Certes personne de nous ne proposera jamais de
le même qui, plus tard, avait nié l' inviolabilité du monarque et provoqué sa mise en jugement, se crut sans doute lié par son passé et il s'associa par une lettre au vote des régicides. Bouquier (de la Dordogne), futur président des Jacobins, disait : « Louis a commis un assassinat, il en a commis mille, je le condamne à mort. » Léonard Bourdon, ce maître de pension dont nous parlerons plus loin, s'exprimait ainsi : « Pour des raisons de sûreté générale et d'humanité, je vote pour la mort Bt l'exécution dans les vingt-quatre heures. » Quant à Lakanal, le président réélu chaque mois de ce Comité d'InstrucCion publique ; Lakanal, le protecteur des arts contre le vandalisme, le patron du Jardin des plantes : « Un vrai républicain parle peu. Les motifs de ma décision sont là {dirigeant sa 7nain vers son cœur) ; je vote pour la mort. »
Comme dans toutes les commissions, il y avait les hommes zélés et les tièdes. Sieyés n'était pas plus assidu au comité qu'ailleurs ; hautain, silen-
conserver en France la race funeste des rois ; nous savons trop bien que toutes les dynasties n*ont famais été que des races dévorantes qui ne vivaient que de chair humaine... Les rois sont dans l'ordre moral, ce que les monstres sont dans Tordre physique. Les cours sont l'atelier des crimes et la tanière des tyrans, etc. » Réimpression du Moniteur^ XIV, 8.
LE COMITÉ d'instruction PUBLIQUE. 61
deux, on ne parlant qu'en style d'oracle, il n'acceptait pas la discussion ou s'y dérobait. Au contraire, Grégoire, actif, laborieux, se multipliait, et, comme Lakanal, défendait les monuments des sciences et les savants eux-mêmes contre les entreprises de l'ignorance ou contre les violences du fanatisme politique. Louis David, le peintre officiel de la Convention, disposait l'ordonnance des fêtes nationales ; Marie-Joseph Clfénier en composait les hymnes, dont Méhul et Gossec faisaient la musique. Léonard Bourdon, fondateur et directeur de l'École des jeunes Français, exploitait à son profit ses relations avec le Comité et y conquérait des subventions. Si Plaichard-Chollière \Mayenne) dormait depuis le commencement , jusqu'à la fin des séances, le médecin Duhem (Nord) se chargeait de l'éveiller par ses éclats de voix; il ne ménageait pas même Jean-Jacques Rousseau, le dieu de l'endroit ; c'était, à l'entendre , un aristocrate et un fanatique qui , s'il eût vécu, eût été bon à guillotiner. Edme Petit (Aisne)se proclamait, au contraire, l'adorateur du philosophe genevois. Thibaudeau défendait les droits des pères contre le despotisme des imitateurs de le Pelletier Saint-Fargeau. Fourcroy ne vint que plus tard au Comité ; il y commença l'étude de ces nombreux projets de loi sur l'in-
struction publique que Napoléon devait repousser les uns après les autres, et qui ne procurèrent pas à leur auteur, quelque désir qu'il en eût, les fonctions de premier grand maître de l'Université impériale.