‹ L'ecole des moeursChapitre 4 sur 30 · V. L AUXOaiXÉ ET JLE A£SP;E€T · texte numérisé non relu

V. L AUXOaiXÉ ET JLE A£SP;E€T

les parens veulent que leurs enfans aient de l'estime et du Wpect ponr fux, et ils Oiit raison î car ces deux senlimuas si.

5Uft l'bdugaihni. 37

justes, et si honorables pour les uns et pour ies autres, sont en même temps $i nécessaires et si essentiels , ^e sans cela il ne •en jamais possible de ùire aoenn bien. Mais ils ne demient pas du moins élre les premiers à les anéantir. Comment veuleulila que leurs enCan» les estiment et les respectent , s'ils se mon« trent à leurs yeux ridicules ou méprisables ?

Pour vous , que des parens trop occupés ou trop indolent chargent de les remplacer > lâchez de vous ùiire toujours estimer et respecter de vos élèves ^ en veillant sur vous-même pour ne leur rien laisser voir qui ne soit estimable. Le respect étant lo premier sentiment que vous deves exiger d'eux, ne souffrez

jamais qu'ils le perdent iiiipunérufat. Mais pour cela il faut que les parens vous appuient 3 et n'est-il pas de leur plus grand intérêt de le faire> puisque vous tenez leur place» et que, s'ils laissent affaiblir votre aulorilc , ils perdront infailliblement beaucoup de la leur ? Ils ne peuvent se faire respecter euxmêmes, qu'en imprimant à votre emploi toute la considératioa et toute la dignité convenables.

L'empereur Théodose-le-Grand ayant fait venir de Rome à Constantinople un homme de mérite , nommé Arsène , pour le charger de Tinslruction du jeune Arcadius , qu'il venait de déclarer Auguste , il lui donna toute Tautorité qu'il avait sur son fils , et .lui dit ces belles paroles s «c Vous serez désormais son père plus que je ne le suis moi-même. «Etant un jour entré dans la chambre où Arsène instruisait Arcadius , il vit le maître debout , tandis que le disciple était assis. Il en témoigna de l'indignation, et lit même des reproches au maître de ce qu'il ne conservait pas assez sa supériorité» Arsène s'excusa sur .cequ'il n'était pas de la bienséance qu'un prince revêtu de la pourpre restât debout devant lui.Tbéodose , qui voulait inspirer à son fils un grand respect pour son maître , lui fit quitter aussitôt les marques impériales, et lui ordonna de se tenir debout^ la tète découverte, devant son précepteur assis.

42uelqne chose qui puisse arriver de la part des parens ou du précepteur, il faut quMl paraisse y avoir toujours une parfaite

barmoaie^lre eux et lui* Ils doivent le soutenir de toute leur

38 RiFumM niuMiif AIRES

autorité y eltHrloot prendre garde k ne jamaîs lai imre perdre Ja sîèniiey eii |iasl«Bt de tes deiaiits m présence deaon éMve »

oa en blâmant sa condullc. Un maître peut manquer , et c)e$ pareas doÎTent quelqudbis Ten avertir » maia avec honnêteté tft poiilesae leiQOttrs en particnlier.

L'iostiluteur de son côté ne doit jamais parler à son élève de sèe parènt qn^àvec estime et; respect li doit loi apprendre et lui répéter souvent , que son bonheur ou son mallieur egL dans leurs mains; qu'il tient de leur bonté tout ce qu'il a ; qu'ils sont pour lui l'image de la DivinitS ; qne Dieu leur a donné , * par rapporta lui^ une partie de sa puissance, de sa bonté ^ de sa justice ; qu'il lui i»rdonne de les aimer et de les respecter ; et que le bonheur de cette vie et de l'antre n'est promis qu'aux eniaus qui honorent leur père et leur mère..

