CHAPITRE VI
S avons vu combien les instituteurs étaient Une enquête sommaire qu'avait eu à faire lité d'instruction publique, sur l'ordre de la ntion, quelques jours -après thermidor, a- )nflrmé le comité dans cette triste conviction, s remonter aux véritables causes de cette ie, ou sans vouloir sç les avouer, les législase dirent que s'il n'y avait pas d'instituteurs, u'il n'y avait, pour les former, ni maîtres, ni spéciales ; qu'il fallait rassembler les maîtres ses, créer ces écoles, et faire enseigner non s scienees,mais l'art de les enseigner.
5t de cette pensée quQ r^ltqiut la loi sur les i normales (l).
ne faut pa^i^ copfoaclre avee les écoles normales jc l'École normale de Paria, dont il va être ques-
Celle (ieParis,premièrefondéô,devaitêtre l'exemple et comme la mère des autres. On exigeait des candidats qu'ils fussent âgés d'au moins vingt et un ans, et qu'ils unissent à des mœurs pures un patriotisme éprouvé. Ils étaient désignés par les administrateurs de district à raisond'un élève par 20.000 habitants, soit 1.400 pour 28 millions. Il leur étairt alloué un traitement de 1.200 francs, avec les frais de voyage en sus. La durée des cours était de quatre mois. Au bout de ce temps, les élèves devaient rentrer dans leurs districts respectifs et fonder dans les trois chefs-lieux de canton indiqués par l'administration du district une école normale locale dont les cours seraient aussi de quatre mois. Outre l'enseignement des connaissances usuelles (V après les livres adoptés par la Convention {cim'îI s'agît d'écoles primaires, d'écoles centrales, d'écoles normales, la Convention se réservait toujours, sauf à le négliger dans la pratique, de faire composer des livres officiels), les professeurs devaient donner aux élèves des leçons sur l'art d'enseigner
tion dansée chapitre, rÉcole normale supérieure, destinée, comme son nom l'indique, au recrutement du personnel de l'enseignement secondaire et supérieur, et dont quelques écrivains font souvent honneur à Lakanal et à la Conveniion. Cette école fut fondée par décret du 17 mars 1808, sur un plan tout différent «de celles de 1795; Lakanal y fut complètement étranger.
la morale et « former le cœur des jeunes républicains à la pratique des vertus publiques et privées. » En terminant un rapport emphatique et qui parlait de toute autre chose que du projet de loi, Lakanal déclara à la Convention que la résolution qu'elle allait prendre « allait être une époque DANS l'histoire DU MONDE. » La loi fut votéo en une séance (7 brumaire an III-28 octobre 1794).
Moins de trois moisaprês (1®' pluviôse an 111-20 janvier 1795), l'ouverture des cours eut lieu à l'amphithéâtre du Muséum d'histoire naturelle, sous la présidence de Lakanal et de Deleyre. 11 n'y eut pas de discours d'ouverture : c'était pour montrer qu'il s'agirait < de choses plus que de mots. » La séance commença par la lecture des décret» de la Convention ; élèves et spectateurs se tinrent debout et découverts, en signe de respect. Après cet hommage rendu à 'l'œuvre éphémère des hommes, Laplace s'avisa de plaisanter Leibnitz sur ce qu'il croyait en Dieu, < préjugé, dit-il, dont seraient affranchis les élèves de l'école. » L'abbé Haûy et Monge lui succédèrent immédiatement.
Il y avait ainsi chaque jour trois leçons de suite, de onze heures à une heure et quart, ce qui ne devait pas laisser d'être fatigant pour les auditeurs. Les leçops commencées au Muséum furent
1^4 L1V. tl. LA COWÔNTIOÏî.
C(*û*iTit[é«s isitt ôôïlègè'*! ÎH'eissts, ^Itué sur Vun des fiâiïcs en cottê^ LôtdWe^mtwi et quî, sôtts ïa Teïrew, a^ait *ë *cx)ftlreï*fi «i prfeoïï.
Bertholle*,ïj«gï«ttgé, S?o«g^', Ûàub^iïtoti, Lacél^âè, qiïeb maî'tres ptmr de p^tfrrës mstîttteuTs ! Converti de la teiîîe, ïa !ffai$e, tout eïi oomitteii- IStïit CScéron et DémosrtftSû^, Dte 'ôé refusaft pasîè plaisir de îanccr de vtefebfes diatribes contre lès terroristes déchus. L'abbé Sicard qui, comme Pa'bbé Hafty, avait en la dïmble fortune et d'éd^apper ssux massà^cres de i5^1;embre et de tra** VM^er la Révolutioû isans encombre, dramatisait tes leçons arec far* d^ ïnett^ttr en s^cène. Directeur de l'École des sOtrrds-mnets, il prodtiisaît un de ses élèves qui, devètiti ta^nteur et honore par la Convention d'une penision de 1.200 francs, s'écrîaft, dans le langage dm signes : « Enfin, je pourrai doncdomierdu pain â Htfa mère ! > Un autre, bien plus avancé, disait disÔndtement : « Bonjour , Sicard, comment te portes4u?> Et fabbé Sicard expliquait obligeamment à ses'aiiditetirspar quels moyens il avait obtenu ce que le JKfone'fet^r d'alors appelait un rmraéle (1.)
Chargé du cours de morale. Bernardin de Saint- Pierre avait demandé cînq mois pour le préparer.