‹ L'école sous la Révolution française: d'après des documents inéditsChapitre 10 sur 76 · SOUS · texte numérisé non relu

SOUS

La Révolution française n'a pas été seulement une révolution sociale et politique; elle a voulu être une révolution religieuse. Née de la philosophie antichrétienne, déiste, le plus souvent impie du xviii® siècle, elle a prétendu substituer à Dieu l'humanité et absorber la liberté du père de famille dans le panthéisme tyrarinique et exclusif de l'État. Gouverner les âmes comme les intérêts, constituer un culte et un sacerdoce de l'État; incarner l'État soit en un seul maître, soit en une oligarchie non moins despotique : t6i a été le but de ceux qui aspiraient à être les grands pontifes de la France. On parle aujourd'hui de laïciser; Mirabeau disait alors plus franchement « décatholiciser ». Et c'est parl'instruc-

tien à tous ses degrés, mais, surtout par Tinstruction primaire, qui prépare l'homme dans Tenfaiit, que les réformateurs pensaient atteindre plus sûrement à Taccomplissement de leurs vœux. Ils se sont repris bien des fois à cette œuvne; les rapports ont succédé aux rapports, les lois se sont accumulées sur les décrets et les ar-

rêtés sur les circulaires : au bout de ce grand et long effort et malgré une dépense de bonne volonté et d'énergie considérable, cette tentative . contre Dieu, contre le génie de la France, contre les libertés les plus élémentaires, n'a été qu'un éclatant et pitoyable échec.

L'histoire de l'instruction primaire pendant la période révolutionnaire peut se résumer par ces deux propositions :

Tout fut détruit;

Rien ne se fonda.

Les écales de tout ordre s'écroulèrent avant même que leur arrêt fût prononcé, et lorsque, sur les emplacements vides, on tenta de reconstruire, il n'apparut que des décrets, nombreux il est vrai, mais dont M. Jules Simon lui-même a dû écrire qu'ils furent « hardis mais stériles. >

Par suite de quelles circonstances et de quelles lois l'instruction se trouva tout d'un coup désorga-

aisée de fond en comble ; à quelle assemblée remonte la responsabUité de ces ruines irréparables;

Le caractère des établissements nouveaux et la cause essentielle de leur insuccès ;

Comment fonctionnaient ces écoles ou plutôt ces ombres d'écoles ; ce qu'étaient les maîtres, l'enseignement, l'éducation;

En regard des écoles publiques, l'aventureuse et pénible fortune des écoles libres, et néanmoins, d'après tous les témoignages contemporains, leur prospérité relative :

Tels sont les principaux traits du tableau que je voudrais retracer.

Il se divise naturellement en trois périodes.

La première comprend l'Assemblée constituante et l'Assemblée législative ;

La deuxième, celle de la Convention, embrasse deux époques distinctes, l'une antérieure, l'autre postérieure au 9 thermidor;

La troisième, celle du Directoire, se trouve aussi séparée en deux par le 18 fructidor.

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