Jules Quicherat Histoire de Sainte-Barbe
40 Liv. I. l'assemblée constituante.
passion du Comité d'instruction publique ou de la Convention.
Les frères des Écoles chrétiennes et les sœurs de divers ordres enseignants, même avant la loi qui les assujettissait au serment comme les ecclésiastiques, avaient été, en mainte commune, destitués de l'enseignement parce que les uns et les autres refusaient de mener les enfants à la messe et aux offices des prêtres constitutionnels. La loi du 17 avril autorisa et généralisa cette mesure. A Nancy, Coutances, Lunéville, Avranches, etc., les frères sont forcés de s'éloigner. Si l'on se souvient qu'en 1778, les frères des Écoles chrétiennes comptaient 760 membres, 114 maisons, 30.990 élèves, on devine de quel désordre leur retraite dut être l'occasion. La loi du 18 août 1792 acheva l'œuvre des précédentes. Les membres de l'Institut se dispersèrent ; les uns se réfugièrent dans les pays voisins, en Belgique, en Suisse, en Italie ; certaines villes, comme Chartres, Laon, Valence, etc. , les conservèrent quelque temps comme instituteurs communaux: ils suivirent le ^ort des maîtres d'école qui ne voulurent accepter ni les livres, ni les fêtes, ni le catéchisme de la République. Le supérieur général fut arrêté et détenu dans les prisons de Lyon pendant quinze mois ;
le 9 thermidor le délivra comme tant d'autres (1).
Combien de pensionnats, combien d'écoles de tilles étaient tenus en 1789 par des religieuses ! Le vénérable César de Bus avait introduit en France les Ursulines, originaires d'ItaUe; elles comptaient plus de 300 maisons ; les soeurs de la Providence, fondées à Rouen par le P. Barré, avaient 116 écoles avec 11.660 élèves ; les soeurs de la Charité tenaient 500 maisons ; les soeurs delà Chapelle auRiboul en avaient 89 dans les seuls départements de la Sarthe et de la Mayenne. On sait combien les couvents de la Visitation étaien t répandus et comme les nombreuses semences jetées par sainte Chantai ^ avaient prospéré et fructifié.
Tous ces ordres, toutes ces maisons, tous ces pensionnats, toutes ces écoles rencontrèrent la même pierre d'achoppement que les frères des Écoles chrétiennes. Que de villes d'où les adminisstrateurs écrivent : « Depuis la suppression des religieuses, il n'y a plus d'écoles de filles. » La difficulté de les remplacer rendait souvent les
1. C'est à Lyon que fut rétablie plus tard la première école de Frères : le directeur ne portait pas encore l'habit, mai» le curé le reconnut à ce signe que ses élèves savaient le mieux leur catéchisme. — Vie du frère Philippe, par Poujoulat.