‹ L'école sous la Révolution française: d'après des documents inéditsChapitre 61 sur 76 · POLITIQUE DU DIRECTOIRE · texte numérisé non relu

POLITIQUE DU DIRECTOIRE

de Pâques 1797, les communiants affluaient au pied des autels. Le Directoire avait beau dénoncer la faction des prêtres : on ne le croyait pas, et bien que favorable encore, le conseil des Cinq- Cents lui-même le convainquait de calomnie.

Lorsque le Directoire reconnut que, même composés aux deux tiers de 'conventionnels, les Conseils se lassaient de suivre sa politique et s'enhardissaient à la contrarier ; lorsque les élections de l'an V lui ôtèrent ses complaisants approbateurs et déplacèrent la majorité ; lorsque enfin la majorité nouvelle eut aboli la législation antérieure sur les cultes, de même que la précédente avait abrogé l'odieuse loi du 3 brumaire an IV contre les prêtres et les émigrés, le Directoire, acculé, se révolta contre l'opinion qui le pressait, contre la majorité qui osait l'abandonner, contre le décri universel dont il étai^ l'objet, et appelant % son secours les adresses et jusqu'aux soldats de l'armée d'Italie, il fit le coup d'État de fructidor. Il décima les Anciens, il décima les Cinq- Cents, il se décima lui-même : par cet acte de force, il saisit la dictature qu'il convoitait ou essayait depuis deux ans.

Alors plus que jamais il s'acharne contre les émigrés et les prêtres ; il rétracte les lois récentes qui les protégaient; il exige des prêtres

un nouveau serment, il se donne la faculté de les déporter, il s'arroge le droit de les fusiller. A Nancy, à Tours, à Besançon, à Marseille, à Lyon, à Colmar, à Metz, on les fusille comme émigrés rentrés. Quatre convois déportent à la Guyane 800 prêtres, qui y meurent presque tous des souffrances de la traversée ou des rigueurs du climat ; pour 1.200 autres il fallut se contenter des prisons de l'île de Ré et de l'île d'Oléron, car un vaisseau anglais, ayant capturé l'un de ces convois destinés à la Guyane, avait jeté les galériens sur les côtes de France, et transporté les prêtres avec honneur sur le sol anglais. Rome a été envahie par nos troupes : un exOratorien, Daunou; un ex-Lazariste, Bassal, gouvernent la république romaine, Pie VI est ramené prisonnier en France et y meurt dans l'exil. Alors sonna . l'heure de la justice : le Directoire passa sous le joug, etSieyès y entra pour frayer la routei^-iîonaparte et au 18 brumaire.

C'est dans cette seconde période, postérieure à fructidor, que se place l'ère des persécutions contre les écoles chrétiennes. Quand les prêtres étaient de nouveau soumis à la déportation; quand le pape était prisonnier, de pauvres religieuses défroquées, de vieux maîtres d'école pouvaient-ils échapper aux tracasseries administratives?

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