XII AVERTISSEMENT
transforme pas cette aspiration en règle absolue, et que l'institutrice laïque soit supérieure ou au moinis égale, à l'institutrice qu'elle remplace. Je né veux pas discuter la valeur du nouveau personnel. Je ne signale que ce point : c'est qu'on croit avoir tout fait en exigeant des grades. Je ne suis pas l'ennemi des grades, je n'en suis pas fanatique non plus. Us prouvent quelque chose, ils ne prouvent pas grand chose. On peut avoir tous les grades et être une mauvaise institutrice, même une institutrice ignorante. La possession du grade est un renseignement pour l'administration, ce n'est pas une certitude, une tranquillité. Je comprends, je veux même qu'on l'exige ; je n'admets pas qu'il tienne lieu de tout. Nous avons tellement divisé et multiplié les grades, que notre système universitaire ressemble de plus en plus à celui des Chinois. Le formalisme remplace l'intelligence. Quand on parle de remplacer tout d'un coup un millier de sœurs par un millier de demoiselles, les adversaires disent : où les prendrez-vous? L'Université répond : j'ai dix mille graduées. Soit; avez-vous dix mille maîtresses? Admettons que ces graduées sachent l'orthographe ; savent-elles l'enseigner? Qu'elles sachent l'histoire; savent-elles ce qu'il importe de raconter, ce qu'il est inutile de dire? Si elles ont la science, ont-elle$ l'art de la pédagogie? Si elles sont capables d'enseigner, sont-elles capables d'instruire? Prenez garde que cette graduée ne sera pas seulement le professeur de ses élèves, elle sera leur mère. Vous m'arrêtez à ce mot de mère. Vous dites que c'est pour cela précisément qu'il vous faut des laïques. Mais je réponds que je ne suis pas ennemi des laïques. Je conviens qu'une bonne mère sera urçe excellente maîtresse. J'admets même, ce qui sera très souvent vrai, que ses devoirs de mère de famille ne la détourneront pas de ses