Ch. Thurot, Ibid., p
maîtres prirent l'habitude de faire disputer leurs écoliers entre eux, afin de leur apprendre à argumenter et de se rendre compte du profit qu'ils avaient tiré de leurs leçons. Cette épreuve se généralisa et de facultative devint obligatoire. Elle prit au xiii*^ siècle le nom de déterminance. C'est, en date, le premier examen qui couronne les études ayant un caractère secondaire. C'est l'origine du baccalauréat. On pouvait passer la déterminance à quatorze ans. Il suffisait de justifier, pour être admis à l'épreuve, que l'on savait la grammaire latine et que l'on avait suivi un cours de logique pendant deux ans au moins, soit à l'Université de Paris, soit dans une autre Université ayant six régents ^
Les candidats qui, après une épreuve préparatoire, étaient admis à concourir commençaient à déterminer avec le carême. Ils devaient disputer tous les jours jusqu'aux fêtes de Pâques. Ces tournois oratoires excitaient une vive curiosité. Les élèves les plus habiles, ceux qui espéraient briller au cours de leurs épreuves, se composaient un auditoire de choix, se faisaient une salle, comme on dit aujourd'hui .
1. Crevier, Histoire de l' Université ; Ch.-V. Langlois, les Universités du moyen âge.
IG l'École et la vie.
« Le déterminant, accompagné du bedeau de sa nation, allait inviter certains personnages importants à assister à cette dispute. On voyait, à ces épreuves, des maîtres des Facultés supérieures, des archidiacres, des chantres, des doyens d'églises cathédrales * .»
C'étaient des juges délégués par la nation à laquelle appartenait le candidat qui le recevaient.
La déterminance ne conférait aucun droit. Celui qui l'obtenait ne pouvait prétendre à rien.
Les épreuves de la déterminance subirent un certain nombre de modifications au cours du XI v<^ siècle. A la fin de ce siècle, le nom de baccalauréat apparaît pour la première fois avec l'acception que nous lui donnons aujourd'hui et remplace celui de déterminance. Mais si le mot change, la chose reste la même. Maîtres et écoliers s'épuisent toujours à argumenter en latin. On se préoccupe peu du fond ; on ne tient qu'à la forme ; on ne prise que l'adresse du raisonnement. Les écoliers ne connaissent d'autre sujet d'étude que la logique et d'autre exercice que la dispute. Les compositions écrites sont inconnues. On dispute en tout lieu et en tout temps. On