~-^ ■ "' — Jamais !
~\ ANDRÉ^. .... . — ■ — - — Tu feras des excuses à ma mère. —
M^MEILLET. . =--'t)Uoi! — ■ Laisse-la donc 1
' GRAINDOR. . . fin de vous disputer comme ça. Tu vas te taire!
M° GRAINDOR. Avec ses manières dirait-on pas I Non, je me tairai pas. TOUS, criant.
/ FIFINE Qu'elle m*en fasse d*a2)ord> ce n*est pas moi qui ai
été la chercher. Non! je n'en ferai pas^ non!
ANDRÉ On 4ira ce qu'on voudra» mai» jamais je ne permettrai
qu'elle soit impertinente-avec ma mère.
M*' MEILLET.. Vous n'avez jamais su élever vos enfants. Vous avez
ffiiit de votre fille une enfant gâtée ! Oui t GRAINDOR. . . Vous allez vous taire tous et ne pas parler comme ça
tous à la îois. Je veux qu'on se taise !
Mc GRAINDOR. Ma fille ne s'est pas mariée pour faire une esclave. Mon devoir est de la défendre et je la défendrai.
GRAINDOR, h sa femme.
Marie! Taîs-toi! André a raison! Le devoir de Fifine est de s'occuper davantage de son ménage.
FIFINE
Moi!
MADAME MEILLET ET ANDRÉ, triomphants. *
Ah!
MADAME GRAINDOR.
Mais...
GRAINDOR.
^i si l'on m'avait écouté lorsque je m*opposais à
ce que les enfants habitent avec nous, cela ne serait pas arrivé.
MADAME MEILLETy sanglote avec des:
Mon Dieu I mon Dieu !
Madame Graindor pleure également.
FIFINE, regarde sen père> puis après un silence.
Àhl c'est ça, c'est bien, alors! c'est bien! (Elle ôte
Bes boucles d'oreilles^ ses bigues, sa brocbe, — fiévreusement et les jette sur un meuble. Elle arrache les dentelles de son corsage ^t sort violemment.) C'est bien, alors. c'estblenl
MADAME MEILLET
Pour la dot que vous lui avez (ionnée> elle ne peut pas avoir dix domestiques...
MADAME GRAINDOR.
Gomment, pour la dot! Et vous qui...
GRAINDO R.
Va donc voir ce que fait ta fille!...
MADAME GRAINDOR» qui ne l'avait pas vue sortir.
Fifine? où est-elle? Fifine?
Elle sort. — Madame Graindor revient avec Fifine qu'elle tient par la main.
FIFINE
Laisse-moi! laisse-moi I Puisqu'on veut que je sois la bonne... Laisse-moi... Je vais retourner à la cuisine pour laver la vaisselle.
Elle a une crise de larmes, *des sanglots d'enfant. Elle .essuie ses yeux avec le revers de sa main. — Un gros chagrin. ^
MADAME GRAINDOR.
Fifine... ma petite Fifine I... Je t'avais bien dit qu'il ferait ton malheur.
44 L'ÉCOLE DES BELLES-MÈftlft
ANDRÉ
Lais86z-la!
MADAME GRAIKD0B«
C'est ma ûlle> monsieur.
AK0Ei«
, C'est ma femme I \
MADAlIlî GRAINDOR. -^-
Vous êtes ici chez moi.
AKDRÉ.
Eh bien! Je m'en vais.
MADAME GRAINDOR.
Je ne vous retiens pas.
GRAINDOR.
Voyons, w
MADAME GRAINDOR.
Laisse donc! Il retourne chez sa mère.
ANDRÉ
Parfaitement ! (a sa mère.) Partons ! (a madame Grâin-
dor.) Et si Fifine veut venir me rejoindre elle viendra.
Il sort avec sa mer*.