‹ L'école et la vieChapitre 15 sur 113 · Vives, Decmisis corrupt. Artium, liv. I, p · texte numérisé non relu

Vives, Decmisis corrupt. Artium, liv. I, p

3. \\ctov Le Clerc, Histoire littéraire de la France, t. IX, p. Vi.

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éveillait leur curiosité ; il leur donnait des idées générales sur la philosophie, les lettres, les sciences et les arts, mais il les habituait à sacrifier le fond à la forme, à s'accommoder trop aisément de sophistique puérile et de vaine subtilité

Avec tous ses défauts, cet enseignement jeta un grand lustre sur la France. La réputation des Universités avait de bonne heure franchi nos frontières. On accourait de tous les points de TEurope pour entendre la parole de nos maîtres.

« En ce temps-là, les lettres florissaient à Paris. On n'avait jamais vu, dans aucune partie du monde, à Athènes ou en Egypte, une telle affluence d'étudiants*. »

Nulle part on ne travaillait avec plus d'ardeur ; nulle part on ne remuait plus d'idées. Et du choc des opinions, si arides que fussent ces disputes, jaillissait toujours une étincelle de vérité et de lumière.

Tous les maîtres ne ressemblaient pas aux maîtres raillés par Pierre de Blois : il y eut Abélard, Pierre d'Ailly, Jean Gerson, Nicolas de

1, riuillaiime Le Breton.

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Clemengis, Gille des Champs. Tous les étudiants n'étaient pas des buveurs, des tapageurs, festoyant avec les ribaudes, troublant le sommeil des bourgeois ou rossant le guet. Beaucoup parmi eux furent les précurseurs des philosophes qui ont émancipé la pensée. Quelques-uns payèrent de leur vie leur haine de l'oppression et du fanatisme et furent pendus ou brûlés pour avoir revendiqué trop haut la liberté et les droits de la conscience. Dans sa période la plus brillante, du xii^ au commencement du xv® siècle, l'Université avait concentré en elle toute l'activité et toute la gloire intellectuelle du monde. L'action qu'elle avait exercée dans les affaires politiques et religieuses du moyen âge ; le rôle qu'elle avait joué dans la querelle entre Boniface et Philippe le Bel, en défendant le pouvoir temporel des peuples et des rois contre les prétentions des papes; la part qu'elle avait prise dans les conciles de Pise et de Constance, où elle avait fait prévaloir la doctrine de l'Église gallicane contre la doctrine de l'Église monarchique ; les solutions qu'elle avait fait adopter pour éteindre l'hérésie, assurer la réformation de l'Église ; enfin la médiation qu'elle avait offerte, dans le grand schisme d'Occident, aux pontifes qui se disputaient le trône de saint

Pierre, lui avaient conquis une autorité sans pareille*.

Connaissant le prix de son alliance, elle avait toujours traité d'égal à égal avec les papes et les rois. Elle avait quelquefois sollicité, quelquefois subi leur patronage. Jamais elle n'avait accepté leur tutelle ni abdiqué entre leurs mains son indépendance et ses privilèges.

Dans l'universel désarroi qui marque la fin du XIV® siècle, quand l'Église et la royauté déclinent, c'est l'Université qui soutient et anime ces grandes forces chancelantes.

L'Université du moyen âge finit avec le moyen âge. Le même souffle qui emporte la scolastique, la féodalité et l'unité religieuse du vieux monde, ruine son enseignement et renverse son autorité morale. Mais elle ne meurt que pour renaître. A partir du xvi^ siècle, l'Université n'est plus « l'oracle de l'Église », ni « la fille aînée des rois ». Son caractère change, un esprit nouveau la pénètre. Elle devient une institution nationale ^

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