‹ L'école des femmesChapitre 11 sur 44 · SCENE IL ALAIN, ARNOLPHE, GEORGETTE · texte numérisé non relu

SCENE IL ALAIN, ARNOLPHE, GEORGETTE

ALAIN

Ah ! monsieur, cette fois.

ARNOLPHE

Paix. Venez çà tous deux.

Passez là , passez là. Venez là, venez, dis-je. GEORGETTE.

Ah ! vous me faites peur, et tout mon sang se fige. ARNOLPHE.

C’est donc ainsi qu'absent vous m'avez obéir Et, tous deux de concert, vous m'avez donc trahi?

GEORGETTE, tombant aux genoux d'Arnolphe.

Eh ! ne me mangez pas, monsieur, je vous coujure.

( Alain tombe aussi à genoux. ) 4

2 ALAIN, à part.

Quelque chien enragé l’a mordu, je m'assure.

ARNOLPHE, à part.

Ouf. Je ne puis plus parler, tant je suis prévenu ; Je sufloque, et voudrais me pouvoir mettre nu. (à Alain et à Georgette.) Vous avez donc souffert, 6 canaille maudite ! ; à (à Alain qui veut s'enfuir.) Qu'un homme soit venu. Tu veux prendre la fuite ! (à Georgette. ) I faut que sur-le-champ.…. Si tu bouges… Je veux (à Alain. ) Que vous me disiez.… Euh! oui , le veux que tous deux... ë ( Alain et Georgette se lèvent et veulent encore s'enfuir. ) Quiconque remüra , par la mort ! je l'assomme. Comme est-ce que chez moi s’est introduit cet homme? Hé? parlez. Dépêchez, vite, promptement, tôt, Sans rêver. Veut-on dire ?

ALAIN et GEORGETTE..

Ab! ah! | , GEORGETTE, retombant aux genoux d’Arnolphe, Le cœur me faut.

ALAIN, retombant aux genoux d’Arnolphe.

Je meurs. | ARNOLPHE, à part.

Je suis en eau; prenons un peu d'haleine ; I faut que je m'évente, et que je me promène. Aurais-je deviné, quand je Pai vu petit, Qu'il croîtrait pour cela ? Ciel ! que mon cœur pâtit ! Je pense qu'il vaut mieux que de sa propre bouche Je tiré avec douceur l'affaire qui me touche. Tâchons à modérer notre ressentiment :

Patience, mon cœur, doucement, doucement.

(à Alain et à Georgette. ) 3 K evez-vous ; et, rentrant, faites qu'Agnès descende. (à part.) Arrêtez. Sa surprise en deviendrait moins grande, Du chagrin qui me trouble ils iraient l’'averur ; Et moi-même je veux l’aller faire sortir.

(à Alain et à Georgette. ) Que l’on m'attende ici. |

COMÉDIE. 3 SCÈNE IIT.

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