XX AVERTISSEMENT
clergé ne remonte qu'à très peu d'années ; elle marque le début d'une ère nouvelle, d'une ère de combat. Elle est l'inauguration d'une nouvelle sorte d'intolérance, l'intolérance des libres penseurs, qui ne diffère de l'intolérance des catholiques que par un seul point : c'est que les catholiques sont en immense majorité, et les libres penseurs en infime minorité.
Il y a là tout à la fois une injustice et un acte de mauvaise politique. La commune est un peu traitée comme le curé. Non seulement on ne tient aucun compte de ses vœux pour le choix de la personne du maître, mais on ne lui permet même pas d'avoir une école communale congréganiste quand elle le désire. La législation, il faut le reconnaître, avait été assez hésitante sur le degré d'autorité qu'il fallait laisser à la commune. Les uns voulaient qu'elle choisît ellemême l'instituteur; d'autres, qu'elle donnât au moins son assentiment. Quant au choix entre l'école laïque et l'école congréganiste, plusieurs voulaient le lui laisser, d'autres entendaient le donner, non au conseil municipal, mais à la majorité des pères de famille constatée par le conseil départemental; la loi en vigueur jusqu'à ces dernières années laissait le préfet maître de la décision, mais lui imposait au moins l'obligation d'entendre le vœu de la commune. Il n'y aura plus lieu de faire cette consultation, puisque l'État a supprimé toutes les écoles congréganistes. Une commune fût-elle unanime pour vouloir une école congréganiste, cette école lui sera impitoyablement refusée. Il faudra qu'elle subisse, contre sa volonté expresse et unanime, l'école laïque, et même le professeur laïque que l'État lui aura choisi. Cette destitution des communes en matière scolaire a été faite par des partisans de la liberté communale. Ils expliquent que la commune sera libre dans toutes ses affaires, excepté