Que les parens cachent à leurs enfans toute fa tendresse qu'ils ont pour eux : ils en abuseraient. Le premier soin d'un cniant est de trouver l'endroit faible de ses maîtres et de tons ceux à qui il est soumis. Dès qu'il a pu les entamer , il prend sur eux un ascendant qu'il ne perd plus. Kles-vous jaloux, de conserve l'autorité et le respect qui vous sont si nécessaires pour le bien même lie vos enfans? I\e badinez jamais avec eux d'une manière indécente y comme avec un perroquet ou une poupée. Quand oa 4Sst père , pent-on ne pas sentir le respect qu'on doit à son fils et qu^on se doit à soi-uiéme ? u i iattez votre ûls , dit l'Ecclésiastique,, et il vous causera de grandes frayeurs : jouez avec lui ^ H il vous donnera beaucoup de chagrins. Ne vous amusez pas à . rire avec lai y de peur que vous n'en aye2 de la douleur , et qu'à la fin voiv n'en recueilliez des fruits amers qui vous feront rincer les dénis *. »

L'âge le plus tendre» il esl^ vrai, a besoin de quelque indul- ^nee et de quelques caresses : maiS' aussitôt que l'esprit d'un enfant commence à fie iormer, le père ne doit plus s'amuser à

* Latta filium, ctpavcntem te faciei ; ludo cum eo , et cotstriitahit te. Non corrideas tUi , m doleoi , et in novimmQ o&tupeseant dentés fuù Ëceli» dO*

rire et à jouer avec lui, parce qiie celle famiiiariié ie porterait bienlAt à trailer diéfil cehûi qui il4ot| 4oiijQHr» être umaûâ

avec le plus grand resipect , et dont il doit craindre les oioiivdres paroifii» 6i Tooi conliauez à ioufir lA^j^.voiu ip^drisi beattcoiq> à oe jeu-là. ViktrelmUukrUé peni «toimpi»i|éa mépris qui remplira votre vie de chagrins et d'amertume*

« ïroif .choses^ dit Tauleur des Comeila dd la âaigeai0 g yum ftront perdre nécessairement l'autorité sur TOtre fila : irire avec lu! et vous rendre trop iaïuilier ^ souffrir et dissimiiler se fautes^ lui donner de mauvab ezemplet ot faire |iaraltre devant loi vos faîblesies etros passions. Ge sont là les trois indiscrétions qui lui ètent le respect» et quii'accputumant ji voua jn^rifior; £vitez-lea aoignensement : car dès que tous vecrei Totre autorité perdue , assurez-vous que votre fils est perdu lui-même.

39 Les enians viennent à un iige où il ne leor faut plnsnî da lait , ni de caressas* ni de risi, ni de fomiliarité. U finit toujours de Tamour j mais à cet àge> c'est à voire fils de deviner que vous ratmez; ce n'est pas à vous de le lui dire* Ayei nne retenue et un silence qvt lassent tout , qui le louent quand il fait bien , et qui le corri^nt quand il manque* Ne lui épargnez pas les «.louanges ni les corrections : mais faites en sorte » s'il est posâtble, que les unes et les autres ne se donnent que par les yeux 5(juand il a iiien lait, qu'il soit ravi de vous voir ^ et qu'il prenne cela pour sa aécompenaei ^uand il a mal fait» que votre pré' sencc et votre In&tcâbe soient tout son supplice. »

VI* LES pcnfimoifs*

Votre élève laea des liutes :îl est de Fenlaiiae, d« l'humanit'é même d'en faire ; mais si vous êtes attentifs , il en fera peu. Les enfans ne sont presque jamais punissables y qu'if n^y ait plus de la £iule de cem- qui les oondaisent que de la lenr« f laa v#tre conduite sera égale et soutenue, moins il osera s'ccaitci de ce que vous lui prescrirez. Plus voua mettrex de douceur, d'aâèotina et de bonté dans jros leçons et dans vos remontrances, plus il lui sera facile de s'y conformer, i'ius vous l'avertirez de ses devoirs, moina il sera en danger d'y manquer;

40 HÉFLEXIOS PRELIMINAIRES

Soyet doui, mais ferme» Ne faites point de menaceB inutile* ott infroctaeiues : Fenfiint s'y accootamerait ; et les fausses menaoes liiî feraient mépriser les véritables. Une punition oubliée ou négligée le rendraîl pins hardi par l'espoir de Timpunilé. ^

