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CHAPITRE DEUXIÈME

La Royauté sociale.

Dans l’ancien ordre social chrétien et national, le roi était un roi social, un roi placé à la tête de la société que formaient les corps de métier solidarisés. En lui, qui accomplissait dans la nation le plus noble des travaux, le travail était roi. En occupant la place sociale

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et politique la plus élevée, à la tête du peuple, il personnifiait l’identité de la fonction sociale et de la fonction politique. Et cette idèntité se transmettait dans tous les degrés de l’échelle sociale jusqu’au maître du corps de métier et au maire du moindre village.

Tous travaillaient à l’œuvre nationale diversifiée et divisée à l’infini. La prospérité nationale était à la fois le but commun et la récompense. Pas de travail sans salaire, pas de profit sans travail.

Le droit de la royauté légitime à l’obéissance volontaire et au respect naturel du peuple a pour terme correspondant le devoir de gouverner suivant les lois, en toute sollicitude pour le bien du peuple. Qui nie ce fait ignore les principes de la morale chrétienne, par laquelle tout droit trouve dans un devoir correspondant son corollaire obligé. La vieille expérience de l’histoire nous enseigne que l’oubli continu et criant des devoirs royaux entraîne toujours la perdition morale et matérielle du peuple. Alors éclate à son tour cette révolution qui a déjà renversé tant de trônes. Nous ne faisons que rappeler une vieille vérité en disant que « la légitimité seule ne suffît pas ». — Vérité qui ne peut être encore ignorée que de ceux qui vivent en dehors d'une culture chrétienne.

Cette royauté chrétienne, responsable et profondément enracinée dans les cœurs, présente le contraste le plus brutal avec le monstre né du libéralisme, la royauté parlementaire et irresponsable, le roi de la charte. On lui a enlevé ce qui constitue la dignité de tout homme : la pleine responsabilité de ses actes. La royauté en est venue là dans presque tous les pays, après avoir trouvé trop étroites les limites tracées par la loi divine et le droit des peuples. Après avoir voulu s’approprier la toute-puissance des Césars et des tyrans, après avoir voulu soumettre l’Eglise de Dieu elle-même, la royauté est devenue un fantôme, un jouet des partis, au moindre signe desquels elle doit obéir : le sceau dans la main d’un ministère de majorité, la risée des peuples.

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Le prophète a fait entendre cette menace au peuple rebelle : « Je leur donnerai des princes puérils ; des efféminés régneront sur eux. Le peuple se soulèvera, homme contre homme, chacun contre son proche. L’adolescent s’élèvera contre le vieillard et l’inférieur contre le supérieur. » — Nous voyons journellememt s’accomplir cette menace, partout où une royauté forte, mais humble dans sa responsabilité, a cédé la place à une ombre ; partout où les peuples opprimés, dépouillés d’autorité, de liberté, de justice, sont réduits à pousser ce cri du désespoir : « A bas le roi de carton ! »

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