DANVILLE, HORTENSE
HORTENSE, riant aux éclats.
Dieu ! qu’il est amusant ! Mais c’est un vrai trésor.
Il a ressuscité les mœurs du siècle d’or;
Il dîne le matin , à l’antique il s’habille ,
Et j’ai cru voir marcher un portrait de famille. DANVILLE.
Oh ! n’en ris pas : je l’aime.
HORTENSE, riant toujours.
Et quel regard vainqueur
Quand j’exaltais sa gloire!
Oui , mais il a bon cœur ; C’est un homme excellent, rangé, sûr en affaire,
Et tu peux l’obliger.
HORTENSE, sérieusement.
Voyons : je veux le faire.
DANVILLE
Le jour de ton départ je t’avais confié Cinquante mille francs ; donne-m’en la moitié :
Il a besoin d’argent.
HORTENSE
Courez donc à la banque :
Je n’en saurais prêter, quand moi-même j’en manque. DANVILLE.
Que me dites-vous là ?
HORTENSE
C’en est fait !
Ma bourse est aux abuis ;
En deux mois ?
HORTENSE
Mais c’est bien long deux mois.
DANVILLE
Cinquante mille francs !... Comment , ma bonne amie... HORTENSE.
Vous ne me louez pas sur mon économie ?
DANVILLE
Ah ! parbleu ! c’est trop fort.