‹ L'école et la patrieChapitre 25 sur 31 · La France de Demain, 5 juillet · texte numérisé non relu

La France de Demain, 5 juillet

2. « En Amérique le patriotisme est enseigné à l'école et chacun en est fier. « Report of Professor H. F. Reichel. — « C'est par ces moyens et des commentaires sur le symbolisme du drapeau toujours présent qu'on réussit à faire avec une population fort hétérogène de bons et loyaux citoyens. » Report by Prof. Ts Gregory Toster. — « C'est une mauvaise chose, répète le Président Roosevelt, pour tout homme d'éducation, d'oublier que l'éducation doit in^ensi^er le patriotisme. »

d'hommes ou de femmes, — Order of funders and patriots of America, 1896 ; Society of May Flower's descendants, 1894; Sons of the Révolution, 1890, — se sont formées « pour rassembler les documents de toute nature qui peuvent rappeler le souvenir des fondateurs de Tlndépendance américaine ». D'autres sociétés s'attachent à « répandre parmi la jeunesse, particulary among the young, la connaissance de tout ce qui touche à l'histoire nationale, afin de développer, en même^ temps que le respect des grandes illustrations de l'histoire d'Amérique, l'esprit de patriotisme ».

La République ne redoute pas « le culte des individus ». On se rappelle les patientes investigations de son ambassadeur pour retrouver les restes de l'amiral Jones et les cérémonies apothéotiques qui commémorèrent à Paris et aux États-Unis le souvenir de ce marin. A côté du portrait de Washington les écoliers voient dans leurs salles d'étude celui de l'amiral Dewey, sous lequel on lit : « Notre second héros ».

Protégée par la neutralité que lui garantissent les grandes puissances, la Suisse^ retranchée derrière de hautes montagnes, ne connaît pas les devoirs étendus qui pèsent sur d'autres Etats ni les périls qui les menacent. Cependant elle se donne de garde contre les théories décevantes de l'Internationalisme. Depuis quelques années, la vigilance de ses hommes politiques se fait plus attentive à ne pas laisser amoindrir l'armée. De récentes difficultés qui la mirent en conflit avec ritahe ont appris aux plus pacifiques Futilité des fortifications du Gothard, du Simplon et de la haute vallée du Rhône. A Chillon, dans une réunion publique, assurément démocratique, M. Emile Gaudard, conseiller national pour le canton de Vaud^ exposait, un jour, les idées qui dirigent en ce moment les Ghamhres suisses:

« Il est de mode aujourd'hui, disait-il, de critiquer le budget militaire. C'est même une arme facile devant les assemblées populaires pour faire de la réclame autour de certaines candidatures. Cest là un sujet que nous, démocrates et républicains, nous devons aborder avec une grande circonspection. Ce n'est pas un de ceux qu'on puisse trancher dans une assemblée populaire en quelques phrases, sans bien peser toutes les conséquences e^ toutes les responsabilités. Une république ancienne, libre comme la nôtre, a dernièrement succombé^. Les premiers succès dans la guerre avaient permis à plusieurs de dire que c'était là un exemple pour la Suisse et qu'il n'y avait plus besoin de faire pour notre armée autant de dépenses et de sacrifices. Aujourd'hui nous sommes renseignés et nous pouvons dire qu'un petit pays, s' il veut être res^ pectéj doit être respectable.,. Sommes-nous pour toujours à l'abri de toute inquiétude, et, quand récemment, à propos d'une question de forme, un conflit a surgi avec l'Italie, alors même qu'il n'est venu à l'idée de personne qu'une guerre pût en sortir, ne nous sommes-nous pas sentis heureux d'avoir fait des sacrifices pour cette armée

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