‹ L' école des vieillardsChapitre 4 sur 96 · ACTE I, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE I

Je craignais de subir un fâcheux examen.

Malgré mes cheveux blancs, dans sa reconnaissance, Dans son respect pour moi son amour prit naissance , Et je vis s’embellir mon arrière-saison Des charmes du bel âge unis à la raison.

Notre hymen fut conclu. Sa respectable aïeule Eut toujours par nature horreur de vivre seule ;

Ma maison fut la sienne , et par elle j’appris Qu’en secret leur chimère était de voir Paris;

Bien plus, qu’à leur santé Pair du Hâvre est contraire ... Je les force à partir. Loin d’Hortense une affaire M’a retenu deux mois , à mon grand’ désespoir ,

Et c’est à peine hier si j’ai pu l’entrevoir;

Elle avait pour la cour un billet de spectacle :

Moi , mettre à ses plaisirs le plus léger obstacle !

Bien qu’elle y consentit , c’était un coup mortel ;

Et j’ai pour me distraire, admiré mon hôtel.

BONNARD

Celui du duc d’Elmar.

DANVILLE

C’est mon propriétaire.

BONNARD

Voici , depuis un mois , son oncle au ministère ;

Doyen des receveurs dans son département,

Je perçois les deniers d’un arrondissement.

Le duc est très-puissant; c’est un homme ’a la mode.

Vraiment ?... dansson hôtel, plus grand qu’il n’est commode, Il occupe au premier un superbe local ;

Mais pour un philosophe un second n’est pas mal.

BONNARD

C’est un palais, mon cher; peste! quelle richesse!

En entrant j’ai manqué de té traiter d’altesse...

Ah ça ! comment ton fils a-t-il pris ton départ?

DANVILLE

Mon fils , depuis l’hiver, a son ménage à part :

Ma femme est de trois ans plus jeune que la sienne; Comment les accorder? Pour qu’une maison tienne,

Il faut de l’unité dans le gouvernement;

Toutes deux gouvernaient contradictoirement.

Hortense aime beaucoup ... j’aime beaucoup le monde : Mon fils ne se complaît qu’en une paix profonde.

11 a quitté la place et vit comme un reclus.

Je le chéris toujours.

BONNARD

Mais tu ne le vois plus.

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