AVERTISSEMENT XIII
devoirs de maîtresse d'école. Il n'en reste pas moins que vos dix mille jeunes filles ne sont pas prêtes à partir pour vos écoles de hameau ; qu'elles y vivront difficilement dans la solitude; qu'elles ne seront pas comprises des autres femmes, et ne s'accommoderont pas de leur manière de vivre; qu'une fois mariées, elles auront des préoccupations et des occupations dont le service scolaire pourra souffrir, et que leurs diplômes, qui vous rassurent contre leur ignorance, ne prouvent pas suffisamment leur compétence. Plus vous vous montrez rassurés, plus je crois qu'il y a lieu d'être inquiet.
. Vous payez mal. Non seulement les institutrices, mais les instituteurs sont très mal payés. Les adjoints et adjointes ne sont pas au-dessus du besoin. Nous yoyons tous les jours des ouvriers se mettre en grève, qui ont le double de leur salaire. Il faut changer cela, si vous voulez attirer à vous les capacités. Vous l'auriez fait depuis longtemps sans vos bâtisses inconsidérées. C'est ainsi qu'une faute en amène une autre. Je viens maintenant aux programmes. Ils sont tous trop chargés, programmes de filles, programmes de garçons, programmes primaires,, programmes secondaires. Ce n'est qu'un cri dans toute la France contre les programmes des lycées. Les médecins considèrent le surmenage comme une des causes déterminantes de la fièvre typhoïde. Les philosophes disent que si l'on veut faire un homme, il ne faut pas exercer sa mémoire aux dépens de son jugement ; les pédagogues protestent qu'il ne s'agit pas de bourrer l'enfant de connaissances souvent inutiles, et qu'il oublie en moins de temps qu'il ne lui en a fallu pour les acquérir; mais de lui donner le goût de la science, et de le rendre familier ayec les méthodes, pour qu'une fois sorti de vos mains il ait le désir et la possibilité de faire