Soyez donc exact À lui tenir parole lorsqu il a osé faire ce que TOUS hii aviez défendu sous peine d'être puni $ mais ne le ^yez pas moins à lui donner les récompenses que vons lai avez proroises^etne lui ptomctlez Jamais que ce que vous voulez lut donner. On perd toute confiance dans Fesprit des enfans, quand on leur manque de parole ^ et c'est leur apprendre par son exemple à faire ce qui n'est permis à l'égard de personne, lis sont naturellement sincères et vrais» Si Ton ne veut pas leur

faire perdre ceLle qualité précieuse , IouLls les paroles qu'on leur dit doivent servir à leur foire aimer la vérité, 11 ne faut donc jamais , quelque petits quMls soient , employer aucune feinte pour les apaiser > ou pour leur persuader ce qu'on désire. Les enfans sont plus pénétrans qu'on ne croit j et dès qu'ils ont aperçu quelque duplicité dans ceux qui les gouvernent, nonseulemenlils perdent la simpiicitcet la confiance qui leur sont naturelles ^ mais ils apprennent Tartifice qu'ils n'oublieront jamais. Le mensonge bientôt offrira son secours à la dissimulation : il leur aura maibeureusement réussi uue fois , et ce sera pour eux un motif d*en continuer et d*en multiplier l'usage* \ oila des enfans devenus cachés, dissimules^ menteurs, ei LouL cela est l'ouvrage d'une imprudence*

Ne punissez jamais un enfant des fautes qu'il n'a point faites , on sévèrement de celles qui sont légères. Les enfans savent aussi bien que personne ce qu'ils méritent j ils connaissent si c'est à totrt ou avec raison qu'on les châtie , et ne se gâtent pas moins perdes peines injustes que par i'impuuité.

Dans vos réprimandes et dans vos pmiitions , possédez-vetis toujours , et tâchez d'être assez mettre de vous-même pour ut* laisser paraître aucune passion, aucune humeur, a i'ouetttii* les enfans y et les châtier étant en colère^ dit Montaigne , ce n'est

plus correction , c'est vi n , ance. Des chàlimens qui se for.l avec

poids et discrétion , se rcyoivei^t bien mieu^ et avec plus de

scK l'Éducation. , 41

fruit de celui qui ies soaffre. Nous ne devrions jamais mettre la main surceitxqtii doivent noas 4»béir ^ tandis que b colère dure. Pendant que Je pouls nous bat, et que noua sentons Pëmotion , remettons la partie ; car c'est la passion qui commande alors , ce n'est pas nous,

La colère jointe à la correction est un poi&ou mêlé dans une cxcellento médecine. Si vous donnez l'une avec Tantre , vous perdrez votre fils , en croyant remédier à son mal et le guérir. Soyez sévère en paroles et en actions quand il faut lé ire 5 témoignes de l'indignation , quand les fautes le méritent. « La tristesse du visage corrige le coupaljlc *. j> Mais sachez être redoutable sans être en fureur > ferme et inile&ible sans cire 'dur et violent ; ayez l'air d'un juge , et le cœur d'un père 5 que Tamour dicte vos paroles et conUuise votre main.

Si vous voulez que votre correction soit utile , observez aussi de ne jamais punir lorsque l'enfant est dans quelque fougue ou dans le fort de Tenté lement : attendez queragiUUon de son âme soit calmée. Les cnfans sont des espèces de fous , alix caprices desquels il faut quelquefois se prêter : si Ton s'obstinait à se roidtr contre eux , ils s'obstineraient peut-être de leur cAté , se révolteraient ou s^endurciraient aux chAtimens , et fermeraient ainsi toutes les voies de les corriger. La précipitation à ' les punir parait avoir un air de vengeance , qui produit en eux des sentimens tout contraires a ceux qu'un veut leur iiii^jirer.

