Liard, l'Enseignement supérieur, p
blique et on plaça à sa tête le comte de Frayssinous, évêque d'Hermopolis.
Ces mesures n'étaient que des mesures administratives; l'acte capital, l'acte politique, c'est l'ordonnance du 27 février 1821. Cette fois, on jette bas le masque et on dit nettement quel genre de service on demande à l'Université, comment et à quelle fin on entend former les caractères. « La jeunesse, dit l'ordonnance, réclame une direction religieuse et monarchique. Le corps enseignant prendra donc pour base de son enseignement: la religion, la monarchie, la légitimité et la charte. L'évêque diocésain exercera, pour ce qui concerne la religion, le droit de surveillance sur tous les collèges de son diocèse. Il les visitera luimême ou les fera visiter par un de ses vicaires généraux, et provoquera auprès du Conseil royal de l'instruction publique les mesures qu'il aura jugées nécessaires. »
C'est le décret de 1806 retourné.
On supprime l'École normale, on frappe de disgrâce Victor Cousin et Guizot dont les doctrines paraissent subversives de l'ordre social; on recrute le personnel enseignant et les proviseurs et principaux des collèges royaux dans le clergé. Les évêques inspectent les collèges, censurent,
dénoncent, font révoquer les professeurs suspects de libéralisme et distribuent des récompenses à ceux qui se distinguent par leur zèle royaliste et religieux.
L'enseignement primaire est systématiquement ignoré. On lui donne des maîtres sans dignité et sans savoir. Pour eux, il n'y a ni argent, ni considération. Mais le grand maître invite les évêques à ouvrir des écoles ecclésiastiques et il les subventionne largement ^
Des associations font circuler contre l'Université d'abominables pamphlets. Leurs auteurs ne sont pas poursuivis. On calomnie, on outrage l'enseignement de l'État. Le Gouvernement ferme l'oreille.
Pourtant ces violences, ces humiliations, ces révocations, ne satisfont pas encore les intransigeants du parti. L'Université n'est plus que l'ombre d'elle-même. Mais elle vit et c'est trop. On veut en finir avec elle ; on dénonce les collèges universitaires comme des foyers d'immoralité, el on réclame leur suppression définitive.
Le statut du 4 septembre 1821 couronne l'œuvre contre-révolutionnaire. Il est dans l'ordre pédagogique ce que l'ordonnance du 27 février 1821