‹ L'École française d'AthènesChapitre 7 sur 9 · FOUILLES FAITES · texte numérisé non relu

FOUILLES FAITES

PAR

M. SARMENTOS

dans la province du Minlio en Portugal.

Parmi les fouilles faites dans ces derniers temps en Portugal, les plus intéressantes sont celles exécutées par M. Sarmentos aux citanias de Sabroso et de Briteiros , situées entre Braga et Guimaraes , dans la province du Minlio. Dans cette province , on a Tliabitudé de donner le nom de citania aux ruines qui ne présentent pas un caractère romain bien défini. Ces deux citanias sont situées sur de hautes collines Pline en face de l’autre > La colline sur laquelle se trouve Sabroso a 336 m. 57 d’altitude , celle de Briteiros 278, 36.

Ces fouilles ont amené les plus beaux résultats. Les objets trouvés à Briteiros sont bien plus nombreux que ceux découverts à Sabroso. Ceux-ci consistent en fragments de poteries primitives , en haches de silex , en fusaïoles ; mais nulle part la moindre inscription , ni la plus légère trace d’influence romaine. A Briteiros par contre, on se trouve en présence des ruines considérables d’une cité disparue et dont le nom antique même reste pour nous un problème.

On y suit parfaitement les rues avec les substructions de maisons ; on voit même des restes considérables d’une enceinte construite en appareil cyclopéen. Le dallage de

certaines rues, consistant en gros blocs de pierres irrégulières , est parfaitement conservé en divers endroits. Ça et là les substructions des habitations portent des traces de mots indécliilîrables. Les constructions les plus intéressantes se trouvent au haut de la colline. Par le peu qui en reste, nous pouvons ce])endant nous former une idée de ce que devaient être ces habitations primitives. Plusieurs substrucii(ms affectent la forme d’un bâtiment circulaire d’environ h mètres de diamètre. Elles sont précédées d’une avant-cour limitée par un petit mur carré. Les grandes pierres régulières de ces constructions sont appareillées obliquement de manière â former un ensemble de losanges qui se contrebiittent réciproquement : appareil tout spécial que je n’ai rencontré que là. De plus le mur circulaire semble fréquemment incliné. Malheureusement il n’est conservé qu’à la hauteur d’un mètre , et le peu de pierres que l’on a trouvées à l'intérieur ne nous autorisent pas de supposer que nous avons ici une construction analogue aux trésors de Mycène.

Non loin de là sont les restes de diverses tombes. Les ossements n’ont malheureusement pas été conservés. Ces tombes sont formées de diverses grandes pierres recouvertes d’une dalle. Sur l’une de celles-ci j’ai remarqué une sculpture leprésentant une hache.

Parmi les antiquités retrouvées en grand nombre, il faut menlionnei* des haches en silex, des objets en bronze, en v(M*r(^ et de nombreux restes de poteries. Les ornements sont assez primitifs , et plusieurs ne sont pas sans quelque res- >emblance avec ceux des objets de Mycène. L’ornement géométrique domine, celui à feuillage est rare et il y a absence rom|)lète de représentations d’animaux. On a trouvé aussi des nbjeis romains tels que poids , tuiles, etc. : quelques monnaies dont la plus récente semble être d’Hadrien. I^es rares iVagments d’inscriptions portent des caractères romains , ei sont d'une interprétation fort difficile. On y a trouvé aussi une monnaie celtibérique. Le monument le plus eui i(‘u\ est celui qui est connu sous le nom de pedra fer- ( "est un immense bloc de 2.90 de hauteur sur 2,28

tle largeur et 0/24 d'épaisseur , orné de dessins g-ométri- <iues assez profondément sculptés : il affecte la forme dim pentagone. Les uns y voient une pierre de sacrifice, d’autres le regardent comme le fronton d’un édifice , mais le poids seul du bloc 'semble déjà contredire cette seconde hypothèse.

Je n’ai voulu qu’attirer l’attention sur l’importance de fouilles , me réservant d’en faire plus tard l’objet d’un examen approfondi. Il serait impossible d’émettre pour le moinent une hypothèse quelconque. Il semble évident que la citania de Sabroso est plus ancienne que celle de Briteiros ou que , du moins , elle a été abandonnée avant celle-ci. Celle de Briteiros a été occupée- jusqu’au commencement de l’époque impériale, comme les monnaies, qui y ont été trouvées, en font foi. La difficulté est de préciser à quelle race appartenait cette population primitive. Des études ultérieures pourront peut-être nous renseigner à cet égard. Pour arriver à un résultat définitif, il faudrait fouiller les autres citanias qui se trouvent encore dans les environs et rechercher aussi si, dans la province du Tras os Montes , presque complètement inconnue jusqu’à ce jour , on ne rencontre pas de ruines analogues.

Anocr DE Ceüiæneer,

CORRESPONDANCE DE BERLIN

LE MUSÉE DES POSTES. — LES DEENlÈBES ACQUISITIONS DU MUSÉE DES ANTIQUES.

Berlin, 10 juillet 1885.

Monsieur et honoré Collègue,

En Yous adressant cette correspondance, je ne saurais avoir la prétention de faire, en quelques pages, une description des Musées de Berlin, ni d’étudier leur organisation et leur disposition. Ce travail a du reste été fait, mieux que je ne saurais le faire, dans une série d’articles, fort remarqués, publiés par M. Emile Michel dans la Revue des Deux Mondes h Pour le moment je désire uniquement appeler l’attention des lecteurs de la Revue sur les dernières acquisitions qui ont été faites pour le Musée des Antiques. Mais avant d’aborder ce sujet, je tiens à dire quelques mots d’un musée qu’on ne visite guère, malgré le grand intérêt qu’il présente, du Postmuseum, établi au Reichspostamt dans la Leipzigerstrasse et dont la création est due à l’initiative du docteur Stephan, le véritable réorganisateur de la poste au dix-neuvième siècle^. Le but de cette institution est de réunir au moyen d’originaux, de copies, de livres et de photographies tout ce qui a trait à l’histoire des moyens de correspondance et de locomotion depuis la plus haute antiquité jusqu’à nos jours. L’examen de la partie antique doit surtout intéresser vos lecteurs. Je ne veux cependant pas passer

^ 1882. 15 janvier, 15 février et 1 mai.

2 Katalog des Reichs-Post Muséums, Berlin 1882.

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