FÊTES NATIONALES ET DÉCADAIRES
le roi, qui se montra pourtant si faible sur cet article, refusa de sanctionner.
Ce persécuteur des prêtres catholiques; ce dénonciateur de la « superstition et du fanatisme, » était devenu, en 1797, ministre de l'intérieur ; après le 18 fructidor, il fut nommé membre du Directoire en remplacement de Carnot ; quelques mois plas tard, il sortait du Directoire pour reprendre le ministère de Tintérieur. Il avait puisé dans le voisinage et la familiarité de la Revellière-Lépeaux une passion affectée ou sincère pour la théophilanthropie. Les fêtes nationales lui fournissaient des occasions de se mettre en scène et de prodiguer aux vainqueurs de fructidor cette souple et sonore rhétorique qu'il épanchera demain aux pieds du vainqueur de brumaire.
Chaque fête provoque une circulaire. Le ministre en expose le sens et le but, au point de vue républicain; il en dresse le programme, il indique les considérations que devront développer les orateurs. « Orateurs citoyens, s'écrie-t-il à propos de la fête des Époux, vous ne serez point dans le cas de ces rhéteurs du fanatisme qui, s'étant voués par état à un célibat corrupteur, n'étaient pas dignes de parler de l'amour conjugal ! » La iête de la Punition du dernier tyran n'inspire au sensible ministre que des idées de pardon et