Décrets des 3 et 14 septembre
tement et des écoles spéciales appropriées aux diverses vocations, écoles de théologie, écoles militaires , écoles de médecine et de droit. Au sommet était placé un Institut national, destiné au perfectionnement des sciences, des lettres et des arts et chargé de remplacer les Académies, le Jardin du Roi, et le Collège de France. Enfin, sous le nom de Commission générale de l'instruction publique, une véritable administration centrale était organisée, dont les membres devaient être nommés par le roi et ne pouvaient être destitués que par le Corps législatif. Cette Commission était chargée de diriger à la fois l'instruction proprement dite, les fêtes nationales, les spectacles, les bibliothèques et toutes les productions des arts. Les programmes des écoles de district, qui n'étaient pas autre chose que les anciens collèges, contenaient d'heureuses innovations. Le cours des études comprenait sept années. Il se subdivisait en quatre cours: grammaire, deux ans; humanités, deux ans ; rhétorique et logique, deux ans ; mathématiques et physique, un an. Dans le premier, on étudiait l'histoire sacrée, la mythologie, la morale avec la Déclaration des Droits de l'homme et du citoyen, les éléments des langues latine et française, et la géographie; dans le
second, on apprenait la Constitution, l'histoire grecque et romaine, les langues latine et française, la versification latine et française ; dans le troisième, on étudiait les époques principales de l'histoire de France, l'application des principes de la morale à la Constitution, les principes de la logique, de la métaphysique, de la morale, des lois, de la constitution et de l'art oratoire, la composition, la langue grecque et une langue vivante ; le quatrième était consacré à la géométrie et aux éléments de l'algèbre, à la mécanique, à la physique, aux éléments de la chimie et de la botanique. Les mathématiques et la physique n'étaient plus confondues dans la classe de philosophie; la géographie et l'histoire prenaient une place importante; l'enseignement moral et civique avait sa part.
L'éducation physique était représentée dans chaque cours par des exercices, et devenait comme une partie de l'éducation morale. Au système des classes rigide et figé, ïalleyrand substituait le système des cours parallèles, qui est plus souple, et qui laisse une certaine latitude aux professeurs. C'était la véritable originalité du système. Talleyrand disait avec raison : « On enseigne mal ce qu'on n'enseigne pas librement. »
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Le plan de l'évêque d'Autun se rapproche par beaucoup de côtés de celui du Président Rolland. Talleyrand appartenait à la vieille école. Tel qu'il est cependant, son projet est celui d'un esprit pratique et ouvert. La Constituante le transmit à la Législative. Mais celle-ci ayant nommé dès ses débuts un Comité d'instruction publique, le Comité fut saisi d'un nouveau projet, auquel Condorcet a attaché son nom.
Condorcet propose cinq degrés d'instruction : les écoles primaires, les écoles secondaires qui en réalité ne forment qu'un seul degré avec les écoles primaires ; l'instruction élémentaire, les instituts destinés à remplacer les écoles de district de Talleyrand, les lycées et la Société nationale des sciences et des arts.
Les vues de Condorcet sont nouvelles et justes en tout ce qui touche à l'enseignement primaire et surtout à l'enseignement supérieur, dont, le premier, il a trouvé et exposé la formule. Sa conception de l'enseignement secondaire, de son rôle et de son objet, est indécise. Condorcet rompt avec les errements anciens, et d'un bond il se jette au pôle opposé. Il dépasse le but. 11 entend réduire la part faite jusqu'alors aux lettres anciennes : il la supprime. Il veut avec raison
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introduire dans les programmes les sciences : il leur abandonne tout ou presque tout. « Par quel privilège singulier, dit-il, dans les instituts, lorsque l'objet même de l'enseignement force de se borner dans tous les genres à des connaissances rlémentaires, et de laisser ensuite le goût des jeunes gens se porter librement vers celles qu'ils veulent cultiver, le latin seul serait-il l'objet d'une instruction plus étendue ? Le considère-t-on comme la langue générale des savants, quoiqu'il l)erde tous les jours cet avantage? Mais une connaissance élémentaire du latin suffit pour lire leurs livres ; mais il ne se trouve aucun ouvrage de science, de philosophie, de politique vraiment important qui n'ait été traduit; mais toutes les vérités que renferment ces livres existent, el mieux développées, et réunies à des vérités nouvelles, dans des livres écrits en langue vulgaire. La lecture des originaux n'est proprement utile qu'à ceux dont l'objet n'est pas l'étude de la science même, mais celle de son histoire. Enfin, puisqu'il faut tout dire, puisque tous les préjugés doivent aujourd'hui disparaître, l'étude longue, approfondie des langues des anciens, étude qui nécessiterait la lecture des livres qu'ils nous ont laissés, serait peut-être plus nuisible qu'utile.
Nous cherchons dans l'éducation à faire connaître des vérités, et ces livres sont remplis d'erreurs. Nous cherchons à former la raison, et ces livres peuvent l'égarer. Nous sommes si éloignés des anciens, nous les avons tellement devancés dans kl imite de la vérité, qu'il faut avoir déjà sa raison toute armée pour que ces précieuses dépouilles puissent l'enrichir sans la corrompre ^ . »
Daunou devait, un peu plus tard, réhabiliter les langues anciennes et montrer qu'elles étaient les plus propres à former des patriotes et des républicains.
Tout pénétré de l'Encyclopédie, Condorcet fait des sciences la base unique, exclusive de l'enseignement secondaire. Il organise les instituts de la manière suivante :
Première classe.