Archives nationales, F
19.148 1. 4 s. 8 d. de revenus : une partie de ces revenus tombe entre les mains de l'État ; l'autre est emportée par la suppression des < abus féodaux. » Des Doctrinaires qui tenaient le Collège, deux étaient partis, dont l'un, procureur de la maison de Paris, avait été arrêté comme réfractaire et « expédié >, c'est-à-dire assassiné le 4 septembre 1792, à Paris, au séminaire Saint-Firmin ; neuf étaient restés et avaient prêté le serment civique; mais, non plus que les Bénédictins à Pau, les Oratoriens àTarbes, les Joséphistes à Nantua, etc. , ils n'étaient payés de leurs appointements.
La caisse civile du Roi fournissait un secours de 5.000 livres au Collège de Bastia. Cette caisse étant supprimée , les professeurs de Bastia et ceux d'Ajaccio ne sont plus payés depuis juillet 1790. Les administrateurs du département, parmi lesquels on remarque les noms de Buonaparte, de Pietri, d'Arrighi, réclament par lettre du 1®^ mars 179J(1).
Les ducs de Lorraine avaient constitué un véritable trésor pour l'instruction publique : Université à Nancy et à Pont-à-Mousson ; collèges d'in-
i, Arch, nat,, F. 17, lOOl, 1002, 1004, lOil; F. 62990 et 62991. — Ce qui reste de l'ancien séminaire Saini-Firmin est situé rue du Cardinal-Lemoine, au coin de la rue des Ecoles.
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stituteurs à Nancy, Vie, Lunéville, Pont-à-MousH
son, Toul. Dans tous ces établissements il est dû,
le 11 février 1792, un an, deux ans et jusqu'à trois.
ans d'appointements, et le Directoire de la Meurthe
réclame le payement, par le Trésor royal, « des
fonds qui sont passés dans les mains de la nation (1). > Les Minimes, que Louis XVI avait chargés de la
direction de l'École d'artillerie de Brienne ; les frères desécolesclirétiennesd'Avranches,deCliâteaudun, deRotrou, deMorhange (Moselle); les Congréganistes qui ont prêté serment et auxquels on ne paye rien, faute de fonds, et ceux qui, s'y étant refusés, ne reçoivent rien sous prétexte qu'ils sont réfractaires aux lois ; les Oratoriens de Troyes, qui demandent une légère augmentation que le Directoire de l'Aube leur refuse, tout en les invitant « à donner à la République une nouvelle preuve de leur attachement (2) ; » des pères de famille qu*un zèle louable a entraînés à continuer lœuvre des religieux démissionnaires, et dont l'ardeur n'est pas mieux récompensée : tels sont, de tous côtés, les pétitionnaires qui s'adressent à l'Assemblée législative, au Comité d'instruction publique, aux ministres, et qui ne reçoivent ni
i. Arch. naL, F 17. 1004, n« 337. 2. Arch. ml., F 17. 1001.
argent ni réponse. La nécessité où ils sont réduits^ 1q dégoût d'un état où tout manque à la fois, considération, stabilité, appointements, élèves; l'isolement et la misère, achèvent de rompre les liens qui attachaient à leur profession ces hommes dévoués. Les plus âgés entrent dans les fonctions civiles qu'ont abandonnées les titulaires ; les plus jeunes vont aux armées ; des prêtres et des congréganistes, les uns se cachent ou s'exilent ; les autres monteront sur l'échafaud ou bien seront emprisonnés ou déportés.
Il y a une date où toutes ces réclamations cessent ou du moins ne laissent plus de traces : l'année 1793. C'est qu'alors tout a disparu, et ce qui reste se tait.
Dans un rapport au Roi, en 1812, M. Villemain établissait qu'en 1789 40.621 enfants étaient élevés gratuitement, en outre 'de 3.249 bourses pour les séminaires. Or la loi du 5 janvier 1791 avait réservé à l'Assemblée le droit de statuer sur les bourses à accorder ou plutôt sur les candidats aux bourses; mais il en alla des bourses comme du reste : les capitaux entrèrent à la Trésorerie pour n'en plus sortir.
Ainsi, biens d'abbayes et de fabriques qui alimentaient des écoles, vendus; prébendes précep-
32 Liv. I. l'assemblée constituante.
toriales, confisquées; généreux donateurs dans le clergé, la noblesse, la bourgeoisie, forcés d'émigrer et de suspendre leurs libéralités (1) ; bourses, constitutions de rentes, caisse civile du Roi, donations de toute sorte, acquises au Trésor public ; immeubles, même communaux, aliénés malgré les communes; enfin, le produit des octrois, des dîmes et redevances gratuitement perdu : voilà comment
la Constituante a ruiné les Universités, les collèges, les écoles. L'État s'est substitué aux particuliers ; il les a dépouillés, sans s'enrichir luimême; il a détourné frauduleusement tous ces dons, toutes ces fondations de leur destination légitime; un jour prochain viendra où il tentera de réédifler ce qu'il a détruit; mais de tous ces biens mal acquis,il n'aura rien gardé, et, faute de ressources, ses projets seront frappés de stérilité.
1 . « Il a toujours existé dans Gaillon deux établissements publics pour l'éJucation des filles et garçons, et les maîtres et maîtresses d'école ont toujours été payés et logés par MM. les archevêques de Rouen jusqu'au mo« moment où M. de la Rochefoucauld a cessé d'habiter Gaillon et de jouir de ses revenus, attendu qu'il n'y a aucuns fonds attachés à ces deux établissements. » 16 janvier 1792. Archives de l'Eure.