XVIII AVERTISSEMENT
que soit leur religion, doivent profiter des écoles publiques avec la même sécurité pour leur conscience et la même dignité. Mais il y a une grande différence, à mon avis, entre exercer la domination sur les écoles, et prendre part aux délibérations d'un comité avec une influence restreinte, et proportionnée à l'influence qu'on exerce en fait dans la société. La loi de 1833, appliquant les principes recommandés par les meilleurs esprits et consacrés par l'expérience des pays voisins et notamment de l'Allemagne, en même temps qu'elle chargeait l'Université de diriger et d'administrer les écoles, plaçait à côté d'elle pour la surveiller et la seconder, des conseils de divers degrés, communaux, départementaux, académiques, formés de membres indépendants, pris avec soin dans toutes les professions. On n'a pas expressément renoncé à cette règle; mais on a considéré la profession ecclésiasr tique comme n'existant pas; on a mis dans le conseil des magistrats, des médecins, des savants; on en a exclu les prêtres. Le curé, dans une commune, est, quoi qu'on fasse, un homme important; il est le plus lettré, et quelquefois le seul lettré dans les communes rurales ; il exerce une influence prépondérante suV l'esprit des femmes; beaucoup d'hommes comptent avec lui et reçoivent avec respect ses conseils. En l'associant à la surveillance de l'école, la loi de 1833 avait pour but non seulement de profiter de son expérience et de son autorité morale, mais d'assurer à l'école son intérêt, sa bienveillance. A cette bienveillance, assurément très précieuse et très désirable, la loi actuelle fait succéder une hostilité très naturelle. Il devient l'ennemi ou tout au moins l'adversaire de cette école dont on le chasse. Pourtout où il pourra, il élèvera contfe elle une école rivale. Cet antagonisme commencé à propos de l'école, ne manquera pas de s'é-