ACTE II, SCÈNE VII. (U
DANVILLE
C’esi que ce plaisir-là ne peut me convenir.
HORTENSE. x
Mais quel est le motif de cette répugnance ?
DANVILLE
Pouvez-vous in’acCorder un moment d’audience'.’
Moi J,
HORTENSE
DANVILLE
Depuis mon retour des soins plus imporlans ,
Des amis plus heureux s’arrachaient vos instans ;
Et las de renfermer ce que je veux vous dire ,
J’ai cru dans mon dépit qu'il faudrait vous l’écrire; Mais puisqu’il m’est permis d’en décharger mon cœur, Je vous le dis tout net : ce petit air moqueur Pour mon ami Bonnard m’offense et me chagrine.
Le besoin de briller à tel point vous domine.
Qu’avec un jeune fou je vous vois de moitié Contre ce digne objet d’une ancienne amitié.
Vous riez du bonhomme ; eh oui î c’est un bonhomme ; Un bonhomme que j’aime ; et plus d’un qu’on renomme, Dont l’honneur fait grand bruit , dont l’esprit est vanté, N’a ni son noble cœur, ni sa franche gaîté.
On l’attaque lui seul , et tous deux on nous blesse ;
Et chaque trait piquant lancé sur sa vieillesse Ne peut devant un tiers l’immoler aujourd’hui ,
Sans retomber sur moi , qui suis vieux comme lui.
HORTENSE
Mais le Duc vous l’a dit, ce n’est qu’nn badinage,
Et le Duc, à mon sens, raisonnait comme un sage.
D AN VILLE
Votre Duc ! il me choque au suprême degré.
Je connais peu de gens qui ne soient à mon gré ;
Mais lui , de me déplaire il a le privilège.
Me croit-il, ce monsieur, dupe de son manège?
Ce zèle officieux qu’il fait sonuer si fort,
Cet air de vous blâmer , pour mieux me donner tort , Tout ce jeu me déplaît. Pour des raisons sans nombre , 11 n’est pas bon qu’un Duc soit la comme votre ombre. La réputation d’une femme de bien Dans la communauté ne compte pas pour rien ;
Et s’il n’est défendu contre tous, à toute heure,
Ce fruit de tant de soins en un instant s’effleure.
Il ne faut qu’un jeune homme un peu trop assidu, Que le discours d’un sot par un autre entendu :
Le mal est déjà fait : le mensonge circule ;