‹ L' école des vieillardsChapitre 3 sur 96 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

DANVILLE

Je suis...

BONNARD

Quoi?

DANVILLE

Je suis marié.

BONNARD

Rien qu’à ton embarras je l’aurais parié.

Pour la seconde fois !

DANVILLE

J’étais las du veuvage.

BONNARD

A soixante ans et plus !

Ma foi , c’est un bel âge.

BONNARD

Sans m’avoir averti !

DANVILLE

Bon! mon billet de part, Aurait trop exercé ton esprit goguenard.

BONNARD. '

Ta femme a quarante ans ?

BANVILLE

Pas encore!

Pas tout-a-fait.

BONNARD

Au moins trente?

DANVILLE

BONNARD

Combien?

Bonnard , elle est charmante !

C’est une grâce unique, un cœur, un enjoftment !...

Je me sens rajeunir d’y penser seulement.

Son père , resté veuf, chercha fortune aux îles. Horlense, loin de lui, coulait des jours tranquilles, Auprès de son aïeule, une dame Sinclair,

Bonne femme , un peu vive , et femme du bel air , ,

Qui sait rire, et qui garde, en sa verte vieillesse,

Pour les plaisirs du inonde un grand fond de tendresse ; Des succès de sa fdle amoureuse à l’excès,

Si l’on peut trop chérir de si justes succès.

Hortense est un modèle; oui, Bonnard , je l’adore.

Je la voyais souvent; je la vis plus encore;

Je la vis tous les jours : bref, je parlai d’hymen :

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