Ne punissez donc jamais un enfant^ ni dans son premier mouvement 5 ni dans le vôtre. Si vous le faites dans le vôtre 9 il s'aperçoit que vous agissez par liumeur et par prompUlude^ et non par raison et par amitié $ vous perdrez sans ressource votre autorité. Si vous le corrigez dans son premier mouvement , W n'a pas Tespril assez libre pour avouer sa faute , pour vaincre î>a passion et pour sentir l'importance de vos avis ; c'est même l'exposer 5 perdre le respect qu'il vous doit , à dire ou à laite ' de nouvelles soilises. Le duc de iicrri , petit-^ de Louis XIV >

* Per tristUiam vi^Uûs corrigitiir Qnw{pi>s d^fiiyi(t(</<«,

42 ll£Fi4£KK>NS FiŒLUinNAIRES

étant i«rt jeuae , JaiMÂt «owest de petites fretfaiseï » et le roi

lui ordoimait les arrèb dans sa cbambi'e. Un jour 6ûa soysgouvertteiir ât fermer let lenétrei , 4i8aot <|tie les prisoiuiiers ne devaient pas voir le jour, a Vous me faites bien plaisir , lui dil le jeune prince, puisque vous me garauLissez par-là d'une vision aussi désagréable que la vAtce. » Après cela^ il^ci mît à baltrc du taiiiLoui" avec ses doi^Li. bur unu laLlc. Le sous-gcm- ▼emeur trouva encore cela mauvais , et pria le prince de ne point toucher à cette table , puisqu'elle ne lui appartenait pas , et que tous les lueubles éLaienl au roi. ce Oli ! pour le coup , repartit le petit prince dépité, vous ne me disputerez pas ^e ' ceci ne soit à moi. s» En même temps il se mit à battre sur ses fesses. Le sous-gouverneur prit sagcmeul le parti d'en rester là.

11 faut, pour punir les enfans avec fruit , beaucoup de modération, de prudence et d'adresse. La manière dont Fénelon corrigait le jeune duc de Boorgogoe était excellente. Lorsque ce prince tombait dans un de ces emportemens ordinaires de rcufaucc, son sage insliluteur laissait passer ce moiocnt û'orage où la raison n'aurait pas été entendue. Mais dès ce moment tout ce qui l'approchait avait ordre de le servir en silence , et de lui moaUcr un visage iiiornc. Ses exercices mémos étaient suspendus. Il semblait que personne n'osât plus communiqi^er avec lui y et qu'on ne le crût plus digne de parler avec les hommes» Bientôt le jeune prince, épouvanté de sa solitude, troublé de l'effroi qu'il inspirait , ne pouvant plus vivre ni avec lui , ni avec les autres^ venaîl demander grâce. L'habile maître alors » profitant de ces avantages, faisait sentir au prince toute la honte de ses fureurs : sa Toix paternelle pénétrait dans son cœur ou- • vert à la vérité et au repentir, et les iarmes Je sou élève arrosaient ses mains* ' '

On ne peut rien lire de plus sage ni de plus judicieux que ce qu'il dît lui-même, dans sou Traité de réducaLiou des ÛUcs , sur la manière de conduire et de corriger les enfans. Les réflexions qii'il fait à ce sujet , ainsi que la plupart des nôtres , *^ peuvent également servir aux deux sexes.

rie prenez jamais^ dit-il^ sans une extrême nécessité i un

SMH L EDUCATION* 43

airanstèreet îm(>éi*f«uK ifiû les finit tembk»*: leurferneriez

le cœur el leur 6leriez la coniiance, sans JaqaeUe ii n'y a nul -Ibnil à espérer de l'éducation. Fattes-vms aimer ^'ils seîeiit It1>r?8 nvm wom , et-qu^ls ctaignenl pas de wus Urkser voir lonrs défauts. Soyez iodul^nl à ceux qui ne se déguisant point devatit vous. Ne parraissex ut éloMié, ni irrilé de le«rs mauvaises inclinations; au contraire, compatissez à leurs faiblesses. Quelquefois ii en arrivera cet inconvénient» qu'ils seront moins retenus par la crainte ; mais à tont prendre , la confiance et la sincérité leur sont plus uliles que Tautonté rigoureuse. D'ailleurs ; l'autorité ne laissera pas de trouver sa place , si ia confiance et la ptersuasion ne sont pas assez fortes. Mais il faut toujours commencer par une conduite ouverte, gaie, familière, %ans bassesse , qui vons donne moyen de voir agir les enfans dans leur état naturel , et de les connaître à fo on en fait des hypocrites, et on les dégoûte du bien, dont ou doit eherclter nnfqnement à leur inspirer Tamour.

