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weurs, se résigner à ne sortir de l’école que lorsqu'il plairait à Dieu et aux anglais.
Cet état de chores est Üù aussi à ce que le Capitaine Bradburne agissant à sa guise dans ses relations de Directeur avec les élèves, il ne les présente à l’examen que quand il lui en prend envie. Et l'expérience démontre qu’entre la justice et lea élèves il interpose souvent ees rancunes, sous la forme de mille taquineries. Je dis ses rarncunes, car il y a quelquefois des aspirants, qui, poussés à bout, ne lui mâchent point leur façon de penser. Mais dès ors, gare à eux !
Pour une raison ou pour une autre, en les retenant à l’école plas de trois mois,les Directeurs désobéissent évidemment à l'ordre du
ouvernement. Qui les ramenera au devoir !
Qui les fera obéir? Je laisse la réponse à V'HonorableMinistre de la Milice.
Lors de la fondation des Ecoles Militaires, il fut réglé, par un Ordre Général en date du 25 Février, qu'outre les #50 de gratification surérogatoire accordées aux élèves après l'obtention de chaque certificat, leurs frais de voyage seraient payés par la Province. Voici comment Ja chose se faisait, Sitôt qu'il avait gagné le certificat'de seconde classe, l'élève faisait son compte sur le blanc qu’on lui donnait à cette fin, et il affirmait sur l’honneur que ses dépenses nécessaires de voyage s’élevaient à telle ou telle somme. Ensuite, après plusieur: formalités, on le payait. Ce mode était certainement défectueux: il est arrivé que plusieurs élèves sans delicatesse se sont fait payer le double et même le triple de leurs dépenses ré elles. Il fallait un nouveau règlement à ce sujet, Il est venu, mais il ne vaut guère mieux que l’ancien. À quelques élèves il donne trop ; à d’autres trop peu: il n’est pas unifor. me. Le premier péchait par imprudence ; le second pêche par excès de prudence.
Partant du principe que les élèves doivent être indemnisés de leurs frais de voyage, il faudrait trouver le moyen de les payer suflisamment, sans les payer trop.
Un Ordre Général, en date du 5 octobre 1864.
règle ainsi l'allocation qui sera faite nour cou vrir les frais de voyage des candidats, après l'obtention du certificat de seconde classe :
10 oentins pour chaque mille parcouru en voiture, à une époque quelconque rie l’année ; 3 centins par mille parcouru en chars ou en bateaux, a partir du 1er mai jusqu’au 31 d’octobre, et 4 centins depuis le le: novembre au
80 avril. Ce tarif devra couvrir en sus les frais des repas, des charretiers dans les villes et les autres dépenses nécessaires avant que l'élève aît choisi une pension,
Un seul exemple fura voir que cette di sition est au désavartage d’un grand nombre d'élèves, en même temps qu’à ge des autres, et que n'étant pas uniforme, elle doit être changée.
Un élève se rend de St. Hyacinthe à Qué.
bec Il doit d'abord débourser 84.00 pour frais de passage, y compris l’usage du S/eeping car. A Richmond ou à Hécancour, il lui faut prendre an repas : $0.874. Rendu à Québec, il devra louer un charretier pour le conduire à l'hôtel, en attendant que sa pension soit trouvée : $0.25. A l'hôtel, il ne peut dépenser moins de $0.50. Ll'our se rendre de l'hôtel à sa pension: #0.25, Pour retourner chez lui, il dounera $4.00 pour les chars, 80.50 pour un repas et $0.25 pour un charretier, Ces sommes ajoutées à la précédente forment le total de $10.124. Remarquons que jo ne compte pas ici le prix du charretier de Sk.
Hyacinihe qui le transportera à la Stetion du Grand Tronc etqui l'en ramènera. Voyons maintenant ce qui lui est accordé par le nouveau tarif. C'est avec le Direc'ory de Lovoll que l'on calcule les distonces, On trouvera qu'entre Québec et St. Hyacinthe il y a 187 milles ; à 3 centins du mille, il reviendra à l'élève 84.11 ; autant pour le retour, total: $8.22.
