‹ L'école des belles-mères: comédieChapitre 9 sur 21 · SCENE VU FIFINE, MADAME GRAINDOR · texte numérisé non relu

SCENE VU FIFINE, MADAME GRAINDOR

MADAME GRAINDOR, éclatant.

Ah! c*û^i trop fort! Ah! je ne m'attendais pas à çr» do loi I Ahl non! Pendant une d,emi-heure on insulte la mère devant toi et tu ne trouves rien à dire, et tu ne prononces pas un mot pour la défendre I

FIFINE

Mais^ maman, André ne t'a pas insultée.

'i8 rÉGOLE DES BELLES-MEREë

MADAME GRAINDOR.

C'est cela, approuve-le, mon enfant. C'est parfait I il ne te manquait plus que de l'approuver... Ah I lé mal élevé, le grossier personnage!... le... Je ne sais pas comment j'ai pu me contenir aussi longtemps... Et moi, bonne tête, je lui apportais des cigares ! Ah ! non! tu me trouverais trop sotte et l'on se moquerait trop de la vieille ici.

EUe remballe les cigares.

FIFINE

Mais/maman...

MADAME GRAINDOR

C'est bon! c'est bon! je sais ce que je fais! Des exquisitos pour.monsieur ! A quatre-vingts centimes!. • Ah ! ah ! Ton père les fumera et jusqu'au boat et il ne les gâchera pas, et il sera bien content. Et lorsque « mossieu » voudra bien nous faire l'honneur de venir dîner à la maison, on lui en donnera un...

au dessert. (Elle porte le paquet à la porte du fond.) Léon-

tine, redescendez -moi cela!

Tu n'es pas raisonnable, voyons. Tu ne peux pas lui reprendre.

MADAME GRAINDOR;

Non, je me gênerai.

FIFINE. *'

Mon mari..^ . •

MADAME GRAINDOR. '

Mon mari... mon mari !... Eh bien, quoi, toiLmaii! On dirait que tu parles d'un bon Dieu 1 II ne me fait pas peur, tu çais, ton médecin de quatre sous,, sans clients ! .

' FIFINE

" Ce n'est pas de sa faute s'il n'y a pas de malar des... Tu as mal. compris 'ce qu'il te disait. ,

MADAME GRAINDOR.

C'est ça, je suis une imbécile n'est-ce pas'? C'est lui qui t'a appris, à me répondre- comme ça I

FIFINE

André a très bon cœur et il t'aime beaucoup.

Eh bien moi, je le déteste ! . . . Depuis le premier jour où il a été question d'un mariage avec toi. Je mç force pour lui faire bonne mine parce que c'est mon devoir, et si je le soigne à table, si je lui fais des cadeaux, c'est pour toi, c'est pour q\i'il ait plaisir à venir chez nous, c'est pour qu'il fasse toutes, tes volontés. Je te dis que je le déteste, ton mari.

FIFINE

Qu'est-ce qu'il t'a fait ?

MADAME GRAINDOR.

Ce qu'il m'a fait ? Il t'a prise ! Je suis jalouse dé lui, si tu veux le savoir.

FIFINE

Je ne te comprends pas.

MADAME GRAINDOR.

Tu me comprendras quand ce sera ton tour.

FIFINE

Cette histoire de cigares lui causera beaucoup de chagrin.

MADAME GRAINDOR.

Tant mieux ! Nous ne serons pas encore auittes-

£t qu'est-ce que tu vas faire, toi? Tu vas te laisser mener pur le bout du nez. Réponds, entre ta mère et' loumari, tu n'hésiteras pas, hein?.. Tu choisiras ce' bol oiseau-lù 1 Dieu se chargera de te punir.

FIFINE

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