‹ L' école des vieillardsChapitre 91 sur 96 · ACTE y, SCENE Y · texte numérisé non relu

ACTE y, SCENE Y

DANVILLE

11 l’emporte, et ma honte me reste; Mais que le sort bientôt me soit ou non funeste ,

Je ne vous dois plus rien , plus d’amour , de respect ; Tout me devient permis, lorsque tout m’est suspect ;

Le passé contre vous tient mon âme en défense.

Je veux voir ce billet; quel qu’il soit, il m’ofTense.

Vous le rendez coupable en le cachant ainsi ;

Je veux , je veux le voir; je le veux.

HORTENSE

Le voici.

J» ANVILLE

Il ne saurait m’apprendre un malheur que j’ignore,

Et je tremble... Ah! je sens que je doutais encore,

(Lisant l’adresse.)

Ciel! au Duc!

HORTENSE

A lui-méme.

DANVILLE

Au Duc! j’avais raison.

Mon cœur m’avertissait de cette trahison.

Lisez.

HORTENSE

DANVILLE

Il le faut bien; mais non, mon œil se trouble ,

Ne lit rien , ne voit plus, et ma fureur redouble.

Ah ! perfide !

HORTENSE

Donnez.

(Elle lil la leltre.)

« Monsieur le Due ,

« C’est une femme que vous avez offensée qui vous adresse « ses justes plaintes contre vous-même. J’ai pu vous paraître « légère , mais je ne pensais pas avoir mérité l’outrage d’un « aveu que j’ai rougi d’entendre et que j’ai lionte de rappe- «ler. J’aime mon mari, je l’aime # de toute mon âme, et « croyez-moi , monsieur le Duc , je pourrais vous revoir sans , « danger; mais je dois à mon honneur blessé autant qu’à la

« tranquillité de monsieur Danville , de vous interdire désor- « mais sa maison. En cessant de m’accorder votre attention « dans le monde , vous me prouverez que vous me croyez « digne de votre estime et que vous méritez encore la mienne.»

DANVILLE, reprenant la lettre.

Est-il vrai? Qu’ai-je lu ?

HOUTENSE.

De grâce , écoulez-moi , Danville , j’ai voulu ,

Craignant de vos transports la juste violence,

D’un rival à vos yeux dérober la présence.

Page 1