Soustrayez cette somme du chiffre réel de ses dépenses. Vous verrez qu'il y perd $1.904.
Ce qui arrive pour les élèves de St. Hyacinthe aura également lieu pour ceux de 20 autres localités.
En caleulant sur le même pied ce qu’aura à débourser l'élève qui partira de Montréal, où trouve qu'il ne dépense, lui, que 48.124 ; chacun sait que de Montiéul à Québec le prix de passage par les chars est de plus de la moitié moindre que de St. Hyaciithe à Québec, quoique Montréal soit plus éloigné Jde Québec de 31 miles: les prix sont en raison inverse des distances. La somme allouée au ‘andidat sera $9.18. Il gagnera donc 81.064
Cela n'est pointla faute des directeurs de l'école ; muis voici ce qui peut leur être imputé.
Ona vu qu’à partir du ler novembre, # centins, au lieu de 3, sont alloués pour chaque mille parcouru. Les élèves arrivés à Québee pendant l’été et qui ne retournent chez eux
qu'après le ler rovembre, auraient donc droit, pour leur retour, au centin additionnel. Tous devraient dono l'avoir l—Oui ! s'ils étaient tous anglais !
Th n'y à guères plus de trois semaines, cinq élèves anglais obtenaient en même temps le certificat de seconde classe. Ils avaient l'intention «le demeurer à l’école pour avoir celui de promière classe. On leur accorda le centin additionnel. O était bien.
Mais le lendemain quelques canadiens obtinrent à leur tour le sécond diplôme : ils avaient l'intention de rester à l'école pour ob. tenir le premier, Ils avaient droit au centiu additionnel : on le leur refusa. Vous voulez savoir sans doute qui est chargé de régler ces comptes, qui a commis l'injustice quo je viens de rapporter, afin de l'écraser sous votre iudi. ee ; je vais vous le nommer : c'est l’adju-
nt de l’école, le capitaine Bradburne.
Il ÿ eut donc là injustice, et injustice criante ; préférence, et préférence odieuse : favoritisme, et favoritisme éhonté. Eh ! bien, à l'école militaire de Québec, il en est toujours ainsi. L’anglais commence par se faire la part du lion, sans se soucier des autres le moins du monde. John Bull avant tout ! !
Que l'on ne se figure pas que le refus du centin additionuel soit une bagatelle : ce serait se tromper. Le principe est là: la justice a été outragée. Qu'un sou ou que mille louis soient en cause, cela ne fait rien. Qu les cinq anglais dont je parlais tout-à-l'heure avaient droit au tarif qu’on leur à alloué, et alors les canadiens, qui le réclamaient le lendemain, c’est-à-dire à un terme plus rapproché du 1er uovembre, y avaient également droit : on les frustrait donc. Ou les premiers n’y avaient aucun droit, et alors on a triché le gouvernement en leur faveur.
Devant de semblables injustices répétées journellement, est-il surprenant que les élèves canadiens conservent un pénible souvenir de l’école militaire ? Doit-on s’étonner qu’ils s’habituent à hair, à détester les anglais? Et c'est ce qui arrive. Sur 100 vous en trouverez 90 qui leur vouent une haîne éternelle, Combien n’en ai-je point entendus qui les maudissaient ? qui se servaient, pour les qualifier, des termes les plus injurieux ? qui se promettsient de ti. rer, tôt ou :ard, une vengesnce éclatante des directeurs de l'école?
On lit dans la circulaire du 2 novembre!
1863, adressée par M. de Salaberry aux ma- . jors de brigade :
‘ Vous, attirerez particulièrement l'atten- “ tion des “pire au fait q nn M M “ déterminée d'assistance à l'école enseigner “ ment militaire n'est requise pour miles “ l'aspirant en état de se qualifier pour l'une ‘ ou l’autre classe de certificat.
