‹ L'École Saint-Édouard à Beauport [microforme]Chapitre 15 sur 30 · DISCOURS DE M. L. ROBITAILLE, M. P · texte numérisé non relu

DISCOURS DE M. L. ROBITAILLE, M. P

Monseigneur, Révérends Messieurs, Messieurs.

La fête qui nous réunit ici, en ce jour, est une de celle qu’une paroisse aime toujours à voir, car cela lui donne l'occasion d’avoir l'honneur de la visite de celui que l'on chérit avant tout, le digne archevèque qui préside aux destinées de l'église catholique, dans notre immense district.

D'un autre côté, le monument que nous avons en ce moment sous les yeux, n'est-il pas appelé à faire l'ornement de la populeuse et florissante paroisse de N. D. de Beauport? Ne vous révèle-t-il pas le grand amour pour la cause de l'éducation, que porte le donateur de ce beau collège Monsieur J.-E. Bédard — ne nous révèle-t-il pas aussi le zèle infatigable du digne curé de la paroisse le Rév. M. Déziel et de ses aides, zèle qui n'a pas cessé tant qu'il y a eu une pierre de l'édifice à mettre en place.

Sa Grandeur M l'Archevèque de Quebec a eu tout à l'heure, des paroles toutes de bénédiction pour parler de notre nouveau collège et nous avons compris une fois de plus, tout le bien que nous veut le distingué prélat qui ne manque jamais une occasion d'assister à nos fêtes religieuses.

Comme une ombre au tableau, les quelques mots, qu'on me demande de vous adresser, en cette circonstance,

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en ma qualité de représentant, me cause quelque inquiétude et je me demande avec anxiété, Monseigneur et Messieurs, ce que mes lèvres pourraient bien articuler afin que je puisse m'élever dignement à la hauteur de la situation.

Ce monument maintenant impérisable, qui abriterat-il? des hommes d'état ; des législateurs ; des tribuns ? non, pas encore, mais dans ses larges corridors, l'on verra, ces jours-ci s'y coudoyer, ceux qui sont appelés à devenir un jour les hommes que j'ai nommés tout à l'heure. Les enfants, les élèves des classes qui seront assurément les hommes de demain, l'avenir de notre pays si catholique et si canadien. Et si ma voix pouvait se faire entendre de ces enfants, je leur dirais avec l'élan du plus parfait ravissement : c’est dans vos cœurs que se lève le soleil, et les oiseaux chantent dans “os pensées ; dans votre âme courent les clairs ruisseaux. Les enfants sont au monde ce que sont les feuilles à la forêt ; ce que l'air et la lumière sont à la plante ; ce que la sève est au bois ; ils sont les rayons d'un climat plus brûlant et d'un soleil plus chaud, pour leurs chers et bien-aimés parents. Enfants, vous êtes plus encore : vous ‘valez plus que toutes les ballades qu'on a chantées. Vous êtes de vivants poèmes lorsque tout le reste est déjà mort.

Et je me résumerai en ajoutant comme dans une romance bien populaire autrefois et avec laquelle bien des mères canadiennes ont bercés leurs enfants sur leurs genoux :

Ange des cieux, que seras-tu sur terre ?

Homme de paix ou bien homme de guerre ; Prêtre à l'outel, beau cavalier au bal, Brillant poète, orateur général ?

En attendant sur mes genoux, Oh ! mon bel ange, endormez-vous.

Monseigneur, Messieurs, il ne me reste plus qu'à offrir mes sincères remerciments à tous ceux qui ont contribué à ce monument et particulièrement à Sa Grandeur M“ l'archevèque Bégin, qui a bien voulu y apporter la bénédiction du ciel et qui a prononcé de si belles poroles, il y a quelques instants. Je remercie, en mème temps tous ceux qui sont ici présents pour leur bienveillante attention.

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