‹ L'écoleChapitre 18 sur 65 · XXIV AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

XXIV AVERTISSEMENT

l'État députe huit heures du matin jusqu'à six heures du soir. Le catholique n'a pas à se plaindre, car on n'attaque pas sa foi; ni l'incrédule, car on n'attaque pas son incrédulité. Un enfant qui resterait dans cette école pendant ôix ans, nuit et jour, sans aucun rapport avec le monde extérieur, en sortirait sans avoir prononcé le nom de Dieu, sans avoir aucune idée des religions positives et de la religion naturelle.

Il y a beaucoup à répondre. D'abord, on ferait cette gageure dans l'intérêt d'un bien petit nombre. Au moment où la question serait soulevée, comme il y a toujours des gens pour se faire de fête, on trouverait çà et là des pères de famille, prêts à se déclarer ravis de la création des écoles neutres. C'est ainsi qu'il y a quelques années, lé serment a été refusé coup sur coup par une demi-douzaine d'individus. Ce n'était qu'un feu de paille. La fantaisie des intransigeants en matière d'opinions religieuses et philosophiques s'étant portée ailleurs, cette fameuse question du serment est tombée dans l'eau. Un jour viendra aussi où la théorie de l'école neutre ne sera plus qu'une vieillerie démodée; mais j'admets qu'elle ait des partisans à son début. En faisant la supposition qu'elle en trouvera un ou deux par département, je crois en vérité aller trop loin. Paris pourra donner un nombre plus élevé, à cause de la propagande des clubs. Mais Paris même n'ira pas loin. Changez mon chiffre si vous voulez; vous n'oserez jamais supposer un athée sur cent pères de famille. Et notez qu'il ne s'agit pas d'obliger cet athée à souffrir qu'on exerce une influence sur l'esprit de son fils pour le détourner des doctrines paternelles. Si cet athée se bornait à demander que son fils ne fût l'objet d'aucune propagande, j'admettrais sa réclamation. Il demande toute autre chose. Il demande que, par respect pour son incrédulité, les quatre-vingt-dix-neuf

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