“ Ce sur quoi lon insiste est la connais:
“ sance, de quelque manière qu'elle soit sc- “ quise, de l'exercice et de l'économie d'ype “ compagnie pour un certificat de seconde “ classe, et de celle d'un bataillon pour un “ certificat de première classe,” |
Pourquoi les directeurs de l'école ne 8e conforment-ils point à cette règle émanée du gouvernement ? Pourquoi retiennent-ils si souvent au-delù de trois mois des élèves qui depuis longtemps sont prêts à subir les examens d'usage ? Et pourquoi ces élèves sont-ils toujonrs des canadiens ?
Qu'on les retienne trois mois, même lorsqu'au bout de quelques semaines ils connaissént toutes les branches de l'instruction militaire enseignées à l’école, bien peu s’en plaindront ; car, après tout, leur engagement ayant été signé pour trois mois, ils ne sauraierit exiger d’être déchargés plus tôt. Mais de grâce, qu’on n6 les y laisse point végéter plus longtemps que cela! si on ne veut point remplir Pintention du gouvernement ci-haut exprimée du moins qu'on u’enfreigne point l'acticle 6 de la circulaire qui ne permet pas plus de trois mois d'assistance à l'école ! La chose est assez importante pour qu'on n'en fasse point un jeu.
J'aimerais bien à savoir pourquoi le capitaitaine Bradburne conseille si fréquemment aux élèves canadiens de retourner dans leurs familles avec un seul certificat. Cet excès d'attention pour leur santé ne les rendra pas plus reconnalssants, c’est bien certain! Quand ils vefusent de l’en croire, il lui reste une consolation, c’est de les retenir le plus longtemps possible auprès de lui. Désintéressé à l'extrême, il se résigne, même dès leur entrée à l’école, à se priver de leur présence dans leur intérêt ; puis quand il voit qu'ils ne font pas.attention à sa sollicitude, son amitié lui commande de ne se séparer d'eux qu’à la dernière extrémité ! C'est peut-être là l'explication du séjour forcé de plusieurs d’entr'eux ! Îl est toutefois singu-
lier qu’il ne se prenne ainsi d'ajtarheriene que
pour les canadiens, et alors seulement que sa phrase habituelle : Youw’d better ga home n”eu aucun eflet !
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Si nos compatriotes ne déployaient point autant d'énergie qu'ils en montrent, au milieu des mille et une taquineries qui leur sont suscitées, s’ils ne déclaraient pas péremptoirement leur résolution de ne retourner ches eux
u’avec les deux certificats, nous n'en verons pas, par mois, dix qui les obtiendraient.
Qu'on me permette de g : srl un fait qui m'est personnel, afin de démontrer de quels moyens puérils le capitaine Bradburne se sert pour taquiner les Canadiens. Le terme de mon engagement touchait à sa fin. Prêt depuis longtemps à subir les examens de première classe, je le sollicitais eu vain de me mettre à l'épreuve. Vous n'éles pas prét, était sa réponse banale, Un jour que je le pressais plus que jamais de me laisser commander le bataillon devant le colonel Gordon (c'est en cela que consiste l'examen de batallon), il me répoudit : C’est inutile, vous n'avez pas encore répondu aux queslions d'économie interne.
Deux jours après, je lui demrndai de me permettre de répondre à ces mêmes questions d'économie : Ce serait inutile, dit-1l, vous n'avez pas subi l'examen de bataillon.
Aümirable logique anglaise !
Ce ne fut que dix jours après qu’on me
ermit de subir ces examens : j'aurais aussi
Pin réussi trois s:maines plus tôt.
Ce n’est là qu’un exemple «otre millo des tracusseries qu'invente contre les Canadiens l’adjudant de l'école, homme tout pétri de
préjugés.
Depuis l’ouverture de l’école jusque vers la première moitié d'octobre, pour s'assurer que les élèves possédaient une connaissance suffsante de l'Economie Interne, le Capitaine Bradburne leur posait verbalement, en présence du Colon: Gordon, quelques questions à peine. (C'était là tout l'examen, une vraie blague. (Celui qui ne savait rien réussissait tout comme celui qui avait étudié. Il n’était pas rare, à chaque examen, d'en voir un ou deux s'abstenir scrupuleusement de donner une seule bonne réponse ; ce qui ne les empéchait point d'obtenir le premier diplôme. Maintenant l'examen 5e fait par écrit ; il est sévère ; il faut répondre à une trentaine de questions.
