Jules Sauzay, Op. cit., t. VI
178 LIV. m. LE DIRECTOIRE.
Cependant les chrétiens fidèles et même, par habitude, les indifférents, quoique n'ayant plus ni prêtre ni messe, n'en distinguaient pas moins le dimanche des autres jours ; on cessait le travail, on se mettait en toilette ; à l'occasion, on dansait. Grand scandale ! Car, le décadi, les mêmes gens se gardaient de danser, travaillaient, tenaient boutique ouverte, ou, s'ils sortaient en ville, on les voyait en tenue de travail. C'était tromper la loi ; il y avait même risque que les habitudes anciennes ne persistassent et que le décadi ne parvînt pas à triompher du dimanche. On défendit donc de danser d'autres jours que le décadi ; on prit des mesures pour établir le travail forcé du dimanche ; dans certaines localités, on fit fermer les cafés et les auberges de dix heures du matin à midi, pendant le service décadaire.
Le Directoire trouva un enthousiaste admirateur de ces fêtes et un organisateur persévérant dans François (de Neufchâteau).
Député à l'Assemblée législative, il y avait signalé ses débuts par un cruel et perfide rapport contre les prêtres insermentés ; il avait eu ainsi la plus grande part au vote de cette loi du 17 novembre 1791, qui révolta Talleyrand lui-même, contre laquelle protesta l'administration de Paris, et que