XIV AVERTISSEMENT
son éducation par lui-même. J'aurais ici beau jeu à discuter les programmes des lycées de filles; veut-on les faire entrer à l'École polytechnique? Le bel ouvrage à se proposer que de faire systématiquement, et à grands frais, des femmes savantes! Il nous faut des femmes aimables, et des femmes utiles. M. Legouvé, M. Manuel, M. Gréard, M. Camille Sée, dans un utile recueil qu'il a fondé, donnent sur tout cela d'excellents conseils; espérons qu'on les écoutera. Pour revenir aux petites écoles, dont il s'agit dans ce livre, c'est là surtout que le superflu est non seulement déplacé, mais nuisible. Il était déjà bien difficile d'enseigner le nécessaire à ce petit peuple, et particulièrement à ceux de ces enfants qui ne trouvent pas d'aide dans leur famille. Un jour par exemple on s'est dit : il serait bon que tout le monde sût modeler. Aussitôt on a mis le modelage dans le programme, non pas, notez-le bien, dans le programme ministériel, qui peut être changé par délibération du conseil supérieur : le modelage est dans la loi. A cause de ce modelage ainsi exigé, beaucoup de filles ne sauront pas coudre. En revanche aucune ne. saura modeler. On peut, on doit fonder des écoles du degré supérieur; mais la règle des petites écoles devrait être celle-ci : savoir très peu, le bien savoir.
C'est une très bonne pensée d'élever le niveau de l'instruction dans notre pays; mais il ne faut pas se dissimuler qu'à force de chercher le superflu, on pourrait bien manquer du nécessaire. Nous avons de grands programmes et de petits résultats; et les résultats sont petits parce que les programmes sont trop grands.
Dans tout cela on a voulu trop bien faire. C'est une faute excusable, ej; dont le remède est facile. Voici une faute d'un genre différent, assez grave & mon avis,