Le premier qui dut répondre de cette manière fut un jeune homme bien capable, mais contre lequel malheureusement l’adjudsnt semblait avoir une forte dent. Son examen fut
jugé excellent : mais s'étant roidi contre une nouvelle taquinerie, il dut le lendemain recommencer un autre examen qui fut encore à son avantage.
Quel droit avait l’Adjudant de le soumettre à vue nouvelle épreuve, surtout après s'être déolaré satisfait de la première ? Si l'élèse eût refusé, il n'aurait pas obtenu le premier certificat, j'en suis bien convaincu.
Quand un élève est empêché par la maladie:
d'assister regulièrement aux exeroices, il peut,. sur présentation d’un certificat du médecin, reprendre le temps perdu. Ce n’est que juste. Or, il y a environ trois semaines, un de mes amis, qui venait d'obtenir le certificat de seconde classe, reçut du Colonel Gordon, par l'entremise du capt. Bradburne, l’ordre de laisser l’école, sous prétexte que son engagement était expiré, Il avait cependant dans sa poche un certificat du médecin du 17me Régiment, en vertu duquel il avait droit de demeurer encore quatre jours à l’école, et de se préparer au premier diplôme. Ileut beau le présenter aux directeurs, il eut beau se plaindre à M. de Salaberry, qui, malgré sa bonne volonté, ne putrien en sa faveur, il dut quitter l’école. Tant il est vrai que le gouvernement (représenté par M. de Salaberry) na peut rien contre les caprices des directeurs !
Ainsi, quand d’un côté des élèves sont retenus à l’Ecolo au délà du terme de leur engagement, malgré l'intention du gouvernement, de l’autre, on les en exclut avant l'expiration de leur temps, malgré leur droit d'y demeurer.
Injustice A deux tranchants !
Je ne pousserai pas plus loin l’exposé des abuc qui déparent le fonctionnement de l'Ecole: Militaire de Québec, non pas que la matière fasse défaut, mais parceque je suis dégouté de mon sujet, et que l’espace dont je dispose dans les colonnes de ce journal me prescrit des bornes
J’ai fait la part des reproches assez large : je puis maintenant faire celle de la louange, efin qu'on ne m'oppose point avec raison ce vers de Victor Hugo :
La louange est sans pieds et le blâme a des ailes,
D'ailleurs la justice me l’ordonne.
Si, dans seg rapports avec les élèves en tant que professeur, le capitaine Bradburne est loin de mériter les suffrages des Canadieus, ce qui peut, à la vérité, être dû en par-
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tie à ses occupations trop nombreuses pour un seul homme, il est impossible de nier que dans ses relations privées il soit un parfait gentilhomme. Comme tous mes confrères et amis de lEcole, je n’ai qu'à me louer de l’urbanité, de la politesse qu’il m'a montrées chaque fois que nous nous sommes rencontrés sur un äutre terrain.
De plus, il est un des officiers les plus instruits du 17e Ré;iment. Ses connaissances s'étendent sur tous les sujets qui de près ou de loia touchent à l’art militaire. Le zèle qu’il déploie à l’école pour l'observation de la disciphne, et la peine qu'il prend pour l'avancement des élèves en général, justifient le choix du gouvernement. C’est un homme qui, dans l’armée, n’a été promu qu’eu égard à son mérite.
Ji en est de même du Colonel Gordon. Ses rapports aveo l’école ne soit pas immédiats : ilne s’y montre que pour les examens. La seule chose que les élèves soient en droit de lui demander, c'est d'y aller plus régulièrement ét de ne se point croire tout à fait exempt d'égards onvers eux.
Le Col. Gordon n’a été promu au rang qu’il occupe aujourd’hui que par ses oonnaissances et sa valeur pendant la Campagne de Crimée,