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Lianl, rniverùlés et Facultés

écoles centrales, qui allaient vivre jusqu'à la création des lycées nationaux. Toutes ces écoles centrales ne se ressemblaient pas. Il y eut les écoles centrales de l'an III, celles de Lakanal, et les écoles centrales de la loi organique du 3 brumaire, an IV, celles de Daumon.

Les premières, dont la loi avait voulu faire des écoles secondaires, et qu'elle mettait immédiatement au-dessus des écoles primaires, étaient en réalité des écoles d'enseignement supérieur. Elles ressemblaient aux anciens collèges en ce que dans leurs externats on ne recevait que les adolescents. Mais l'éducation qu'on entendait donner à ces adolescents, inspirée des principes de Gondorcet, dépassait de beaucoup la portée de leur âge.

« — Pour l'enseignement des sciences, des lettres et des arts, disait le décret de Lakanal, il sera établi, dans toute l'étendue de la République, des écoles centrales distribuées à raison de la population : la base proportionnelle sera d'une école par trois cent mille habitants.

— Chaque école sera composée : 1° d'un professeur de mathématiques ; 2^ d'un professeur de physique et de chimie expérimentales; 3« d'un professeur d'histoire naturelle ; 4^ d'un professeur de méthode des sciences ou logique et d'analyse

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des sensations et des idées ; S*" d'un professeur d'économie politique et de législation ; 6'' d'un professeur de l'histoire philosophique des peuples ; 7^ d'un professeur d'hygiène ; S"" d'un professeur des arts et métiers; 9" d'un professeur de grammaire générale ; 10*" d'un professeur de belles-lettres; 11'' d'un professeur de langues anciennes; IS"* d'un professeur de langues vivantes les plus appropriées aux localités; IS*" d'un professeur des arts du dessin.

— Dans toutes les écoles centrales, les professeurs donneront leur cours en français. »

La loi du 3 brumaire an IV fit mieux. Le législateur avait acquis de l'expérience. Les écoles centrales de Lakanal ayant été organisées dans plusieurs départements aussitôt après le vote du décret de l'an III, la Convention envoya en mission cinq représentants pour les inspecter et lui en faire rapport. Après cette enquête on garda dans les programmes des nouvelles écoles centrales les matières qui, dans le décret de l'an III, avaient un caractère général, en laissant toujours la place la plus importante aux sciences et en leur donnant le pas sur les lettres. Celles au contraire qui parurent, ou trop techniques ou trop idéologiqueSj furent écartées. Les mathématiques, la

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physique, la chimie, les langues anciennes, les belles-lettres, la grammaire générale, l'histoire et la législation restèrent la base de l'enseignement. Au lieu du système des cours parallèles ouverts indistinctement aux élèves, sans considérer l'âge et les moyens, Daunou institua le système des cours superposés. Les élèves étaient partagés en trois groupes et les objets de l'enseignement en trois séries : 1° enfants de douze à quatorze ans : dessin, histoire naturelle, langues anciennes, et, facultativement langues vivantes; S*" enfants de quatorze à seize ans : mathématiques, physique et chimie ; 3^ enfants au-dessus de seize ans : grammaire générale, belles-lettres, histoire et législation. Les imperfections de ce système apparaissent au premier examen. Chacun des trois groupes formait en réalité un tout distinct. Les transitions, la continuité, si nécessaire dans l'enseignement secondaire, n'existaient pas. Ce qui est vrai des écoles spéciales organisées par la Convention, consacrées chacune à un compartiment de la science, l'est également des écoles centrales. Sous le Directoire, Roger Martin et leur créateur lui-même, Daunou, en virent les défauts et tentèrent de les corriger. « Les écoles centrales, écrivait Daunou dans un rapport au Conseil des Cinq-

Cents, peuvent être améliorées... Nous croyons qu'il est indispensable de placer dans la deuxième section un second professeur de langues anciermes, chargé de continuer renseignement commencé par l'un des professeurs de la première. Il y aurait ainsi trois cours graduels de langues anciennes : l'un purement élémentaire, l'autre plus avancé, et le dernier qui se confondrait dans la troisième avec le cours de belles-lettres. C'était sans doute un système beaucoup trop absurde que celui où l'étude, souvent imparfaite et mal dirigée d'une ou deux langues semblait dominer et absorber toute autre étude ; mais n'est-ce pas aussi se jeter visiblement dans l'excès contraire que de n'établir dans chaque département qu'un seul professeur de ces éloquents et républicains idiomes, chers à la liberté autant qu'aux lettres, et dans lesquels on peut puiser, avec les principes de la plus saine littérature, les sentiments du patriotisme le plus généreux? Il nous semble enfin qu'il conviendrait d'expliquer nettement le véritable objet de la chaire de législation, et d'annoncer par exemple qu'après une exposition succincte de la théorie de l'état social, après une histoire abrégée des principaux systèmes politiques adoptés chez les divers peuples, ce cours est surtout destiné à l'enseignement

direct des lois positives de la République française. Mais rien peut-être, dans l'organisation de ces écoles, ne mérite une attention plus sérieuse et des soins plus délicats que la graduation de l'enseignement. Il faut donnera chacun des élèves la conscience et presque la mesure de ses progrès, offrir à sa curiosité des objets toujours assez variés pour n'être pas fastidieux, jamais assez multiples pour, devenir confus et fatigants ; ordonner enfin ses études ; les éclairer, les affermir l'une par l'autre^ » Telles qu'elles étaient en l'an IX, et telles que nous les font connaître, à la veille de leur disparition les rapports des conseillers d'État en mission, les cent écoles centrales, très inégales par le nombre des élèves, la qualité des professeurs et la valeur de l'enseignement, étaient appelées à rendre de réels services. Leur suppression fut une faute. On devait les réformer, non les détruire, car elles pouvaient par le souffle qui les animait, par les méthodes qu'elles employaient, former les esprits réfléchis, pratiques et libres que réclamait la société nouvelle.

1. Rapport sur l'organisation des écoles spéciales, par C.-F. Daunou, imprimé en exécution d'un arrêté pris par le Conseil des Ginq-Cents, passim.

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