AVERTISSEMENT XVII
pecteur d'académie au préfet. On n'a mis là le préfet à la place du recteur, et on ne l'y maintient que pour qu'il puisse au besoin subordonner les intérêts de la pédagogie à ceux de la politique. Cela est fâcheux pour un gouvernement qui professe l'intégrité en matière électorale, et qui d'ailleurs donne tant d'importance, avec tant de raison, aux questions scolaires.
Quelque sérieuse que soit cette question, les relations de nos écoles avec le clergé et tout ce qui a rapport à la religion et aux idées religieuses, ont une bien autre gravité. Je crois pouvoir en dire mon avis avec impartialité, malgré ma préférence bien connue et depuis longtemps déclarée pour les écoles laïques, et ma qualité d'ancien ministre. On se laisse trop souvent guider par l'esprit de parti dans cette matière, qui touche aux plus grands intérêts du pays. Il faut y apporter beaucoup de sang-froid et de bonne foi.
Le clergé catholique a essayé à diverses reprises de s'emparer de la direction des écoles. Qu'il le fît sous la Restauration, cela pouvait paraître tout naturel, puisque le caractère de la Restauration, prise dans son ensemble, était le retour aux idées et aux pratiques de l'ancien régime. Après 1830, 1848, 1870, l'État est devenu et pour toujours, indépendant de toute Église. Les clergés de toutes les religions peuvent faire de la propagande par les moyens de la liberté; mais ils ne peuvent rechercher une domination officielle, en quelque matière et à quelque degré que ce soit, sans entrer en lutte avec l'esprit de nos institutions et avec les sentiments bien manifestes de la majorité de nos concitoyens.
On a donc très bien fait de ne pas donner aux clergés et particulièrement au clergé catholique, puisqu'il s'agit surtout de lui, la direction de nos écoles, ou la domination sur nos écoles. Tous les citovens, quelle l'écolb. b