« Les enfans ont la lêle faible, et leur âge ne les rend encore sensibles qu'au plaisir. Il ne hni donc pas demander d'eux une exactitude et un sérieux, dont souvent ceux qui l'exigent seraient incapables. Outre qu'il est à craindre qu'on ne fasse parlé une dangereuse impression de tristesse et d'ennui sur leur tempérammit , on obscurcît leur esprit , on abat leur courage. S'ils sont vifs , on les irrite ; s'ils sont mous, on les rend stupi-^ des. La contrainte trop grande , jette un enfant dans la timidité et dans la crainte , passions affaiblissantes qui délruiient les forces et la viguexir*

» Quoiqu'on ne puisse guère espérer de se passer toujours d'employer la crainte pour le commua des enfans, dont le naturel est dur et indocile, il ne faut pourtant y avoir recours i|u'après avoir éprouvé tous les autres renfèdes. La crainte est comme les i Linèdes violens qu'on emploie dans les maladies extrêmes : ils purgent , maia ils altèrent les tempérameqs , et iisentles organes. Une éme menée par la crainte , en est toujours plus faible. II ne faut donc en venir là , que quand on ne saurait ' faire autrement*

44* ll£Fi£X10NS PKÉLUIl?î.UR£S

» An reste , qQoiquUI ne iaiiie pas loujoors menacer sans châtier , de peur de rendre les menaces méprisables , il faut pourtant châtier encore luoins qu'on ne menace. Pour les châtimens» la peine doit être aussi légère qu'il est possible ^ mais

accoiLij)ngiu c de toutes les circonstances qui peuvent piquer Tenfant de honte et de remords. Montrez-lui tout ce que vous avez liit pour éviter cette extrémité»

i> \e dites point à l'enfant soi> défaut, sans ajouter quelque moyen de le surmonter , qui l'encourage à le faire. Car il faut éviter le chagrin et le découragement que la correction inspire quand elle est sèche. »

11 faut passer aux enfans tout ce qui ne mène point an mal , et les en avertir seulement sans les en ponir. Cette douceur n'est point perdue. Ils sont .si aises de trouver de Tindulgence où ils craignaient de la sévérité » qu'ils en deviennent beaucoup pins dociles et plus disposés à se laisser conduire dans les choses imporUntes. La trop grande sévérité fait perdre l'amour^ et ce n'est pas conserver son autorité que de la trop faire sentir ; au contraire, il faudrait tâcher de ne la point rendre înoommode ni odieuse, afin qu'on ne cherchât pas à s'y soustraire.

Votre élève fera des fautes par ignorance : il oubliera ce que vous lui aurez dit , parce qu^on Taura distrait. Il brisera on renversera quelque chose par élourderie $ il ménagera peu ses vélemens. Ces bagatelles viennent de l'âge, et ne tirent point à conséquence pour l'avenir. 11 faut l'en avertir; mais il ne faut pas Ten punir , à moins qu'il n'y ait mauvaise inlenlion. Ce sont pourtant ces bagatelles que des parens intéressés puniront plus que ce qui m4riterait bien davaiiLagc de l elj e.

Une désobéissance > un trait d'humeur > uu mensonge, une parole malhonnête, un coup donné par colère , une dispute avec ses frèrci, et sœurs ^ tout c e qui peut être le germe d'un vice, tont ce qui annonce de la bassesse dans les sentimens,de la jalousie 9 de la gourmandise, de Tinsensibilité : voilà des fautes punissables. Ces mém*s fautes deviendroai des crimes du premier ordre, quand il y aura intention marquée , récidive oa

habitude; car il faut considérer les butes d'un ^lAnt , moins

pai* ce quMles sont , que par leur principe et par les suites qu'elles peuvent avoir.

