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qu'une fois dans sa vie ; tous, quoi que nous soyons, oil que nous soyons, nous vivons encore de cette renaissance reiigieuse. » — La-dessus la discussion s'engage au sujet des doctrines de F^cole; et Andrieux de montrer toute I'histoire dominie par quelques grands couples qui comprennent un souverain pour le temporel etun re forma teur pour le spirituel : Constantin et Athanase, Charlemagne et Gr^goire VII, Charles-Quint et Luther, enfin Napol6on et Saint-Simon. 11 expose comment la charit6 chr6tienne, encore incomplete, va faire place a la charity saint-simonienne, qui s'6tend sur la matiere comme sur I'esprit. Puis il explique la transformation du dogme traditionnel : la vie future apr^s la mort devient la renaissance du mort dans le vivant, et se complete par Teternit^ avant le berceau ; le Christ devient un androgyne, qui personnifie I'union de Thomme et de la femme. Devant ces theories 6tranges, les interlocuteurs d'Andrieux r6sistent, protestent, mais se laissent peu k pen convaincre; et finalementlecatholique, le protestant, le philosophe, auxquels s'est joint un juif revenu de Jerusalem, s'accordent i c616brer la religion nouvelle, I'epoque messiaque procHaine, et la formation du « tiers parti religieux » qui unira toutes les anciennes doctrines. — Le livre est bien sup6rieur k la Vie ^ternelle ; Barrault essaye, avec beaucoup plus de force et de pr6ci-
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sion que son malire, de transformer tons les dogmes chr6tiens en dogmes saini>simoniens, de presenter cet « fivangile 6temel » que Lessing avait annonc6. L'ouvrage a des longueurs, mais le style est chaleureux, souvent Eloquent; le livre Maitdignede rester la derni^re ceuvre dogmatique de la grande 6cole (i).
Bien d'auires disciples gard^rent jusqu'4 la fin non seulement leur foi, mais resp6rance de la voir se r^pandre. Holstein, qui connaissait depuis long^ temps la famille d'Enfantin, laissa par testament une somme de 10,000 francs pour propager la doctrine, en la remerciant de Tavoir ramen6 h la foi, et il ajoutait : « Gloire k Dieu ! gloire au P^re I (2) » Isaac P6reire avait mis k la disposition d'un fils d'Arl^s-Dufour i5,ooo francs pour publier et distribuer k profusion un cat^chisme populaire saintsimonien^ lorsque la mort vint le surprendre et fit avorter ce projet (3). D*autre part les amis d6sign6s par Enfantin entreprirent aussitdt apr^s sa mort la publication des archives. Apr6s treize vo-
(1) Barrault soutenaitses croyances dans de fr6quentes causeries avec son ami Sainte-Beuve {Nouveaux Lundis, xm, p. i3). II mourut en 1869.
(2) CEuvres^ X, p. 206.
(3) Le fait m'a 6t6 racont6 par M. Arlfes-Dufour fils, qui a fait avec le concours d'Isaac P6reire la liquidation de la grande edition des oeuvres de Saint-Simon et d'Enfan tin.
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lumes de notices, consacr^s k raconter la vie de Saint-Simon et d'Enfantin et k r^sumer T^ge h^roique de la se<?te, ils publi^rent les oeuvres du precurseur et celles du P^re, ainsi qu'une bonne partie de sa vaste correspondance ; la pi6te filiale leur fit mdme ^diter beaucoup de lettres qui auraient pu sans inconvenient demeurer inconnues. Contre leur doctrine ils ne laissaient passer aucune satire, qu'elle vlnt de M. Dupanloup, qui avait d6nonc6 la secte dans sa Lettre d un cardinal^ ou de M. Vacherot, qui lui avait reproch^ ses abei> rations mystiques (1). Vint 1870, T^croulement de FEmpire, la guerre, la Commune. Ces vieux ap6tres avaient en eux une telle puissance d'opti* misme, une t^Ue foi dans Tavenir, qu'ils ne furetit point d^courag^s. Gu6roUlt, dans un article public par la Revue des Deux^Mondes le 1®' hovembre 1870, demandait au goUvertieiilent nouveau, comme auparavant k TEmpire, des r^fonnes en faveur de la classe ouvri^re, seiil moyen d'^viter les revolutions ; il mourut qnelques ann6es apr^s dans la foi saint-simonienne, qui fut 6galement celle de M™^ Gu6roult jusqu'^ Finstant supreme (fi). Lemonnier, tandis quesafemme cr6ait
(1) CEuures, XXXVI, pp. i54 et 179;
(2) Les journaux annonc^rent la mort de M"" Guerdult (pendant I'hiver 1891-92) en disant qu'^Ue avait 6t6 en^ ierr^e civilement; une note de la famille, rectUdanX cette
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les excellentes ecoles professionnelles qui s'appellent encore 6coIes Elisa Lemonnier, s'^tail consacre aux soci6t6s internalionales de paix et d 'arbitrage; dans un livre public pen apr^s Tannic terrible, il exposa le but poursuivi par ces associations et n'h^sita pas k declarer que, malgr6 les apparences, nous sommes peut-^tre plus pr^s que jamais de la paix definitive (i). Laurent (de TArd^che) continua la grande publication des 6crits saint-simoniens, m^me quand tous ses coUaborateurs furent morts ; dans les prefaces des volumes parus entre 1871 et 1878, il louait Thiers de combattre 6galement reactionnaires et communards, et le suppliait d'aborder les r^formes sociales ; jusqu'au bout il d^clara que Tatheisme ^tait la cause de tous les maux, et que leNouveau Christianisme, comments par Enfantin, donnait le secret de tous les rem^des ; s'il s'arrfita dans sa publication apr^s le quarante-septi^me volume, ce ne fut pas faute d'ardeur, mais faute d'argent. Vingard, dans un livre naif et touchant, racontait ses souvenirs, sans rien changer a ses convictions de 1882. Gustave d'Eichthal rassemblait quantity de documents pour ccrire I'histoire de T^cole, et k ce propos il ^crivait peu avant sa fin : « Depuis soixante ans le
information, affirma qu'elle 6tait morte fldfele k sa religion, le saint-simonisme.
(1) Lemonnier^ les Etais-Unis d'Ei^rope, 1872.