La punUion des fautes légères, ce sera de le meHre quelque temps aux arrréts> avec la menace , s'il y retombe , de les lui Teprocher devant tout le inonde. Il vous priéra de n'en rien faire. Après lui avoir pardonné une fois ou deux y soyez inexorable. Bien loin de dissUnnler les fautes on de les excuser , il faut en parler avec force , afin de frapper Tenfonl et de l'hnmi* lier davantage*

la punition, des grandes fautes sera la privation de tonte

caresse , dtj loute amitié de la part de ses paï ens j on y joindra, auivant l'énormité de la iaute » toutes les autres privations , surtout des citoses qu'ail aime le'plus. En ne les lui accordant q«e lorsqu'on a Heu d'être content, de lui , il les estimera davantage, les recevra avec plus de plaisir , et n'en abusera jamais ; il s^effbrcera mène de les mériter de pins en plus. Si, au contraire, on les lui prodigue sans mesure , sans discernement , sans égard > à sa bonne on à sa mauvaise conduite , bientôt il n'en fera plus

cas, croira qu'elles lui sont dues , et ifen deviendra que pins ^ difficile ou plus vicieux.

Vous le laisserez durant tout le temps de sa punition dans un extérieur négligé. Vous ne lui accorderez d'amusemens, qn^autant qu'ail en faut pour reuipéeher de tomber dans la langueur et dans rabattement* Vous serez froid avic lui, mais sans cesser d'être doux. Il aura beau promettre d'être raisonnable , ses promesses ne seront point écoutées. Pour obtenir sa grâce ^ il faudra qu'il la mérite ; et elle ne sera jamais accordée qu'À l'excès de sa douleur et à sa bonne conduite. ( Niand il en aura -donné des marques certaines quelques jours de suite , alors "YMs ltti rendrez set habits ordinaires , ses amusemens, votre •amitié et celle iie ses parens , en lui faisant sentir toute la différence , de ce nouvel état. Si Tenfant est bien élevé , cette igrande punition ne peut avoir lien que rarement. Si l'on a été attentif a h' punir des petites fautes, il ne s'exposera pas souvent •à en faire de grandes*

A l'yard des verges , iina doit pas en être question dans une

4A BÂFMXiêiii nÂi^MnrAiRes

cducaiion hvm contiiaie* tfi ^ n'est peut-être dans Tâge où ta tlouleur est le seul langage que i'enfant puisse enlencTre $ on bren lorsqu'ayani été prëeéclettinient gâté, soit parce qu'il a été malade , soit par négligence 9 ilesc parvenu à ce point <f opiniâtreté ci» ëîre posHiumuéit miwL. Atart , «Mnwiî est A la plus grancië i ii^[)or tance cb ne pas lui céder, C'est atec la verge qu^'û fkal lut rpp4uidre.

Bmm toail antfweas j eft tfès «finM^fA^ mtt capabfe d'un ien-

liment honnête, les verges doivent être bannies. Il faut lereod«f senaible^èk iumx» , at vm» imè» qm'ir le dcivienner à rbonnekiv. OirneIntusaiiiS'dhifOMrsi «inivent, que par humeur ou pov incapacité. On rend ce châtiment inutile , en le rendant, trop fréqmii f. et p«r lu nmière «Kmï on remploie , on attache pas assez de honte. Il fandrait qu'il fût Tannonce et le prélude de toutes les autres punttions possibles , et que ces piiméfam» lui fuMnft hia|Méea» parce qu^'lf s^est fà\t traiter comme un enfant sans âme et sans honneur. Alors ce châtiment devîeniirait pour hii un événement unique, dont la seule idée déferait frémir : atxlievt que, d'à Ta fa^n dont on s^y prend , il s'accoutume à cette punition comme à tout autre , et gagne qof'un défaut de plus. Les conps sont des cliâtimens ser^ viles qui aTÎlissent l'ame. lors même qu'ils corrigent des défauts , si toutefois ils en corrigent : car leur effet ordinaire est d'endùi^cir à force de frapper.'

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